La compagnie XSeed Games, experte dans la localisation de jeu japonais pour le marché occidental, est très sélective quand vient le temps d’importer un titre en Amérique du Nord. On ne peut pas vraiment leur en vouloir comme il ne s’agit pas de titres grand public. Généralement, ils réussissent tout de même à nous offrir de petits bijoux tels que Story of Seasons, Corpse Party : Blood Drive et Brandish : The Dark Revenant parus plus tôt cette année. Pour conclure l’année, le studio nous arrive avec une création de la compagnie Nihon Falcom qui est le 11e de la série The Legend of Heroes, une populaire franchise existant depuis 1987 au Japon. Ainsi, un peu plus de deux ans après la sortie de la version originale, The Legend of Heroes : Trails of Cold Steel débarque en sol américain.

Fiche technique

  • Date de sortie : 22 décembre 2015
  • Style : RPG
  • Classement ESRB / PEGI : T / PEGI 12
  • Développeur : Nihon Falcom
  • Éditeur : XSeed Games
  • Langue d’exploitation : Anglais
  • Disponible sur PlayStation Vita et PlayStation 3
  • Évalué sur Playstation Vita
  • Prix lors du test : 39.99 € / 49.99 $

D’entrée de jeu, j’aimerais préciser qu’il s’agit de ma première aventure dans cette franchise, mais c’est une toute nouvelle aventure. Tous les personnages nous sont bien présentés et l’histoire n’est pas la suite d’une autre. C’est donc très facile de suivre le fil et, malgré un grand nombre de personnages, ils sont introduits à un rythme adéquat. Enfin, Trails of Cold Steel est le premier de trois chapitre dans cet univers.

Bienvenu dans Trails of Cold Steel

Dans Trails of Cold Steel, le joueur incarne Rean Schwarzer, fils d’un noble baron, qui décide de quitter le nid familial pour suivre le programme d’étude de l’académie militaire de Thor. Une fois sur place, il apprend que lui et huit autres étudiants font partie d’un nouveau groupe expérimental nommé Class VII. Sous la supervision de l’instructrice Sara, ils vont donc développer leurs talents de combat et leur savoir aux files des chapitres. C’est principalement grâce à plusieurs excursions de classe à travers le monde que l’équipe va en apprendre davantage sur eux-mêmes tout en réglant de nombreux conflits. Bref, préparez-vous à découvrir les mystères qui se cachent dans l’univers magique de l’empire Erebonien.

Un style à la Persona

Les amateurs de JRPG reconnaîtront sans doute le style du jeu qui s’apparente énormément à la populaire série Persona. C’est-à-dire qu’en plus de combattre de nombreux ennemis pour faire progresser nos personnages, il faut aussi gérer notre vie sociale d’étudiant. En effet, il est primordial de développer des liens entre nos personnages puisqu’ils en sortiront plus fort. D’ailleurs, chaque chapitre se déroule de la manière de la même façon. D’abord, on passe quelques jours sur le campus de l’école où on vient en aide à plusieurs étudiants et on développe aussi nos habiletés de combat dans un vieux bâtiment mystérieux. Puis, on passe à l’examen pratique qui nous permet de tester nos personnages avant notre prochaine excursion. Enfin, on conclut le mois avec une expédition à travers une des grandes régions du monde où l’action ne manque pas. Ainsi, il faut être assez patient, car le tout se déroule très lentement. Bref, vous trouverez probablement les 10-15 premières heures assez longues, mais vous serez éventuellement charmé par le scénario et les secrets qu’il renferme.

Il faut préciser que chaque personnage cache quelques choses et c’est toujours intéressant d’en apprendre un peu plus sur chacun. Chacun de nos neuf protagonistes a droit à son moment de gloire et comme on séparait régulièrement le groupe, le jeu nous forçait à tous les développer. Au départ, je voyais mal comment le studio allait exécuter le tout et je me suis vite fait une sélection de quatre combattants préférés. Par contre, comme le jeu m’a éventuellement obligé à prendre d’autres membres de groupe, j’ai pu profiter de cette grande diversité offerte par le jeu. Chacun a réussi à tirer son épingle afin de se rendre intéressant et pertinent à l’intrigue. On peut dire qu’il y a un travail de maître qui a été accompli autour de ça.

LoH ToCS party

Des combats divertissants

On ne peut pas dire que Trails of Cold Steel réinvente les RPG au niveau des combats. Ceux-ci se déroulent au tour par tour et ils nous obligent à être très stratégiques dans notre approche. Par contre, ce qui est particulièrement plaisant, c’est l’arsenal de mouvements d’attaques et de défenses qu’on peut exécuter. Tout d’abord, nos personnages ont des points de combos qu’ils peuvent utiliser pour faire de puissantes attaques nommées « Crafts ». D’ailleurs, en avançant dans l’aventure nos personnages apprennent aussi des attaques ultimes « S-Craft » qui font encore plus de dommages. Puis, grâce aux orbes magiques qu’on donne à nos personnages et nos points de EP (équivalent au mana), on peut faire différentes habiletés magiques appelées « Arts ». Enfin, il est aussi très important de jouer avec ses déplacements sur le terrain afin de se placer stratégiquement pour mieux parer les attaques ennemies. Bref, ces nombreux éléments forment un tout qui nous permet de ne pas trop nous ennuyer avec les combats.

Un excellent travail de localisation

De nombreux jeux japonais qui font le saut en occident sont moins bien accueillis lorsqu’ils sont mal adaptés pour notre marché. On n’a qu’à penser aux nombreux jeux très axés sur des attributs féminins d’une proportion démesurée et des personnages beaucoup trop pervers envers d’autres qui sont parfois même mineurs. Eh bien, malgré une ou deux courtes scènes quelque peu malsaines, on peut dire que le scénario de Trails of Cold Steel tourne autour d’aspects beaucoup moins simplistes. On touche des thèmes profonds comme l’adoption ou encore les différences engendrées par les classes sociales. En plus, les dialogues sont très bien passés dans la traduction et j’ai bien aimé les voix des personnages. Je trouve que le fait de donner des acteurs à nos héros a ajouté une plus-value non négligeable à mon expérience et à mon immersion.

Ensuite, malgré qu’on a vu mieux ailleurs, j’ai réussi à être impressionné non pas par la qualité graphique, mais bien par les nombreux décors et les environnements diversifiés que nous fait découvrir le jeu. Chaque région visitée était très différente de la précédente. Cependant, les grands amateurs de RPG seront peut-être déçus de se retrouver devant de nombreux longs corridors au lieu d’un grand monde ouvert. Pour ma part, ce n’est pas vraiment un élément qui m’a dérangé et cela permet au jeu d’être un peu plus accessible. De plus, lorsqu’on perd un combat le jeu nous permet même de réduire la difficulté et reprendre la bataille. C’est un élément que j’appréciais, car je voulais passer à la prochaine partie de l’excellent scénario à un rythme adéquat. Enfin, je regrette que l’édition de collection n’inclue pas la trame sonore puisque plusieurs, thèmes ont su me rentrer dans la tête. Ce qui est chose rare sur console portable (j’ai préféré y jouer sur Vita que sur PS3).

Beaucoup de plaisirs

Au moment d’écrire ces lignes, j’en étais à ma 37e heure dans l’aventure de Trails of Cold Steel et j’avais hâte de finir cette rédaction afin d’y retourner. En compagnie de Persona 4 Golden et Xenoblade Chronicles, il fait partie du top 3 de mes RPG préférés auxquels j’ai joué dans les derniers 3-4 ans. Je ne suis pas l’expert dans ce style de jeu, mais c’est facile de reconnaître l’excellent scénario qui nous est proposé et le style très accrocheur. Enfin, bien qu’il faille être patient pour voir toutes les pièces du casse-tête s’emboîter, je crois que c’est un mal nécessaire et qui permet une meilleure expérience globale. La bonne nouvelle, c’est que les chapitres 2 et 3 de l’aventure suivront et j’anticipe qu’il y aura beaucoup moins de longueurs puisque le scénario sera déjà pleinement lancé.

NOTES
Note d'enthousiasme
9
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Passionné de techno et surtout de jeux vidéo, j’ai un Baccalauréat en Administration des Affaires et j’adore mélanger les jeux vidéo à la finance. Curieux, je joue à presque tous les genres et je suis toujours prêt à essayer de nouvelles expériences vidéoludiques. Il y a toujours quelques nouveautés dans ma ludothèque prêtes à être jouées. Je suis le rédacteur en chef de Geeks & Com' et le responsable de la section Jeux vidéo.