Avoir des enfants m’a permis de retomber en amour avec plusieurs franchises qui ont marqué mon enfance. Ayant grandi dans les années 90, Toy Story, ou Histoire de jouets ici au Québec, occupe une place toute particulière dans mes souvenirs. Au cours de la dernière année, j’ai donc eu l’occasion de replonger dans la nostalgie des premiers films tout en découvrant les suites plus récentes, partageant cette fois l’aventure avec mes propres enfants. C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que j’attendais l’arrivée de Toy Story 5, curieux de voir si Pixar parviendrait une fois de plus à insuffler sa magie à une franchise que plusieurs considéraient déjà complète.
Fiche Technique de Toy Story 5
- Date de sortie : 19 juin 2026
- Réalisateurs : Andrew Stanton et Kenna Harris
- Productrice : Lindsey Collins, p.g.a.
- Acteurs principaux (voix VO) : Tom Hanks, Tim Allen, Joan Cusack, Conan O’Brien, Scarlett Spears, Greta Lee, Tony Hale, Ernie Hudson, Keanu Reeves, Annie Potts et Bad Bunny
- Studio de production : Pixar Animation Studios
- Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures
- Genre : Aventure / Animation / Comédie
- Durée : 1 h 42 min (102 minutes)
Une histoire ancrée dans notre réalité
Pour contourner le fait que l’arc narratif de Woody semblait pratiquement achevé, Andrew Stanton choisit de placer Jessie, brillamment doublée par Joan Cusack, au cœur de cette nouvelle aventure. Le film nous permet d’en apprendre davantage sur son passé tout en lui offrant une évolution naturelle et pertinente. Cette fois, l’histoire s’ancre dans une réalité bien actuelle en s’attaquant à l’omniprésence de la technologie dans le quotidien des jeunes. Lorsque Bonnie reçoit sa première tablette, un appareil nommé Lilypad interprété par Greta Lee, ses habitudes changent radicalement. Ce nouveau « jouet » influence non seulement ses loisirs, mais également ses interactions avec les autres. Sans tomber dans le discours moralisateur, Toy Story 5 invite les parents à réfléchir à la place qu’occupe la technologie dans la vie des enfants et à la façon dont celle-ci peut être utilisée de manière saine et équilibrée.
Les amateurs de Woody et de Buzz devraient toutefois ajuster leurs attentes. Toy Story 5 est avant tout l’histoire de Jessie et de Bonnie, deux personnages qui occupent la majeure partie du temps d’écran et qui portent les principaux enjeux du récit. Bien que Woody et Buzz demeurent présents tout au long du film et bénéficient de quelques moments mémorables, ils évoluent davantage dans un rôle de soutien qu’au premier plan. J’aurais personnellement aimé les voir davantage, particulièrement compte tenu de l’attachement que les spectateurs entretiennent envers eux depuis maintenant trois décennies.
J’avais tout de même quelques inquiétudes à l’idée qu’un Toy Story puisse fonctionner sans placer Woody au centre de l’histoire. Heureusement, Jessie relève le défi avec brio. Son passé, ses inquiétudes et son désir de protéger Bonnie lui permettent de s’imposer naturellement comme le cœur émotionnel du film, sans jamais donner l’impression qu’elle cherche à remplacer artificiellement le célèbre cowboy. Andrew Stanton lui offre suffisamment de profondeur pour qu’elle porte le récit avec assurance du début à la fin.

De l’humour pour petits et grands
L’une des intrigues secondaires les plus amusantes met en vedette un groupe de figurines Buzz Lightyear qui se retrouve abandonné sur une île et tente de retrouver son chemin. Le contraste entre la simplicité de leur situation et la façon dont celle-ci est constamment accompagnée d’une musique héroïque et grandiose donne lieu à plusieurs scènes hilarantes. Chaque étape de leur périple est traitée comme une véritable épopée, ce qui amplifie considérablement l’effet comique. À l’inverse, plusieurs personnages appréciés des précédents films, comme Rex, Forky et quelques autres membres de la bande, sont beaucoup plus effacés et servent principalement à soutenir l’histoire plutôt qu’à la faire avancer.
Toy Story 5 m’a fait vivre une foule d’émotions au cours de ses 102 minutes. Le film oscille habilement entre l’humour, l’aventure et les moments plus touchants, ce qui en fait une expérience qui m’a particulièrement marqué. Les blagues sont nombreuses et fonctionnent autant auprès des enfants que des adultes, mais ce sont surtout certains passages plus sensibles qui sont venus me chercher. J’avoue avoir versé quelques larmes en étant témoin de l’anxiété vécue par certains personnages. Ces moments m’ont ramené à mes propres souvenirs d’enfance, lorsque je devais changer de classe ou d’école et me faire de nouveaux amis. Pixar réussit une fois de plus à aborder des émotions universelles avec beaucoup de justesse et de sensibilité.
En parlant d’humour, le personnage qui m’a fait le plus rire est sans contredit Smarty Pants, interprété par Conan O’Brien. Ce jouet éducatif, conçu pour aider les enfants à gagner leur autonomie lors de l’apprentissage de la propreté, est à l’origine de plusieurs des meilleures blagues du film. Son nom se prête naturellement à une multitude de jeux de mots et de situations absurdes qui font mouche à répétition. Connaissant bien l’humour et la personnalité de Conan O’Brien, je trouve que le rôle lui convient parfaitement. Son énergie et son sens du timing comique transparaissent dans chacune de ses apparitions, au point où Smarty Pants risque fort de devenir l’un des nouveaux personnages préférés du public.

Une réalisation toujours exemplaire
Comme on peut s’y attendre de Pixar, la qualité de l’animation est tout simplement remarquable. Après près de 30 ans d’existence, la franchise continue de repousser les limites du studio avec des environnements riches en détails et des expressions faciales plus convaincantes que jamais. Plusieurs séquences profitent également d’une mise en scène inspirée qui donne vie à l’imagination débordante des enfants. Il serait facile de tenir ce niveau de qualité pour acquis, mais Toy Story 5 rappelle pourquoi Pixar demeure l’une des références de l’industrie en matière d’animation.
La bande sonore contribue également grandement à l’expérience. Les compositions de Randy Newman accompagnent aussi bien les moments humoristiques que les passages plus émouvants, tout en conservant l’identité musicale qui caractérise la franchise depuis ses débuts. Entre les thèmes familiers qui évoquent immédiatement la nostalgie et les nouvelles compositions créées pour ce chapitre, la musique soutient efficacement les émotions sans jamais voler la vedette.

Verdict sur Toy Story 5
Avant d’entrer dans la salle, je faisais partie de ceux qui se demandaient si Toy Story 5 avait réellement sa raison d’être. Après tout, Toy Story 3 et Toy Story 4 offraient déjà des conclusions satisfaisantes à plusieurs arcs narratifs importants. Pourtant, en ressortant du cinéma, j’ai eu l’impression que Pixar avait trouvé un angle suffisamment pertinent pour justifier cette nouvelle aventure. Grâce à son utilisation intelligente de Jessie, à sa réflexion sur la place grandissante de la technologie dans la vie des enfants et à sa capacité de toucher autant les parents que les plus jeunes, Toy Story 5 parvient à se tailler une place légitime au sein de cette franchise emblématique. Sans atteindre les sommets émotionnels de Toy Story 3, ce cinquième chapitre se révèle plus pertinent et audacieux que ce à quoi je m’attendais. Les enfants apprécieront l’aventure et l’humour, tandis que les parents risquent d’être particulièrement interpellés par le thème de la technologie.

