Double Fine Productions a toujours su se démarquer de la concurrence avec des idées originales et uniques. Que l’on pense à Psychonauts ou même leur plus récent jeu Keeper, les développeurs sont reconnus pour offrir des expériences avec des directions artistiques que certains qualifient de spéciales. Kiln ne change pas la formule alors que cette fois-ci on se retrouve avec un jeu multijoueur autour de l’univers de la poterie. Est-ce que ce concept rafraîchissant réussit à convaincre ? La réponse dans ce test complet !
Fiche Technique
Date de sortie : 23 avril 2026
Style : Action
Classement ESRB/PEGI : E10+ / PEGI 7
Développeur : Double Fine Productions
Éditeur : Xbox Game Studios
Langue d’exploitation : Textes et sous-titres en français
Test effectué sur PC
Disponible sur PC, PS5 et Xbox Series X/S
Prix lors du test : 26,99$ CAN / 19,99 €
Site officiel
Version numérique envoyée par l’éditeur
Le concept unique de Kiln
Le plus grand mérite de Kiln réside sans contredit dans son concept de base. Concrètement, une partie de Kiln oppose deux équipes de quatre joueurs dans des matchs où l’objectif est de récupérer de l’eau sur la carte puis de la transporter jusqu’au four adverse afin d’en éteindre progressivement les flammes. Chaque four possède trois points de vie, et la première équipe à complètement neutraliser celui de ses adversaires l’emporte. La particularité de cette boucle repose sur le fait que la forme de la poterie créée avant le match influence directement le style de jeu. Ici, la poterie n’est pas qu’un simple thème esthétique. Elle influence directement la façon dont chaque joueur aborde une partie.

Le système de création des pièces de poterie avant les affrontements s’avère particulièrement ingénieux, surtout grâce au fait que Kiln nous permet de voir en temps réel le type d’objet que l’on est en train de façonner. Cette approche rend la mécanique immédiatement intuitive tout en laissant place à une certaine stratégie. Certaines créations permettent de transporter plus d’eau au détriment de la mobilité, tandis que d’autres favorisent la vitesse, le combat ou les pièges. Cette dynamique force les joueurs à constamment jongler entre offensive, défense et adaptation stratégique, tout en composant avec le chaos des affrontements physiques qui éclatent partout sur le terrain.

Une formule qui s’essouffle
Le problème, c’est que cette excellente idée de départ ne suffit malheureusement pas à porter l’ensemble de l’expérience sur la durée. Une fois l’effet de nouveauté dissipé, Kiln devient extrêmement répétitif beaucoup plus rapidement qu’il ne le devrait. La boucle de jouabilité reste fondamentalement la même d’une partie à l’autre, et le manque de variantes significatives dans les situations proposées fait en sorte qu’on a rapidement l’impression d’avoir vu tout ce que le jeu avait à offrir. Cette sensation est amplifiée par un contenu de lancement particulièrement mince. Le nombre de cartes, de modes et de variantes est trop limité pour maintenir l’intérêt sur plusieurs heures. Dans un titre strictement multijoueur dont la survie dépend entièrement de sa capacité à retenir ses joueurs, ce manque de variété devient rapidement problématique.

La progression dans Kiln
Comme plusieurs jeux du genre, Kiln tente de fidéliser ses joueurs grâce à un système de progression et de personnalisation. Sur papier, l’idée fonctionne alors que le titre offre plusieurs options cosmétiques intéressantes. Sans oublier que la possibilité de s’inspirer des créations d’autres joueurs pour personnaliser son personnage constitue une belle touche qui colle bien à l’esprit communautaire du titre. Cela dit, le problème vient surtout du fait que cette progression ne procure jamais ce sentiment de gratification constant qui pousse normalement à enchaîner les parties. En tant que joueur, nous ne sommes pas assez récompensés. La structure globale ne donne tout simplement pas suffisamment envie de poursuivre sur plusieurs heures.

Un jeu multijoueur qui manque déjà de joueurs
Le problème le plus préoccupant de Kiln demeure toutefois sa population de joueurs. Durant mon essai, soit à peine deux jours après le lancement officiel, il n’était pas rare d’attendre plus de quatre minutes avant de trouver une partie. Pour un jeu compétitif aux matchs relativement courts, ce genre de délai devient rapidement frustrant et brise complètement le rythme naturel de l’expérience. J’aurai apprécié un système permettant de garder le lobby intact pour enchaîner plus rapidement les matchs. De plus, les développeurs de Double Fine Productions n’ont intégré aucune intelligence artificielle pour combler nos parties. Ainsi, lorsqu’il manque des joueurs, la seule option est simplement d’attendre.

Évidemment, il est toujours délicat de juger la population d’un jeu dans ses premiers jours. Cependant, lorsqu’un titre éprouve déjà ce type de difficulté aussi rapidement après sa sortie, cela soulève inévitablement des inquiétudes quant à sa longévité. Peu importe la qualité du concept proposé par Kiln, un jeu multijoueur exclusivement en ligne qui peine à remplir ses serveurs devient extrêmement difficile à recommander.

L’expérience encore imparfaite de Kiln
Même lorsqu’une partie se lance, tout n’est pas encore parfaitement peaufiné du côté de l’équilibrage. Certaines formes de poterie semblent actuellement beaucoup plus avantageuses que d’autres, ce qui nuit quelque peu à la diversité stratégique que le jeu tente d’encourager. Certaines approches deviennent rapidement dominantes, réduisant l’intérêt d’expérimenter avec différentes tactiques ou créations. Ce problème n’est pas au point de ruiner complètement l’expérience, mais il contribue à renforcer mon impression que Kiln manque encore de finition.

Une direction artistique irréprochable
Heureusement, s’il y a un aspect où Kiln livre la marchandise sans réserve, c’est bien sur le plan artistique. Le jeu affiche une direction visuelle remarquable, débordante de personnalité et parfaitement en phase avec le ton absurde de sa prémisse. Les environnements sont colorés, les personnages expressifs, et les animations ajoutent énormément de charme à l’ensemble. Le thème de la poterie aurait facilement pu sembler étrange ou difficile à vendre visuellement, mais les développeurs réussissent admirablement bien à le rendre attrayant grâce à une identité artistique forte et cohérente. Cette qualité de présentation contribue énormément au charme initial du jeu et aide certainement à vendre le concept lors des premières parties.

Verdict de Kiln
Kiln est un jeu frustrant à évaluer, car il est impossible de ne pas voir tout le potentiel de sa proposition. Son concept est brillant, sa mécanique de création de poterie est ingénieuse et sa direction artistique est irréprochable. Les bases d’un excellent jeu multijoueur sont clairement présentes, et lorsque tout fonctionne comme prévu, l’expérience peut être franchement amusante. Cependant, dans son état actuel, le titre donne surtout l’impression d’être sorti beaucoup trop tôt. Son manque flagrant de contenu, sa répétitivité rapide, sa progression peu motivante, ses problèmes d’équilibrage et surtout une population de joueurs déjà inquiétante viennent considérablement limiter le plaisir qu’il est capable d’offrir. Malgré son prix plus qu’attractif, Kiln demeure surtout une excellente idée qui manque encore sérieusement de cuisson.

