Les Wachowskis sont essentiellement connus pour leur grand succès Matrix, considéré comme la grande saga cinématographique de science-fiction du XXIe siècle. En revanche, ils sont également réputés pour leurs récents échecs malgré de très gros budgets comme Cloud Atlas par exemple.

C’est encore avec un film à très gros budget qu’ils reviennent sur le devant de la scène avec Jupiter : Le Destin de l’Univers (Jupiter Ascending). Voici donc notre critique du film avant sa sortie dans toues les salles.

Une vanité absolue

Soyons clair dès maintenant, rien dans Jupiter : Le Destin de l’Univers ne fonctionne en dehors des effets spéciaux et de la scénographie.

Le film pourrait se résumer à son éventuel artbook, comprenant les images des vaisseaux, de la raffinerie de Jovian ainsi que les diverses créatures et costumes de ce monde complètement baroque. Les environnements sont très beaux, Jupiter n’a jamais été aussi belle et les amateurs d’espace apprécieront les détails scientifiques de sa constitution. On ressent les nombreuses influences des Wachowskis car ils ont voulu tellement en mettre. De Flash Gordon à Star Wars en passant par Dune, ils sont venus titiller notre coeur d’amoureux de science-fiction à quelques rares moments, notamment à travers la bande-son.

En revanche, à côté de cela, il ne reste plus grand-chose au film. Le script est inexistant et malheureusement bien trop prévisible. Pendant deux heures, on assiste péniblement à des scènes de dialogue très plates où Mila Kunis passe son temps à se demander pourquoi on l’a choisie pour ce rôle. Nous ne remettons pas en doute son talent d’interprétation comme dans Black Swan par exemple, mais elle n’est pas du tout mise en valeur dans ce film où son personnage passe l’intégralité du film à parcourir toute la galaxie et être entouré de gens qui lui répètent qui elle est, ce qu’elle représente et ce qu’ils veulent d’elle. L’autre acteur principal, Channing Tatum, n’est pas mieux loti. Il joue le rôle de Caine Wise, l’homme chien dénué de tout charisme qui est attiré par la reine, théoriquement inaccessible du fait de son statut d’hybride. Tout ceci n’est donc pas très original. Mais alors que leur attirance devrait susciter passion et chaleur, on ne ressent rien de cela tellement leur aventure est tracée d’avance. Et leur interaction se résume toujours à la même chose, Mila se fait capturer, Channing intervient, tape un certain nombre de soldats et la sauve d’une chute grâce à ses bottes de gravité.

Vous la sentez la passion ?
Vous la sentez la passion ?

Un scénario exaspérant  pour ce Jupiter : Le Destin de l’Univers (Jupiter Ascending)

Mila Kunis joue donc le rôle de Jupiter Jones, une femme de ménage issue de l’union d’un astronaute britannique (qu’elle ne connaitra jamais) avec une scientifique russe. Elle découvre rapidement qu’elle possède la même combinaison de gênes qu’une reine décédée d’une famille royale galactique, les Abrasax.

Ainsi, elle peut réclamer son héritage qui comprend la planète Terre, qui en réalité est une grosse ferme pour les peuples extraterrestres qui désintègrent les Terriens pour en faire du liquide génétique leur permettant d’allonger leur vie à plusieurs dizaines de milliers d’années. Il existe par ailleurs une fratrie directe de la défunte reine, qui se bat entre eux pour le monopole du marché de ce matériel génétique. Chacun aimerait que Jupiter la rejoigne pour bénéficier de ses droits pour la tuer par la suite. Channing Tatum rentre dans cette équation qui le dépasse aussi subtilement qu’une enclume dans l’eau

À côté des ratés de Channing Tatum et Mila Kunis, Eddie Redmayne s’en sort plutôt bien en jouant le mal incarné, le frère ainé de la fratrie Abrasax, Balem. Il a pour caractéristique de prononcer chaque phrase dans un murmure arrogant et diabolique avant de s’exclamer d’une voix stridente de temps à autre.

Un point fort du film : Eddie Redmayne qui incarne Balem
Un point fort du film : Eddie Redmayne qui incarne Balem

Tentative humoristique ratée

Les séquences spatiales contrastent fortement avec les scènes sur Terre au sein de la famille immigrée russe de Jupiter. On sent que les Wachowski ont voulu faire rire avec la situation assez pénible de Jupiter contrastant avec son rôle galactiquement important. La famille, bien que sympathique, ne nous a pas touchés et, lorsqu’elle va intervenir à la fin du film, son sort ne va pas nous bouleverser à un point où leur mort nous serait indifférente.

Un Univers qui dépasse le film

A de nombreux moments au cours du film, nous avons ressenti que l’Univers était présent et que les réalisateurs ont murement réfléchi à la politique de ce monde galactique, aux forces en présence. Cependant ils ont privé les spectateurs de tout cet arrière-plan qui aurait pu donner de la substance à ce space-opéra sans saveur (space operette comme diront certains).

Ainsi, une entité comme l’Egide, qui aide nos protagonistes, n’est jamais vraiment présentée aux spectateurs. Qui la dirige ? Quelles sont ses motivations ? Comment fonctionne-t-elle ? Et c’est le cas d’autres groupes ou individualités dont l’arrière-plan est sans doute présent, mais non explicité aux spectateurs.

Tout ça ferait un book artbook non ?
Tout ça ferait un bon artbook, non ?

Conclusion

Jupiter : Le Destin de l’Univers aurait pu être le film qui démarre une saga digne de Star Wars, Mass Effect ou Matrix, on aurait pu vouloir plonger dans une série de comics, de romans, de mangas si l’Univers justement n’était pas aussi plat et creux.

Le film est une belle coquille bien vide tant les acteurs ne sont pas à leur place et le scénario si répétitif et prévisible. Je n’espère qu’une chose, que ce film n’empêche pas les Wachowskis de faire un jour un film à la hauteur de leur chef d’oeuvre de 1999.

NOTES
Note
4
PARTAGER
Ingénieur Etudes & Développement sur Paris, la science a bercé ma jeunesse tout comme le sport, les jeux vidéo puis le cinéma, la technologie et tout dernièrement les séries TV. Enfant unique, je me laisse facilement emporter dans les mondes de SF, heroic-fantasy que peuvent fournir ces médias.