Test de No Man’s Sky sur PlayStation 4 : vers les confins de l’univers

Espace, frontière de l’infini, vers laquelle voyage notre vaisseau spatial. Sa mission de cinq ans : explorer de nouveaux mondes étranges, découvrir de nouvelles vies, d’autres civilisations, et au mépris du danger avancer vers l’inconnu… Non, ce n’est pas Star Trek le sujet du jour, mais bien No Man’s Sky, le premier jeu d’envergure de Hello Games depuis Joe Danger. Après une conception chaotique suite aux inondations du studio, ou encore une communication assez anxiogène pour les développeurs, le titre sort enfin sur PlayStation 4 et PC. Beaucoup d’encres ont coulés depuis sa disponibilité, c’est à notre tour d’envisager d’atteindre les limites du cosmos que nous propose ce ciel procédural étoilé.

Fiche Technique de No Man’s Sky

  • Date de sortie : 10 août 2016 (PlayStation 4), 12 août 2016 (PC)
  • Style : Action/Aventure
  • Classement ESRB/PEGI : ESRB T / PEGI 7
  • Développeur : Hello Games
  • Éditeur : Sony Computer Entertainment
  • Langue d’exploitation : textes multilingues 
  • Disponible sur PC et PlayStation 4
  • Évalué sur PlayStation 4 et PC
  • Prix lors du test : 79,99 $ CA/59,99 € sur le PlayStation Store, sur Steam 
  • Site officiel
  • Version envoyée par l’éditeur!

Spaaaaaaaaaaaaaaaace !

Procédural, c’est le mot. L’une des promesses d’Hello Games était la très grande diversité des environnements visités, reposant sur un processus de création originale pour le joueur. Chaque planète est générée aléatoirement lors de votre première entrée dans son atmosphère. (2)^24 astres uniques pour être précis, à votre disposition : corps céleste enneigé où la flore est inexistante, système tropical et luxuriant, stratosphère radioactive, ou encore planète à 90 % constituée d’eau, voici quelques exemples (liste non exhaustive) de ce qui vous attend dans No Man’s Sky.

La direction artistique, tout droit inspirée de productions telles qu’Out There, Elite Dangerous ou Destiny (jusqu’à une repompe quasi totale de l’interface du jeu de Bungie), liées de près ou de loin à l’univers SF, y est pour beaucoup. Malgré tout, No Man’s Sky apporte sa propre pierre à l’édifice, en y imposant une ambiance assez caractéristique à chaque planète, utilisant des couleurs vives ou pâles en fonction de chaque environnement. La bande-son, aussi bien les bruitages que la musique, accompagne parfaitement l’aspect graphique du titre. Et cela marche à merveille sur le joueur : on pourrait se dire que quelques planètes suffiront à contenter notre soif de découverte. Pourtant il sera aisé de se perdre plusieurs minutes, voire des heures entières, à explorer chaque système de cette galaxie Euclide, tant la richesse et la beauté que l’on côtoie nous attirent irrémédiablement.

Dans une moindre mesure tout de même. La PlayStation 4 a vraiment du mal à digérer les exigences de No Man’s Sky : clipping à quelques mètres du personnage, des textures non optimales en fonction de celles en cours de chargement, un framerate pas toujours stable bloqué pourtant à 30 FPS, etc. Certains problèmes sont plus anecdotiques que d’autres, mais empêchent, quoi qu’il arrive, une véritable immersion pour le joueur. Le souci ne se limite pas uniquement à la version de Sony, puisque même certaines tares sont subites par le titre sur PC. Bien évidemment, la petite taille de l’équipe Hello Games en est non moins responsable : avec l’ambition initiale il était très compliqué pour une vingtaine de personnes de peaufiner No Man’s Sky aussi facilement et rapidement qu’un AAA.

Ce détail a autant eu un impact important sur les promesses effectuées par le studio et le contenu final que nous retrouvons sur le titre. La cohérence de l’écosystème ou le mode online sont des exemples parmi tant d’autres : après avoir indiqué la présence d’un multijoueur classique en juillet 2014, Sony revenait sur les propos de Sean Murray en précisant en 2016 la disponibilité de features en ligne, mais non celles envisagées par les fans du genre. Néanmoins, l’absence actuelle de cette fonctionnalité ne rend pas caduque son apparition dans une éventuelle mise à jour. Elite Dangerous lui-même est arrivé en Early Access sur PC et avec peu de contenu lors de sa sortie officielle sur ordinateur et Xbox One. Pourtant un véritable suivi est effectué par les développeurs, et nul doute que ce sera aussi le cas ici pour No Man’s Sky.

Mais revenons à notre univers : il vous sera difficile de passer plus d’une heure sur une même planète, cela étant dû au contenu propre qui vous est offert. Si chacune propose un nombre conséquent de points d’intérêts, l’ensemble est très répétitif (abris avec un comparse alien, zones d’échanges aéroportuaires, stations abandonnées ou surveillées, monolithes pour apprentissages des diverses langues du jeu, etc.), et chaque planète est structurée plus ou moins sur les mêmes bases. L’exploration de quelques surfaces vous suffira à vite faire le tour. Votre objectif concernant Atlas ou le centre de l’univers, seuls les plus courageux oseront s’attarder sur un nombre assez conséquent de minutes pour détecter tous les trésors que cache votre découverte, quand ce n’est pas uniquement pour se ravitailler en vue d’effectuer sa prochaine hyperpropulsion.

No Man's Sky Red Space

Voyage, Voyage…

Cette routine est due, en partie, aux différents scripts du jeu, liés de près ou de loin à la construction procédurale de No Man’s Sky, disposant les animaux et la flore concentrés sur chaque point d’intérêts. Ces derniers sont espacés à plusieurs minutes à pieds, et hormis certaines grottes foisonnantes, vous ne trouverez pas grand-chose pendant votre parcours. La faune qui vous entoure propose, de plus, un comportement très chaotique : s’il vous est possible de les approcher pour leur donner des denrées, leur utilité par la suite n’en est que très limitée. Il sera plus captivant de perdre votre temps à la recherche de vos besoins, qu’attendre qu’un animal apprivoisé de la sorte ne vous déterre un composant approprié. Ce sera, d’ailleurs, le seul intérêt à vous en occuper, avec celui de les analyser pour compléter votre carnet de voyage, et ainsi gagner plus d’unités en le partageant à la communauté.

Car la découverte est un point important dans No Man’s Sky. Chaque élément étudié ou trouvé peut être renommé à sa guise et proposé aux autres joueurs. Dans la théorie donc, toute personne qui rencontrera ce fameux contenu aura droit aux titres donnés par vos comparses. Dans la pratique, l’univers est tellement vaste qu’au bout de 45 heures, je n’ai toujours pas croisé une seule découverte d’un autre joueur. Il vous est tout de même possible, avec la technologie adéquate, d’aller explorer un système très éloigné, et déjà localisé, dans la galaxie Euclide. Mais si vous ne faites que suivre l’élément scénarisé du titre, vous risquez de passer à côté de nombre de choses.

L’aspect narration autour de votre avancé est réussi, proposant plusieurs palliés de progression, tout en vous laissant une certaine liberté de mouvement. Si certains raccourcis peuvent être envisagés par le joueur, ce dernier ne devrait ressentir aucune frustration s’il reste bloqué par un quelconque élément scripté, qui casse assez facilement d’ailleurs cette routine instaurée par le mode libre.

Puisque nous parlions de technologie, abordons l’autre force de No Man’s Sky : le craft. Un craft limité, lui aussi, dans la mesure où, actuellement, il vous est impossible de faire un quelconque housing avec votre contenu (à savoir créer des véhicules, habitations, écosystèmes). Toutes les ressources que vous récupérez ne serviront qu’à améliorer, réparer ou recharger votre Exocombinaison, votre Vaisseau ou votre Multi-Outil. N’espérez cependant pas vous en tirer aussi aisément : chaque composant a besoin de ses propres matériaux, parfois non élémentaires, et gérer l’espace nécessaire pour vos récoltes et vos upgrades est loin d’être facile. La découverte de nouvelle technologie, l’achat d’augmentation de slots pour votre combinaisaison, ou tout simplement le changement de vaisseau, ça ne court pas les rues, et demande la plupart du temps un sacrifice conséquent de votre part. Pour autant, on se retrouve très rapidement à jouer le jeu, malgré la relative complexité du système de craft, ainsi que la maniabilité assez faible et l’ergonomie plutôt limitée de l’interface.

No Man's Sky Blue Space

Conclusion

No Man’s Sky fait parti de ces titres qui ne s’apprivoisent pas après quelques sessions. Même au bout des 45 heures pour ce test, nous sommes toujours surpris par ce que nous réservent les 18 446 744 073 709 551 616 planètes du titre. Malheureusement, le jeu subit de plein fouet les limitations techniques de son support de développement, la PlayStation 4. D’autant que les membres du studio n’ont pu implémenter toutes les promesses effectuées depuis l’annonce du Space Opera de Hello Games lors de l’E3 2014. Cela étant, entre complexité et richesse, No Man’s Sky propose une expérience atypique, aux ambitions immenses, qui s’inspire aussi bien d’œuvres non liées à la SF que de titres vidéoludiques embrassant pleinement le sujet (Destiny, Out there et Elite Dangerous, entre autres). Le jeu n’a rien à envier sur le plan ludique, ni même visuel, à ses inspirations, et réussi à proposer sa propre voie vers les confins de l’espace.

No Man's Sky

Test de No Man’s Sky sur PlayStation 4 : vers les confins de l’univers
"Avec sa durée de vie estimée à plusieurs milliers d’années, le titre joue à fond l’ambiance, aussi bien côté musical que visuel : No Man’s Sky apporte un aspect très coloré, poétique, à ses décors planétaires, pendant que la bande-son nous intègre à fond dans le trip conquête galactique. Dommage que l’isolement imposé par le studio, pour plus de réalisme, concerne aussi le multijoueur, qui ne concerne que quelques features, peu utiles pour l’instant. Vivement que Hello Games propose de futures mises à jour pour compenser son retard sur l’actuel référent spatial vidéoludique, Elite Dangerous."
8.5
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