Street Fighter V

Attendu par certains comme le Messie, redouté par d’autres comme l’Armageddon, Street Fighter, LE jeu de combat par excellence fait son retour avec Street Fighter V, disponible à tous depuis le 16 février. Avec des nouveautés prometteuses, des manques inquiétants, après une Beta mitigée, le jeu démarre en fanfare et n’a pas fini de faire couler de l’encre…

Fiche Technique

  •   Date de sortie: 16 février 2016
  •   Genre: Combat
  •   Classement: ESRB T / PEGI 12
  •   Développeur: Capcom, Dimps
  •   Éditeur: Capcom
  •   Langue d’exploitation: Textes en français, voix en anglais et japonais
  •   Disponible sur PlayStation 4 et PC
  •   Évalué sur PlayStation 4
  •   Prix lors du test: 48,68 Euros sur PC, 55,99 Euros sur PlayStation 4 (Amazon)
  •   Site officiel
  •   Version envoyée par l’éditeur

Pour les quelques personnes qui ne connaîtraient pas encore la légendaire licence de jeux de combat qu’est Street Fighter, ce titre est un classique depuis 1987, l’épisode II a permis à toute une génération de s’user les doigts et de dépenser son argent de poche dans les bornes d’arcade. Succédant à Street Fighter IV qui depuis 2009 a séduit de nombreux joueurs et a rassemblé les plus grands noms du Versus Fighting sous les arènes prestigieuses de l’Evo ou encore du Capcom Pro Tour.

Laura Street Fighter V 7

Ooooh c’est beau !

Ce qui saute aux yeux lorsque l’on lance le jeu la première fois, c’est que c’est beau ! L’éditeur nippon a opéré un véritable lifting à la direction artistique et on opte ici pour un style très dessin, presque manga, surtout lors des séquences en images fixes du mode histoire. L’ergonomie des menus, le HUD lors des combats, tout y est et on est rapidement immergé dans l’univers de ce nouvel opus. Clairement, Yoshinori Ono a souhaité donner un nouveau souffle à la licence et tenter de conquérir un nouveau public, plus casual, ce que semblent confirmer les observations suivantes…

Une prise en main rapide !

Le menu du jeu se présente de façon intelligible et la liste des modes se présente comme telle :

  • Histoire
  • Versus
  • Survie
  • Défis
  • Entrainement
  • Options
  • CFN (Capcom Fighters Network)
  • Salon de Combat
  • Partie avec Classement
  • Combat amical

Attendez… Il est où le mode arcade ? Ils sont où mes huit matches jusqu’au dictateur ?! Donc première observation, il faudra se contenter du mode histoire pour jouer seul au jeu, ce que s’est empressé de faire votre humble serviteur. En mode Histoire, vous découvrez donc les 16 personnages de cet opus un par un, leur relation, leurs rivalités, les terribles drames qui feront d’eux ce qu’ils sont. Ceci s’opère sur fond d’image fixe et dialogues dans un style très bande dessinée. Les combats à proprement parler sont plutôt indigents : un round unique, trois combats par personnage, un niveau de difficulté très bas.

street fighter 5 zangief 4

Des personnages variés ?

L’arc narratif de cet épisode se situe entre Street Fighter III et Street Fighter IV et il est l’occasion de retrouver les personnages de Ryu, Ken, Cammy, Charlie Nash, Chun-Li, Dhalsim, Vega, Zangief, Birdie, R. Mika, Karin et l’inénarrable M. Bison.

Côté nouveauté, nous découvrons quatre nouveaux protagonistes : F.A.N.G., méchant sbire à la solde de Bison, maître du Kenpô et, particularité notable, tout premier personnage de la saga à avoir la possibilité d’appliquer un modificateur à son adversaire, en l’occurrence Empoisonnement. Le très sympathique Rashid est un personnage rappelant un style de combat entre Vega et Ryu, désigné ici comme du parkour. Ce personnage  n’existe que par le truchement d’un accord entre Capcom et Pluto-Games (distributeur émirati) afin de promouvoir le jeu dans le monde arabe. Laura est la sœur de Sean que nous avons rencontré dans Street Fighter III, son art est le jiu-jitsu brésilien et elle maîtrise l’électricité (et côté Brésil et électricité, il faudra s’en contenter puisque Blanka n’est pas prévu dans le roster final du jeu). Enfin le mystérieux guerrier aztèque surnommé Necalli complète cette équipe. Sa chevelure impressionnante de déploie lors de ses attaques spéciales et son historique nous indique qu’il est imbu d’un mission divine qui vise à terrasser tous les plus grands champions de la Terre.

Après une première prise en main, on s’aperçoit rapidement que les personnages à charge ont été gentiment raccompagnés à la sortie et que ceux restants ont vu leurs prises les plus connues modifiées, comme le célèbre Hyakuretsu Kyaku de Chun-Li qui est maintenant un quart avant + pied, ou encore le Psycho Crusher de M. Bison qui a tout simplement disparu, à moins de réaliser un V-Skill.

La liste complète des coups de chaque personnage de Street Fighter V peut être trouvée à ce lien.

Si la liste actuelle des personnage est un peu légère, on sait déjà que Balrog, Guile, Juri, Ibuki, Urien et Alex feront leur apparition dans les mois à venir. Ceux-ci pourront être débloqués de deux façons : soit par achat direct, au même titre que les costumes alternatifs et autant de contenus additionnels que l’on peut en imaginer, soit en dépensant des Zenny, monnaie du jeu gagnée en combat, en relevant des défis et en passant tout simplement du temps sur le jeu. Un personnage coûtera 600 Zenny, soit environ 6 euros. Les costumes premiums coûteront eux 400 Zenny, soit 4 euros

Sous le capot…

Parlons peu, parlons bien. Ce qui vous intéresse, je le sais, c’est la technique. De deux choses l’une, abordons premièrement ce qui a disparu. Le mode arcade donc qui, on l’espère, fera son retour bientôt, est le grand absent de cette sortie. Côté combat, les techniques de jeu ont évolué, plus de Focus ni d’Ultra, et les Super sont rebaptisés Critical Art. Plus de Just Frame non plus, les combos sont plus faciles à réaliser, néanmoins, ne cherchez pas les listes de combos en arpentant les menus, il n’y en a pas. Il vous faudra expérimenter vous-même ou aller fouiner sur internet dans les forums (déjà nombreux) du jeu. Les deux grandes nouveautés en combat sont les V-Skills et les V-Triggers (et les V-Reversals). Rappelant les mécaniques de Street Fighter Alpha, les V-Skills s’exécutent en appuyant sur les deux boutons d’attaque moyenne (comme précédemment le focus) et vont charger la barre de V-Trigger.

Street Fighter 5 - Vega 5

Chaque personnage a ses propres V-Skills et V-Triggers, ces derniers sont réalisés en pressant les deux attaques fortes simultanément. Certains personnages se voient dotés d’une augmentation temporaire des dégâts, d’autres d’une attaque particulière, ainsi Dhalsim enflammera le sol entre lui et son adversaire, obligeant celui-ci à exécuter des attaques aériennes. Le V-Reversal est plus complexe à réaliser, il faut aller vers l’avant, puis presser tous les poings ou pieds en bloquant. Cela aura pour effet de réaliser un contre et consumera une portion de la barre de V-Trigger. Les V-Skills et V-Triggers vont rafraîchir le style des combats et certainement permettre aux joueurs plus néophytes de réaliser des actions complexes et enchaîner des victoires.

Le mode de combat en ligne sera testé par mes soins, en live sur notre chaîne twitch dès ce vendredi 19 février de 19h Fr / 13h QC à 21hFR / 15hQC, et je vous invite à vous joindre à moi pour échanger sur ce nouvel opus ou m’affronter en direct. Ce qui va apporter de la nouveauté au combat en ligne c’est le CFN (Capcom Fighters Network) qui va vous permettre d’ajouter des rivaux en favoris pour les retrouver ou observer leur style de combat, voir leurs replays pour préparer de futures rencontres. Le CFN est à n’en pas douter un outil qui va beaucoup servir aux amateurs de E-Sport qui prépareront leurs championnats.

Si le matchmaking peut parfois prendre du temps, désormais il n’y a plus besoin d’attendre sur l’écran de chargement ! Vous pouvez désormais lancer une recherche de combattant et allez vous entraîner ou faire un mode survie ou histoire en attendant de trouver un adversaire. Même si cette fonctionnalité semble dissimuler une gestion réseau un peu bancale (ce que l’état des serveurs Capcom a confirmé lors du lancement du jeu) la fonction est fort bienvenue car elle permet d’optimiser son temps de jeu et de continuer à progresser.

Enfin bonne nouvelle pour les possesseurs de Fightpads et de Sticks Arcade PS3, vous pourrez continuer à utiliser votre matériel sur votre PS4, un geste qui peut paraître normal pour certains mais qu’on ne manquera pas de saluer en ces temps de course au nouvel équipement.

Street Fighter V - Choix Personnage - Capcom

Conclusion : Un jeu quasi Casu ?

Yoshinori Ono ne s’en est pas caché, l’objectif principal de Street Fighter V, c’est de séduire un nouveau public de néophytes, quitte à déplaire aux puristes de l’épisode IV. Mais c’est surtout d’amener ce jeu légendaire au rang de E-Sport reconnu. Le concepteur se projette déjà sur les 6 ou 7 prochaines années avec ce titre qui évoluera à n’en pas douter comme l’a fait son prédécesseur. (source : gamespot.com)

Après une première prise en main, on est pris entre surprise et déception, l’absence de mode arcade, le roster de personnages indigent, les problèmes techniques de Capcom… Mais en jouant vraiment au jeu, en se replongeant dans ce terrain connu avec ses nouveaux paramètres, ses nouvelles possibilités, ce serait se mentir que de se dire que l’on ne prend pas de plaisir. Du plaisir à exécuter ces nouveaux V-Skills et V-Triggers, à admirer la beauté des choix graphiques de cet épisodes, à aller se prendre une raclée ou terrasser un adversaire à l’autre bout du monde… à faire un bon vieux quart de cercle avant plus gros poing et entendre Ryu crier son célèbre “HADOKEN !”

NOTES
Note
8
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Cinéaste et infographiste de formation, adorateur de DC Comics, tolkiéniste compulsif. Geek multi facettes, musicien, compositeur, gamer, illustrateur et technophile. Bon public et éternel gamin