Assassins Creed Unity - Arno Dorian - Drapeau francais

Réglé comme une horloge, Ubisoft publie l’épisode annuel de sa série fétiche : Assassin’s Creed. Excepté que cette année ce n’est pas un, mais deux épisodes qui sont attendus. Vous avez déjà pu découvrir notre avis positif sur Assassin’s Creed Rogue, l’épisode dédié aux machines d’ancienne génération.

Néanmoins, celui cristallisant le plus d’attentes est sans aucun doute Assassin’s Creed Unity. Ce dernier prend place à Paris durant la Révolution française qui débutera en 1789. Nous y incarnons Arno, un jeune homme rejoignant les assassins en quête de vengeance. Il s’agit surtout du premier épisode entièrement nouvelle génération de la série. Dès l’E3 2014, l’éditeur/développeur affichait déjà ses ambitions: des graphismes somptueux, une foule immense, et des graphismes en 1080p et 60 images par secondes. Qu’en est-il aujourd’hui? Le jeu tient-il ses promesses?

Fiche technique

Un retour aux sources repensé pour Assassin’s Creed Unity

Les familiers de la série le savent, la série commençait sérieusement à tourner en rond. Elle s’était enfermée dans des mécaniques de jeu qui peinent à se renouveler, et qui n’étaient jamais entièrement satisfaisantes, sans pour autant être clairement mauvaise!

Cet épisode est l’occasion de dépoussiérer un peu l’ensemble, à commencer par le système d’infiltration. Il s’agit selon moi de l’aspect du jeu qui avait le plus besoin de changement. Dorénavant, d’une simple pression sur l’une des gâchettes, Arno passera en mode discrétion et se déplacera légèrement accroupi. Vous aurez la possibilité de vous plaquer aux éléments du décor, et de passer d’une couverture à l’autre, dans certaines limites malheureusement. L’ensemble fonctionne bien mieux, mais on reste bien loin des maîtres du genre tels que Metal Gear, ou encore Splinter Cell. Selon moi, l’infiltration n’est pas encore assez fluide pour donner un sentiment de satisfaction suffisant.

Assassin Creed Unity - Ubisoft 3

La course libre évolue également. Vous disposez de trois types de courses: la course standard, l’ascendante, et la descendante. La première vous servira globalement à vous déplacer en ligne droite en restant au même niveau de verticalité. Les deux autres vous serviront soit à grimper, soit à descendre. Cette séparation permet de mieux organiser ses déplacements dans les rues de Paris. Dans les faits, le système fonctionne plutôt bien malgré quelques imprécisions dues au fait que Arno peut grimper sur presque tous les éléments du décor. On se retrouvera donc parfois bloqué obligé de modifier son parcours d’une manière plus manuelle qu’automatique. Je ne peux pas m’empêcher d’être un peu déçu face à ces différents problèmes que je peux comprendre, mais qui agace toujours à certains moments du jeu.

Le système de combat quant à lui devient plus difficile, ce qui n’est pas un mal au regard de la facilité des précédents épisodes. Désormais, les ennemis n’hésitent pas à vous prendre à revers, à vous attaquer à plusieurs, il est donc maintenant plus difficile de se sortir des combats impliquant plus de trois ennemis. En revanche, cette difficulté peut être un peu trop facilement contournée via les différents objets à utiliser, tels que les bombes fumigènes. Le système souffre également de quelques problèmes techniques dont je reparlerai plus tard dans ce test. L’animation des combats a également été revue et est toujours aussi convaincante.

La progression de Arno se fait désormais à l’aide de point de compétences à distribuer dans différentes catégories: discrétion, combat, portée, etc. Cette modification oblige le joueur à réfléchir à l’orientation qu’il veut donner à son personnage. Cet aspect est renforcé par la gestion de l’équipement. La tenue de Arno est divisée en plusieurs parties, chaque partie dispose d’un bon nombre de pièces différentes à équiper. Chaque pièce d’équipement possède des caractéristiques différentes qui orienteront Arno vers un style plus offensif, discret, résistant, etc. L’ensemble fonctionne plutôt bien et donne un petit coup de neuf à la série. Concernant les armes il y a peu de changement. Vous aurez à votre disposition différents types d’armes, chacun ayant ses avantages et inconvénients.

Le titre renouvelle également ses missions annexes qui sont maintenant plus scénarisées et immersives. Le joueur va être amené à mener des enquêtes, ou à réaliser différentes missions pour d’autres personnages. Certaines quêtes se développent même à travers plusieurs missions. De ce côté on peut dire que le pari est réussi, l’impression de répétitivité s’en trouve plutôt bien amoindri. Les assassinats sont également plus proches de l’esprit du premier épisode. Votre cible se trouvera à un endroit particulier, et vous disposerez de plusieurs moyens de l’approcher. Il sera à la charge du joueur de choisir ce moyen et d’arriver à ses fins de la manière la plus efficace et discrète possible.

Comme dans chaque épisode, vous pourrez également trouver différents coffres, et petits objets à récupérer sur l’ensemble de la carte. Pour autant, un certain nombre d’entre eux impliquent que vous passiez par le site Assassin’s Creed Initiates ou l’application mobile. Une démarche que je trouve pour ma part assez malvenue, dans la mesure où lorsque j’achète un jeu, je m’attends à avoir son contenu entièrement disponible.

Le mode multijoueur classique des précédents Assassin’s Creed disparaît au profit d’un mode coopératif plutôt bienvenu et bien pensé puisqu’il dispose de ses propres missions uniques. En revanche, j’ai pour ma part souffert de gros soucis techniques lors de mes parties, notamment à cause du framerate du jeu.

Assassins Creed Unity - Ubisoft 7

Une révolution technique avortée

Je pense que bon nombre de joueurs ne remettront pas en cause cet aspect du jeu: Paris est absolument magnifique. La capitale française a profité d’un grand soin de réalisation de la part de Ubisoft et rarement un monde ouvert n’aura paru si réaliste et immersif. Les textures sont fines, l’architecture de Paris respectée. Assassin’s Creed Unity est rarement pris en défaut sur cet aspect. Les costumes des différents personnages sont toujours aussi bien réalisés, tout comme la modélisation des protagonistes. Je donne même une mention spéciale à la belle Élise et à sa crinière rousse. Les nombreux personnages non jouables peuplant la ville participent à apporter cet aspect vivant et immersif. Assassin’s Creed Unity nous permet d’expérimenter la Révolution française à travers le prisme du jeu, Ubisoft a plutôt bien réussi son pari.

Nous allons maintenant passer aux différents problèmes du jeu, et ils sont malheureusement nombreux, bien trop à vrai dire. Le principal problème de Assassin’s Creed Unity est que le jeu n’est pas terminé, et encore moins optimisé. Aucune des plateformes de jeu ne permet de profiter du jeu dans des conditions optimales. Le framerate (nombre d’images par seconde) est tout juste catastrophique. Lors de l’E3 2014, Ubisoft annonçait que leur objectif était de doter le jeu d’une résolution de 1080p et de 60 images par secondes. Quelques semaines avant la sortie, l’éditeur français déclarait que le jeu serait finalement en 900p, et 30 images par secondes (fps) sur les deux consoles. Soit, ce revirement est fâcheux, mais pas dramatique en soi. Là où le bât blesse, c’est quand au final le jeu est incapable d’afficher un framerate stable à 30 fps. Le jeu est beaucoup plus souvent sous la barre de ses fameuses 30 images censées être plus cinématographiques. Ubisoft devait savoir que leur jeu n’était pas prêt et que le framerate n’était pas à la hauteur. Ce problème est à mon goût absolument intolérable. Un jeu doit être optimisé pour chaque plateforme en tenant compte de leurs spécificités. Ce problème a des répercussions sur un grand nombre d’aspects du jeu, les rendant alors pénibles, voire injouables parfois. La course libre souffre de ralentissement, tout comme les combats qui perdent en fluidité. Personnellement, ce défaut a complètement gâché mon expérience de jeu qui aurait pu être mémorable.

Le jeu souffre également de nombreux bugs, certains pouvant gêner la progression du joueur, l’obligeant à relancer sa partie. En revanche cet aspect est bien plus aléatoire. Pour ma part je n’ai eu que peu de bugs. Certains de ses bugs ont déjà été résolus, et d’autres correctifs devraient être appliqués au jeu afin de les corriger. Je suis bien plus tolérant sur cet aspect car il est difficile de détecter tous les bugs dans un monde ouvert. Pour autant, certains auraient pu être évités, j’en suis convaincu, une nouvelle preuve du manque de finition d’un titre peut-être trop ambitieux.

Histoire décevante

La série Assassin’s Creed dispose de différentes histoires au sein même d’un épisode. Il faut tout d’abord distinguer l’Histoire, de l’histoire. Comme je l’ai dit auparavant, l’Histoire de Assassin’s Creed Unity est la Révolution française. Contrairement à ce que l’on aurait pu imaginer, Arno ne sera impliqué directement dans les faits historiques que très rarement, la plupart du temps il se contentera d’être un observateur. L’histoire de cet épisode, elle, se concentre sur la quête de vengeance du jeune Arno, sur fond de romance avec son amie d’enfance Élise. La relation des deux personnages est de type Roméo et Juliette puisque chacun d’entre eux appartient à un groupe différent, je n’en dirai pas plus même si la réponse a déjà été donnée dans les bandes-annonces du jeu.

Cette partie de l’histoire est un peu déconcertante puisque les assassins et les templiers semblent n’être qu’une toile de fond d’un récit personnel, peut-être le plus personnel de toute la série. La relation est intéressante, mais les autres personnages du jeu sont loin d’être suffisamment développés pour qu’on y porte un réel intérêt. Enfin, la métahistoire, celle se déroulant dans le présent, n’évolue pas, ou presque. Autant le dire, cette partie du jeu a été complètement mise de côté, et n’a aucun intérêt. L’alchimie des premiers épisodes semble un lointain souvenir.

J’ai également un problème avec la narration de cet épisode. Comme dans tous les Assassin’s Creed, on ne rejoue que certaines séquences de la vie de Arno. Parfois le passage d’une séquence à l’autre est tellement abrupt qu’une intensité dramatique peut retomber brusquement sans qu’on ait l’occasion de voir les retombés qu’une situation implique sur les différents protagonistes. C’est d’autant plus frustrant quand le jeu nous pousse hors de la Révolution française, et nous plante dans une autre séquence qui n’a rien à voir avec l’histoire. Ces quelques séquences n’ont pour moi aucun intérêt dans le récit et auraient gagné à être bien séparées de la trame principale.

Conclusion

Au final, Assassin’s Creed Unity est une grande déception pour moi. La note pourra vous paraître sévère, mais elle reflète bien le peu d’enthousiasme que j’ai éprouvé en jouant à ce jeu. Les bonnes évolutions de gameplay sont en partie gâchées par un framerate honteux que je ne pensais pas retrouver sur un AAA nouvelle génération. La technique n’est pas une finalité en soi, certes, mais elle est un élément primordial de l’expérience du joueur et de son immersion dans le jeu. Ubisoft devrait selon moi revoir ces priorités et donner plus de temps à ses équipes pour réaliser des jeux finis et optimisés sur chaque plateforme. Le scénario n’est même pas là pour sauver le jeu d’un échec avéré, du point de vue de ses ambitions. Assassin’s Creed Unity n’est néanmoins pas un mauvais jeu, simplement la déception que j’ai éprouvée était trop forte pour passer outre des défauts de développement flagrants. Pour ma part, le divorce est prononcé, la série ne me fait plus rêver, et il s’agit sûrement du dernier épisode que j’achèterai le jour de la sortie.

Prix lors du test : 54 Euros sur PlayStation 4 – 54 Euros sur Xbox One (Amazon France) / 65$ CA sur PlayStation 4 – 59$ CA sur Xbox One  (Amazon Canada)

NOTES
Note
6.5
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De nature passionné et rêveur, je suis avant tout un fervent joueur, amateur des cultures de l'imaginaire, et fan de Metal Gear Solid, Kojima-San, Mass Effect et Deus Ex. Le Jeu Vidéo me passionne aussi bien en tant qu'art, qu'en tant qu'industrie. J'aime également la science-fiction, la fantasy, le cinéma, les séries TV, la culture japonaise et bien d'autres choses.