Entre deux gros jeux narratifs remplis d’action ou d’émotions, j’aime bien me tourner vers des expériences complètement différentes. Après tout, lorsqu’on joue beaucoup, il est important de pouvoir mettre quelques « Switch » à OFF dans sa tête et simplement décrocher pendant un moment. C’est exactement l’effet que m’a procuré Rhythm Heaven Groove lors de ma séance d’essai d’environ une heure. Ce nouvel opus marque le grand retour d’une franchise dont le dernier épisode remonte déjà à une dizaine d’années. D’ailleurs, il s’agit également de l’une des rares séries de Nintendo avec laquelle je n’avais aucune expérience auparavant. Cette première rencontre avec l’univers déjanté de Rhythm Heaven Groove n’en était donc que plus intrigante et m’a permis de découvrir la série avec un regard complètement neuf.
J’aime beaucoup les jeux de rythme. Entre Patapon, Persona Dancing, Theatrhythm et Hatsune Miku: Project Diva, on peut dire qu’il s’agit d’un genre que j’affectionne particulièrement. Ayant pratiqué un instrument pendant une quinzaine d’années, j’aime croire que j’ai le rythme dans le sang. C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que je me suis lancé dans Rhythm Heaven Groove suivant une invitation de Nintendo à New York. Bon, peut-être un peu moins que pour Star Fox, mais je suis tout de même ressorti de cette séance avec le sourire aux lèvres. Voici donc mes premières impressions.
Une première série de mini-jeux pour trouver le rythme
Le concept de Rhythm Heaven Groove nous rappelle rapidement que le but n’est pas de nous entraîner dans une grande aventure narrative, mais plutôt de nous divertir à travers une série de mini-jeux. J’ai d’ailleurs commencé avec celui présenté dans la toute première bande-annonce. Dans Hoop Trundling, on contrôle un petit personnage rond doté de deux jambes qui doit sauter à travers des anneaux en suivant le rythme de la musique. Comme l’angle de caméra n’est pas toujours idéal pour anticiper les obstacles, il devient rapidement plus efficace de se fier à ses oreilles qu’à ses yeux. Je me suis surpris à taper du pied presque instinctivement afin de mieux ressentir la cadence et réussir mes sauts au bon moment. J’avoue toutefois avoir eu tendance, à quelques reprises, à me fier davantage aux indices visuels qu’à la musique, ce qui a valu quelques chutes à mon personnage. Sans être mémorable au point de rester gravée dans ma mémoire pendant des jours, la trame sonore remplit parfaitement son rôle grâce à son rythme entraînant et à ses petites sonorités étranges qui contribuent au charme unique de l’expérience.
Après les sauts, j’ai enchaîné avec un mini-jeu mettant en scène de petites créatures ressemblant à des champignons dont le chapeau s’ouvrait et se refermait comme un parapluie. Le principe consistait à suivre la musique et à reproduire les mouvements des autres personnages au bon moment. Comme mon personnage occupait la quatrième position dans la séquence et que le rythme changeait constamment, l’exercice était un peu plus complexe qu’il n’y paraissait.
J’ai ensuite pris le contrôle d’un sympathique dinosaure orange chargé d’attraper des projectiles jaunes jaillissant de fleurs. Fidèle à la philosophie du jeu, le concept était simple à comprendre et relativement facile à maîtriser. C’est plutôt le mini-jeu suivant qui m’a donné le plus de fil à retordre. Aux côtés d’un chien, je devais attraper un frisbee en sautant au moment exact. Encore une fois, mon erreur était de trop me fier aux indices visuels plutôt qu’au tempo de la musique. Le jeu reposait sur un décompte de sept temps et, dès que je me suis concentré davantage sur le son que sur l’image, tout est devenu beaucoup plus naturel.
Cette section s’est conclue par un remix regroupant les quatre mini-jeux en une seule épreuve. C’est à ce moment que le niveau de difficulté a véritablement grimpé. Passer rapidement d’un mini-jeu à l’autre sans suivre un ordre prévisible demandait une concentration constante et mettait à l’épreuve tout ce que j’avais appris durant la démonstration.


Des défis plus exigeants qu’ils en ont l’air
Avant de plonger dans le multijoueur, j’ai essayé deux autres mini-jeux classés dans une catégorie de difficulté un peu plus élevée. Le premier, Slice N Dice Kitchen, est d’ailleurs mis en vedette dans l’une des plus récentes bandes-annonces du jeu. Le concept est simple sur papier : notre personnage cuisine et doit attraper les ingrédients qui lui sont lancés afin de les découper au bon moment.
J’ai toutefois eu énormément de difficulté à trouver le bon tempo au départ. J’avais beau fermer les yeux et tenter de me concentrer uniquement sur la musique, rien n’y faisait. Après plusieurs essais, beaucoup de persévérance, quelques conseils de l’équipe sur place et même une nouvelle synchronisation de ma manette, j’ai finalement réussi l’épreuve avec une certaine fierté. Le simple fait de taper du pied pour garder le rythme a d’ailleurs grandement contribué à mon succès. Au final, c’est probablement le mini-jeu qui m’a donné le plus de fil à retordre, mais aussi celui que j’ai le plus hâte de maîtriser davantage dans la version finale.
Enfin, le dernier mini-jeu auquel j’ai joué en solo était Hop Stop N Roll. Cette fois, on incarne l’un des chats en porcelaine d’un groupe qui s’amuse à sauter et à rouler au rythme de la musique. Sans être particulièrement difficile, ce mini-jeu m’a beaucoup fait sourire grâce à sa présentation aussi charmante qu’absurde. Entre les animations rigolotes et les effets sonores parfaitement synchronisés avec l’action, il illustre bien l’humour décalé qui semble définir l’identité de Rhythm Heaven Groove.

Un multijoueur aussi compétitif que coopératif
J’ai également eu l’occasion d’essayer deux mini-jeux multijoueurs particulièrement amusants. Le premier consistait à récupérer sa part de gâteau exactement au bon moment en se fiant à une horloge. À première vue, il semblait naturel de surveiller l’aiguille et d’attendre qu’elle atteigne l’heure indiquée. Pourtant, comme dans plusieurs autres épreuves de Rhythm Heaven Groove, il était beaucoup plus efficace de se fier à la cadence du tic-tac que de tenter d’anticiper visuellement le bon moment. Chaque manche donnait lieu à des résultats extrêmement serrés, alors que les écarts entre les participants se jouaient souvent à une fraction de seconde près.
Le second mini-jeu nous plaçait dans le rôle de ninjas chargés de protéger un empereur d’une pluie de flèches. Toujours en suivant le rythme de la musique, nous devions découper les projectiles avant qu’ils n’atteignent leur cible. Contrairement au jeu du gâteau, celui-ci misait davantage sur la coopération que sur la compétition. J’ai particulièrement apprécié de voir tout le monde travailler ensemble pour réussir le défi, chacun cherchant autant à protéger l’empereur qu’à aider les autres à maintenir la synchronisation. Cela créait une ambiance conviviale qui contrastait agréablement avec les affrontements amicaux du mini-jeu précédent.


Un mode Histoire qui ajoute une nouvelle dimension
La séance s’est conclue avec un aperçu du mode Histoire. On y incarne un personnage qui doit éliminer les monstres sur son passage en suivant le rythme de la musique. La mécanique de base est assez simple : notre protagoniste utilise la magie et l’on active ses attaques en appuyant au bon moment. Une petite sphère lumineuse se déplace le long d’un trajet en forme de diamant et il faut appuyer précisément lorsqu’elle atteint l’une des extrémités afin de charger ses attaques et infliger des dégâts. Je vous invite à regarder la vidéo plus haut pour mieux comprendre le concept.
Le concept s’assimile rapidement, mais le jeu ne tarde pas à complexifier les choses. En progressant, de nouveaux éléments viennent s’ajouter à la formule, notamment la possibilité d’effectuer un temps facultatif entre deux extrémités pour lancer un sort de soin. Cette mécanique devient rapidement essentielle puisqu’il est impossible de vaincre certains ennemis sans l’utiliser. Elle ajoute toutefois une couche de difficulté supplémentaire, car il faut désormais gérer plusieurs actions rythmiques simultanément tout en conservant une synchronisation impeccable. Après seulement quelques minutes, je sentais déjà ma maîtrise s’améliorer, mais je suis curieux de voir combien de temps il me faudra pour assimiler parfaitement toutes les subtilités du système et maîtriser pleinement sa cadence.

Rhythm Heaven Groove arrive le 2 juillet
Bref, les mini-jeux de Rhythm Heaven Groove reposent sur des mécaniques extrêmement simples puisqu’un seul bouton suffit généralement pour jouer. Toutefois, réussir chacune des actions avec une synchronisation parfaite est loin d’être aussi facile qu’il n’y paraît, et c’est précisément ce qui rend l’expérience aussi satisfaisante. Après cette première prise en main, Nintendo semble avoir trouvé une formule capable d’être à la fois accessible, amusante et étonnamment exigeante. Reste maintenant à voir si cette créativité et cette variété sauront se maintenir sur l’ensemble de l’aventure. Une chose est certaine : après cette heure passée en sa compagnie, j’ai déjà hâte de replonger dans Rhythm Heaven Groove lors de sa sortie sur Nintendo Switch le 2 juillet prochain.
