Daredevil: Born Again Saison 2

Critique de Daredevil: Born Again Saison 2 sur Disney+

Les rivaux Matt Murdock et Wilson Fisk sont de retour au cœur de Daredevil: Born Again Saison 2 qui reprend peu de temps après les événements précédents. Le règne oppressant du Kingpin, désormais maire de New York, continue de s’imposer et fait monter les tensions d’un cran. Après un retour à l’avant-scène réussi l’an dernier, cette nouvelle salve d’épisodes arrive étonnamment rapidement. Une rareté à une époque où plusieurs séries nous font patienter pendant des années. Un choix qui permet à la série de conserver son élan tout en faisant grimper les attentes.

Fiche Technique de Daredevil: Born Again Saison 2

  • Date de début : 24 mars 2026
  • Plateforme : Disney+
  • Réalisé par : Dario Scardapane
  • Production : Kevin Feige, Louis D’Esposito, Brad Winderbaum, Sana Amanat, Chris Gary, Dario Scardapane, Chris Ord, Matt Corman, Justin Benson et Aaron Moorhead
  • Acteurs principaux : Charlie Cox, Vincent D’Onofrio, Margarita Levieva, Deborah Ann Woll, Nikki James, Genneya Walton, Arty Froushan, Michael Gandolfini, Ayelet Zurer, Matthew Lillard, Wilson Bethel et Krysten Ritter
  • Genre : Action, Policier et Thriller
  • Nombre d’épisodes : 8 épisodes

Un récit politique, sombre et profondément moral

Disney et Marvel semblent clairement croire au projet, alors que les rumeurs indiquent qu’une troisième saison serait déjà en tournage. Cela dit, il faut se rappeler que la première saison devait initialement s’étendre sur 18 épisodes avant que l’équipe ne décide de la scinder en deux. On a donc vraiment l’impression d’entrer directement dans la seconde moitié d’un même arc narratif. Un choix qui rend cette saison moins accessible pour les nouveaux venus.

Fidèle à son ADN, Daredevil: Born Again adopte un ton sombre et résolument politique. Les dérives du pouvoir occupent une place centrale, alors que Wilson Fisk impose sa vision de l’ordre à New York. Derrière ce discours sécuritaire émerge une forme de fascisme de plus en plus assumée. La peur devient un levier de contrôle. La population se divise. La frontière entre justice et autoritarisme se brouille dangereusement, sans jamais offrir de réponse simple.

Matt Murdock incarne cette tension morale avec justesse. Pris entre ses idéaux et la violence du monde qui l’entoure, il évolue sur une ligne de plus en plus fragile. Autour de lui, plusieurs personnages sont animés par une quête de vengeance qui les pousse à franchir leurs propres limites. Chaque geste les rapproche d’un point de non-retour. Une question s’impose alors. Peut-on encore défendre la justice lorsqu’on cède à ses instincts les plus sombres.

Le thème du pardon s’impose comme un fil conducteur marquant. Les personnages doivent composer avec leurs fautes, mais aussi avec celles des autres. L’idée même de pardonner devient inconfortable. Peut-on réellement absoudre l’impardonnable. Même un meurtre. Sans offrir de réponse tranchée, le récit entretient une tension constante et donne à cette saison une portée plus introspective. On apprécie aussi le retour à une structure de série judiciaire, où les scènes en cour et le travail d’avocat occupent une place importante. À l’image de She-Hulk: Attorney at Law, la série embrasse cet aspect, mais avec un ton beaucoup plus sérieux. Deux approches très différentes, qui correspondent parfaitement à l’identité de chacune.

Daredevil: Born Again Saison 2

Une rivalité au sommet

La dynamique entre Matt Murdock et Wilson Fisk demeure l’un des piliers les plus solides de Daredevil: Born Again. La tension entre les deux hommes est toujours aussi palpable, mais elle gagne ici en intensité. Chacun semble désormais pleinement investi dans son rôle. Matt embrasse davantage son identité de Daredevil et s’impose avec plus de conviction, autant dans ses actions que dans ses choix moraux. À l’inverse, Fisk ne cherche plus à dissimuler sa véritable nature. Son autorité est assumée. Son besoin de contrôle est évident. Cette opposition plus affirmée entre les deux personnages renforce chaque confrontation et donne à leurs échanges un poids encore plus marquant. Selon moi, il s’agit tout simplement de la meilleure rivalité du MCU à ce jour.

Cette intensité repose en grande partie sur les performances de Charlie Cox et Vincent D’Onofrio, toujours aussi habités par leurs rôles. Cox apporte une nuance supplémentaire à Matt Murdock, plus déterminé, mais aussi plus fragile face aux dilemmes qui le hantent. De son côté, D’Onofrio continue de livrer une interprétation imposante de Fisk, mêlant un calme inquiétant à une violence de moins en moins contrôlée. Leur jeu élève chaque scène partagée et rappelle à quel point leur rivalité reste au cœur de l’identité de la série.

Du côté des personnages secondaires, l’équilibre est globalement bien maîtrisé. Le rôle plus en retrait de Vanessa Fisk ne déçoit pas et permet de mieux recentrer l’intrigue sur les enjeux principaux. À l’inverse, le retour de Karen Page comme figure importante fait énormément de bien et devrait ravir les fans de la série originale.

Certaines dynamiques apportent aussi une fraîcheur bienvenue. Les interactions entre BB Urich et Daniel Blake se révèlent particulièrement savoureuses et ajoutent une perspective différente au récit. De son côté, Matthew Lillard, dans le rôle du mystérieux Charles, intrigue dès ses premières apparitions et devrait alimenter de nombreuses spéculations. Heather Glenn demeure quant à elle au cœur de l’histoire, mais s’enlise progressivement du mauvais côté du conflit, ce qui rend son évolution particulièrement intéressante.

Enfin, difficile de ne pas souligner le retour de Jessica Jones, une présence marquante qui vient renforcer les liens avec l’univers précédent. Une apparition qui ne passe pas inaperçue et qui laisse clairement entendre que Marvel a des plans pour elle.


Une mise en scène brutale et toujours aussi maîtrisée

Côté réalisation, Daredevil: Born Again continue de miser sur une approche ancrée et viscérale. Les scènes d’action sont percutantes, souvent violentes, et conservent ce sentiment d’impact physique qui avait fait la réputation de la série originale. Chaque coup porte. Chaque affrontement semble risqué. On est loin d’une action trop chorégraphiée ou aseptisée, et c’est clairement à l’avantage de la série.

La mise en scène prend aussi le temps de respirer. Certains affrontements s’étirent, laissant place à une tension presque insoutenable. Les plans sont plus posés et immersifs, ce qui permet de mieux ressentir la fatigue et la brutalité des combats. Sans nécessairement chercher à reproduire constamment les célèbres plans-séquences, la série démontre une réelle confiance dans son langage visuel.

Cette maîtrise se reflète aussi dans le rythme général de la saison. Malgré des épisodes d’une quarantaine de minutes ou plus, l’ensemble demeure constamment engageant. Là où certaines séries souffrent de longueurs, Daredevil: Born Again maintient une progression fluide et soutenue. On pourrait souhaiter passer davantage de temps avec certains personnages secondaires, mais ce choix sert une narration cohérente et bien structurée.

Cette approche se reflète également dans la direction artistique. La palette de couleurs est dominée par des tons sombres, presque étouffants. Le rouge ressort particulièrement, surtout dans les scènes de combat où le sang devient un élément visuel marquant. L’action se déroule majoritairement de nuit, renforçant cette impression d’un monde plongé dans l’ombre. Même les scènes en cour adoptent des teintes grises et froides, comme si aucune échappatoire lumineuse n’était possible. La ville de New York devient ainsi un environnement oppressant, parfaitement aligné avec les thèmes de la saison.

Daredevil: Born Again Saison 2

Verdict sur Daredevil: Born Again Saison 2

Avec cette deuxième saison, Daredevil: Born Again confirme son identité et s’impose comme l’une des propositions les plus matures de Marvel à ce jour. Plus sombre, plus politique et plus assumée, elle pousse ses personnages dans leurs retranchements tout en offrant une mise en scène cohérente et un rythme maîtrisé. Une suite directe qui ne cherche pas à séduire les nouveaux venus, mais qui récompense pleinement ceux qui étaient déjà investis.

Sans être parfaite, notamment en laissant parfois certains personnages en retrait, cette saison brille par la force de sa rivalité centrale et la richesse de ses thèmes. Elle démontre surtout que Marvel est encore capable de proposer des récits plus adultes sans compromettre l’essence de ses personnages. Une suite solide, qui donne envie de voir jusqu’où cette vision pourra aller.

Daredevil: Born Again Saison 2
Critique de Daredevil: Born Again Saison 2 sur Disney+
La réalisation
8.5
L'histoire
8.5
Le rythme
9
Le jeu des acteurs
9
Le plaisir durant le visionnement
9
8.8