Test de Warhammer 40K: Darktide: Pour le Trône d’Or!

L’univers tellement-fasciste-que-s’en-est-absurde de la très populaire franchise Warhammer 40 000 (ou simplement 40K, pour les intimes) n’est pas étranger aux adaptations vidéoludiques avec ses 3 ou 4 sorties annuelles. La réalité, par contre, c’est que rarement ces jeux réussissent à marquer le public et tombent rapidement dans l’oubli. L’anticipé (et souvent reporté) Warhammer 40K : Darktide (qu’on abrégera à simplement Darktide pour le bien de la santé mentale de l’auteur) est le dernier effort de l’indépendant Fatshark, le studio suédois derrière les deux Vermintide.

Souvent vu comme étant ceux ayant le mieux repris la formule du légendaire Left 4 Dead, Fatshark tente de surpasser le succès de leurs précédents titres. Est-ce que l’emphase mise sur les mécaniques de tirs est suffisante pour attirer la bénédiction de l’Empereur ? Ou est-ce que Darktide n’est qu’une autre expérience à effacer des bases de données de l’Humanité ?

FICHE TECHNIQUE DE WARHAMMER 40K: DARKTIDE

  • Date de sortie : 30 Novembre 2022
  • Style : First-Person Shooter Coopératif
  • Classement ESRB / PEGI ESRB M / PEGI 16
  • Développeur : Fatshark
  • Éditeur : Fatshark
  • Langue d’exploitation : disponible en français
  • Disponible sur PC
  • Testé sur PC
  • Prix lors du test : 49,99 $ CA / 39,99 €
  • Site officiel
  • Version envoyée par l’éditeur

Le très, très glauque future de l’Humanité

Pour ceux qui ne sont pas familier, 40K est un univers de science-fiction hyperviolent, techno-gothique et de gros n’importe-quoi se prenant beaucoup trop au sérieux. Un festival de viscères, de fusils-gros-comme-un-canon (littéralement) et de monstruosités tous plus assoiffées de sang les unes que les autres. Tout le monde meurt, l’humanité est en déclin et il fait noir comme dans le cul d’un ours. Constamment. Bref, 40K, ce n’est pas pour tout le monde, mais il faut prendre la franchise pour ce qu’elle est. C’est-à-dire, un véritable délire digne d’une couverture d’album de heavy metal des années 80. Et Fatshark le saisi très bien.

Le joueur incarne un prisonnier catapulté contre son gré sur un vaisseau inquisitorial chargé de débarrasser Tertium, une ville-ruche (un genre de turbo-mégapole abritant des milliards de gens), d’une infestation d’hérétiques possédés par des forces démoniaques et chaotiques sous-jacentes à notre dimension. Tout ça au nom de l’Empereur, la figure divine « pas morte, mais pas forte » de l’Humanité. Ça va, vous suivez ? Je vous l’avais dit que c’est du gros n’importe quoi.

Crédit image: Fatshark

Trouvé sa place dans l’univers

Contrairement aux autres jeux de Fatshark, on a cette fois-ci l’occasion de créer son propre avatar. Après avoir sélectionné une classe se spécialisant dans une certaine méthode de combat, on a accès à une panoplie d’options de personnalisation plus ou moins libre. De son apparence à ses origines, en passant par des événements marquants de sa vie à sa voix. Les choix que l’ont fait influent sur les badinages que l’on entend lors des missions. Malgré la répétition de certaines lignes, les dialogues, à l’instar de Vermintide, apportent une touche d’humour et de personnalité dans tout ce boucan de cris de mort et de râlements. Et ce, peu importe la composition de l’équipe.

Et le Dieu-Empereur sait que le travail d’équipe est important. Plus que jamais, il est nécessaire de rester groupé. Chaque personnage possède une aura qui bénéficie le reste de l’équipe, à condition de ne pas trop s’éloigner. Les créatures élites n’hésiteront pas à mettre hors d’état un membre trop aventureux. Les objectifs sont quasiment impossibles à compléter sans la protection de nos alliés. Les hordes peuvent rapidement nous submerger. Bref ! Le jeu met la coopération au centre de la réussite de tous.

La bonne nouvelle, c’est que vous n’êtes pas obligé d’avoir une équipe diversifiée. Tout le monde peut jouer la classe qui lui tente sans que ça nuise au succès. Par contre, sans avoir la possibilité de commander les BOTs, leurs positionnements laissent souvent à désirer. Ils fonctionnent, mais sans plus. Les inconnus, eux, ne sont pas toujours aptes à communiquer (ou tout simplement utiles à la mission). Le chat audio intégré est, par défaut, extrêmement bas comparativement aux sons du jeu. On vous conseille donc de vous trouver un groupe d’amis pour vous aider et améliorer vos chances de survie.

Crédit image: Fatshark

« Laissez-les moi! Laissez-les moi! »

Le combat de Darktide alterne entre le corps-à-corps et les escarmouches de tir. Chaque personnage possède obligatoirement une arme de chaque type. Heureusement, la variété disponible permet de trouver un arsenal qui plaira à chacun. Ceux qui craignaient que Fatshark rate la cible avec l’introduction des mécaniques de tir pourront dormir tranquille. Tirer du fusil laser est aussi satisfaisant que trancher une horde d’hérétiques à l’épée-tronçonneuse.

Le gros problème de Darktide, par contre, est sa répétition. Malgré les sept différents types de mission, on n’a jamais l’impression de faire quelque chose de radicalement différent. Le nombre limité de niveau n’aide pas non plus. Jamais 40K n’aura été aussi beau dans sa laideur, mais le sentiment de découverte s’estompe rapidement. Vous ne trouverez pas d’étrange puzzle de platforming ou de chemins alternatifs significatifs dans les niveaux de Darktide. Malgré la maladresse de ces derniers dans Vermintide 2, on finit par les regretter.

Darktide est droit au but. On a un objectif, on s’y rend, on le défend pendant un moment et on recommence. L’intelligence artificielle en charge de mettre des ennemis sur notre chemin est souvent imprévisible. Parfois, un peu trop. Ce qui est agréable, c’est qu’on ne sait jamais quand les choses peuvent tourner au vinaigre. Ce qui peut être frustrant, c’est que le niveau de difficulté prend parfois une tournure soudaine vers l’extrême. Affronter une horde infinie bourrée d’élites aux abords d’un précipice à laquelle s’ajoute un Ogryn infecté qui jette la moitié de l’équipe hors de la map ne se termine jamais vraiment bien. Qu’on soit groupé ou non.

Crédit image: Fatshark

C’est bien beau tuer des hérétiques, mais…

Outre que les objectifs principaux, certaines missions offrent des défis et objectifs supplémentaires. Débusquer des grimoires et autres écrits religieux, affronter un boss impromptu ou encore compléter une mission dans le noir le plus complet apportent un peu de nouveauté, mais, encore une fois, l’effet s’estompe vite. L’intérêt tien plutôt dans la récompense obtenu lorsque qu’on termine la mission. Essentiellement, plus le risque est grand, plus c’est payant.

Au final, on fait tout cela dans le but d’obtenir de l’expérience qui débloquera de nouvelles habiletés, pour des cosmétiques et pour des ordos (l’argent de 40K) qui nous permettront d’acheter des meilleures armes. L’efficacité de nos personnages passe par ces dernières plus que par notre maîtrise des mécaniques de jeu. D’autres ressources nous permettent d’améliorer les armes que l’on possède déjà, mais le système est loin d’être implémenté. Deux semaines après la sortie, on attend toujours certaines fonctionnalités. C’est d’ailleurs là un autre des problèmes de Darktide. Plusieurs aspects du jeu sont ou semblent incomplets.

Crédit image: Fatshark

Verdict de Warhammer 40,000: Darktide

Somme toute, Darktide est un jeu extrêmement agréable à jouer avec un groupe d’amis. Les mécaniques de combats, la musique, l’esthétique et l’ambiance valent certainement le détour. En contre-parti, la progression est souvent pénible et insignifiante. Le récit principal est mince et sans conséquence, on répète les mêmes missions aux objectifs similaires, dans les mêmes niveaux.

Avec la promesse de Fatshark de continuer à sortir du contenu pour le jeu, on espère que le développeur adressera le problème de répétitivité et d’inconséquence de nos actions. Rien n’est plus satisfaisant que de se sortir, en groupe, d’une situation particulièrement houleuse par la peau des dents, mais, pour l’instant, Darktide laisse souvent le sentiment qu’il est incomplet ou que les forces hérétiques de la microtransaction ont, malheureusement, dirigé les décisions design.

Test de Warhammer 40K: Darktide: Pour le Trône d’Or!
Pour finir, Darktide est un jeu qui vaut le détour quand on a les amis pour jouer avec nous. Il y a quelque chose d'extrêmement satisfaisant à survivre contre des hordes infinis d'ennemis, mais l'expérience pourrait être optimisée tant dans sa performance que dans son gameplay.
Des hordes et des hordes d'ennemis
Une esthétique gothique, glauque et sublime
La musique de Jesper Kyd
Le plaisir entre amis
Les ridicules dialogues des personnages
Le contenu incomplet
Une AI parfois trop intransigeante
La répétition générale
Le scénario principal mal exploité
Des temps de chargements interminables
7.5
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Vincent Roy
Vieux punk opiniâtre et détenteur d'une maîtrise en études littéraires où il s'est penché sur la narratologie vidéoludique et le game design, Vince est passionné par la culture geek et le jeu sous toutes ses formes. Ses personnages de D&D ont tendance à s'attirer les malédictions, mais ça ne l'a pas empêché de se construire une table avec une télé au centre pour y jouer. Crédit Photo: Valérie Guerriat