Paru il y a un peu plus de deux décennies sur PlayStation 1, MediEvil est né d’une inspiration tirée d’un classique de Tim Burton : L’Étrange Noël de monsieur Jack. Cependant, le jeu s’est vite fait un nom pour lui-même le menant même à une excellente suite. C’est donc sans surprise qu’une réédition complète de ce hack and slash culte fut annoncé. Deux ans après son annonce, Sieur Daniel Fortesque fait donc un grand retour sous une nouvelle présentation. Alors, est-ce que MediEvil a encore sa place en 2019 ?

Fiche Technique

  • Date de sortie : 25 octobre 2019
  • Style : Action et Aventure / Hack & Slash
  • Classement ESRB/PEGI : T / PEGI 12
  • Développeur : Other Ocean Emeryville
  • Éditeur : Sony
  • Langue d’exploitation : offert en français
  • Exclusif à la PlayStation 4
  • Prix lors du test : 39,99 $ / 29,99 €
  • Site Officiel
  • Version numérique envoyée par l’éditeur

Une deuxième chance pour Sieur Dan

D’abord, cette réédition 2019 de MediEvil est essentiellement le premier épisode avec un visuel complètement refait. L’aventure nous plonge donc dans la peau (ou plutôt les os) de Sieur Daniel Fortesque. 100 ans avant les événements du jeu, l’infâme sorcier Zarok avait tenté de conquérir le royaume de Gallowmere avec son armée de démons. Heureusement, et selon la légende, notre héros s’était mis au travers de son chemin le terrassant pour de bon (!?).

De retour au présent, on apprend que les choses ne se sont pas passées exactement comme ça et Dan se voit offrir une deuxième chance. Le chevalier se réveille donc de sa crypte et part en mission pour vaincre Zarok à nouveau.

C’est donc le récit classique du chevalier déchu qui tente de reprendre sa place et faire partie de l’histoire. Il y aura bien des obstacles sur son chemin et l’horrible sorcier ne lui rendra pas la vie facile. Heureusement, avec l’aide des gargouilles, beaucoup de courage et un peu de magie, tout est possible.

Excentrique est le mot juste

MediEvil nous propose un scénario très bien écrit, principalement grâce à son humour excentrique qui cadre bien avec la présentation. Même s’il nous plonge dans un univers assez sombre, le look à la Tim Burton et le ton sarcastique tournent plus autour d’une comédie. C’est bien plaisant de voir un studio qui ne se prend pas trop au sérieux et qui offre des lignes de dialogues bien pensées. Difficile de ne pas avoir constamment un sourire en coin lorsqu’on y joue.

Pour ceux dont c’est la 2e visite, MediEvil a repris les voix originales pour la plupart des dialogues. Par contre, ceux de notre protagoniste ont été refaits avec l’acteur qui avait fait la voix à l’époque. C’est évident qu’avec la technologie d’aujourd’hui, on ressent un peu la différence. Bref, à ce niveau, le respect de l’œuvre est là.

Quelques ajustements

La version de 1998 de MediEvil avait quelques défauts techniques, dont la prise de vue qui n’était pas toujours optimale pour les déplacements. Le jeu était déjà assez avancé dans son développement avant l’achat du studio par Sony. De plus, les compagnies ne maîtrisaient pas encore bien le 3D. Le résultat final a donc parfois créé des irritants pour les joueurs.

MediEvil Boss
Un des boss de MediEvil

Pour ce remake, les développeurs ont réussi à apporter les corrections nécessaires sans donner une flexibilité totale. Si bien qu’ils se sont même permis de jouer avec la perspective du joueur pour cacher certains trésors. Reprendre un couloir en regardant dans une autre direction peut donc soudainement révéler quelques secrets. Malgré tout, ça reste assez limité et même que dans quelques niveaux, on est tenu a gardé la caméra dans un certain angle.

Heureusement, une nouveauté vient pallier en partie tout ça. MediEvil nous propose une toute nouvelle prise de vue à la troisième personne entièrement optionnelle. Ainsi, c’est une manière pas trop complexe de moderniser un peu le titre en lui donnant une perspective commune aujourd’hui. Les puristes ne seront pas trop déçus puisque l’ancienne perspective est quand même celle par défaut.

MediEvil 3e personne
La nouvelle perspective en 3e personne est bien intéressante

Un vrai remake visuel

Pour poursuivre avec le visuel, c’est là que le gros du travail a été fait. Ceux qui sont familiers avec l’original vont remarquer que la plupart des éléments n’ont pas changé de place. D’ailleurs, l’équipe artistique s’est basée sur le code source de la version originale de MediEvil pour bien modéliser le tout. Lorsqu’on compare les deux versions, on constate à quel point les jeux vidéo ont évolué en 20 ans.

Dans la première version, les décors, nos ennemis et même notre personnage principal sont très polygonaux. La distance de champ de vision est complètement absente et c’était souvent carrément difficile de dire contre quoi on se battait. Or, maintenant, on a vraiment l’impression d’être plongé dans l’univers. Il y a une plus belle variation de couleur, la résolution est enfin arrivée en 2019 et on voit bien le paysage au loin. Le jeu a quand même un bon retard visuel sur les autres titres d’aujourd’hui, mais c’est une belle progression.

Une jouabilité qui n’a pas bien vieillit

Puis, du côté de la jouabilité, c’était simple et facile à exécuter à l’époque. On pouvait comprendre le design un peu ridicule du maniement des armes en 1998 alors que le 3D faisait ses débuts. Cependant, on s’attend à mieux en 2019. Pour combattre, la jouabilité se limite pas mal à deux boutons qu’on appuie sans arrêt et sans vraiment réfléchir. Oui, on peut sortir son bouclier de temps en temps, mais ça se limite à peu près à ça.

MediEvil Zarok
Zarok est prêt

Or, j’apprécie la variété des armes qu’on doit souvent changer rapidement surtout dans des combats de Boss. Mais encore une fois, je crois que le titre aurait pu nous faciliter la vie et nous permettre de plus rapidement changer d’armes avec la croix directionnelle. À la place, on est limité à porter seulement deux armes à la fois et on doit sortir un petit menu pour les changer. J’ai trouvé cet aspect dérageant et ça coupe le rythme ce que tu ne veux pas faire dans un hack and slash.

Enfin, une partie que j’ai bien aimée par contre, c’était la recherche des calices. En effet, ceux-ci sont cachés dans chaque niveau et nous permettent de débloquer de nouvelles armes ou de les améliorer. C’est aussi ainsi qu’on se fait un nom dans le Hall des Héros et, en les trouvent tous, on obtient la vraie fin. Sinon, ce Remake de MediEvil propose aussi quelques quêtes secondaires qui ajoutent quelques heures de jouabilité. Mais ça débloque surtout un gros secret intéressant que les fans de longue date vont bien apprécier.

MediEvil Dan Hall des Héros
Dan dans le Hall des Héros

Pas convaincu

Pour conclure, bien que cette réédition ait fait quelques ajustements importants, je trouve qu’il est arrivé un peu à court. MediEvil était un jeu culte à une époque où certains titres manquaient de personnalité ce qui lui permettait donc de plus se démarquer. Aujourd’hui, il aurait fallu plus qu’un rehaussement graphique et une meilleure prise de vue pour moderniser le jeu. Avec une jouabilité plus actuelle, la série aurait bien pu trouver un nouveau public. Malheureusement, je pense que ça ne restera qu’un simple petit brin de nostalgie.

NOTES
Note d'enthousiasme
6
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Passionné de techno et surtout de jeux vidéo, j’ai un Baccalauréat en Administration des Affaires et j’adore mélanger les jeux vidéo à la finance. Curieux, je joue à presque tous les genres et je suis toujours prêt à essayer de nouvelles expériences vidéoludiques. Il y a toujours quelques nouveautés dans ma ludothèque prêtes à être jouées. Je suis le rédacteur en chef de Geeks & Com' et le responsable de la section Jeux vidéo.