Devolver Digital est un dénicheur de talent indépendant, et nous le prouve encore une fois lors d’un événement sur Paris, moment où nous avons pu mettre la main sur Enter the Gungeon. Croisement particulier entre les genres Shoot’Em Up et Dungeon Crawler, le jeu propose néanmoins quelques subtilités intéressantes, loin du simple copié-collé des inspirations principales. Voici nos impressions sur l’un des titres indépendants ambitieux de ce courant 2016.

C’est du propre

Entrons dans le vif du sujet, Mallory et moi-même avons pu mettre la main sur une version presque définitive du jeu. Selon les dires des développeurs, présents sur place et prêts à nous expliquer les moindres détails de leurs titres lors de notre expérience ludique, seulement quelques améliorations mineures et plusieurs bugs à éradiquer sont en vue jusque là disponibilité d’Enter the Gungeon au grand public sur PC et PlayStation 4.

Et avouons qu’il s’en sort plutôt proprement : pas de freeze, pas de ralentissement ou autre problématiques du genre. La version PC sur laquelle nous nous sommes essayés tournait à plein régime. Pour un jeu en vue du dessus, sous fond de pixel art, à un mois de la sortie, cela aurait été inquiétant de retrouver l’inverse lors de cette preview. Aucun bug n’est venu ternir notre expérience non plus. Sur le plan technique, donc, le titre semble solide, peaufiné et terminé.

Quand DoDonPachi rencontre Binding of Isaac

Dans Enter the Gungeon, le joueur explore une succession de salles, et la seule façon de pouvoir progresser est de vider les lieux des ennemis présents. La découverte et la défaite du boss de la zone permettent d’ouvrir un niveau supplémentaire avec son enchaînement propre, etc. Là où le titre d’Edmund McMillen proposait un véritable hommage à la saga The Legend of Zelda, Enter the Gungeon s’affranchit complètement du scrolling « une salle par écran » pour une enchaînement plus dynamique.

Cela impact malheureusement la lisibilité du jeu, surtout en mode coopération où la caméra peine à suivre si deux avatars sont aux extrémités, et notre personnage sera très vite soumis à une mort douloureuse, causée par l’arrivée massive de boulettes suicides, venant s’écraser sur sa pauvre carcasse fumante.

Eh oui, j’ai bien dit boulettes suicides puisque tel un shmup, vos ennemis s’attaquent à vous avec des tirs, dans tous les sens. L’esquive est totalement implémentée dans le gameplay d’Enter the Gungeon, et pour peu que vous soyez fan de ce type de jeu, vos réflexes seront nécessaire. Le mélange des genres fonctionne bien et notre perception toujours en alerte. Un véritable plus à la nervosité du titre !

Enter The Gungeon - CoOp 2

Pixel Mania

Parlons maintenant de la direction artistique. L’allure totalement rétro marque très bien l’esprit, ainsi que le character design centré sur l’armement. Certes l’ensemble est plutôt insolite, voire complètement fou, mais apporte une dose d’humour agréablement enfantin par son visuel presque innocent pour les ennemis de base. À cela on ajoute la lourdeur et la maturité de certains dialogues, et le décalage fonctionne à merveille.

Néanmoins, l’effet pixel est devenu une tendance recyclée à toutes les sauces, et la lassitude chez le public se ressent déjà sur d’autres titres. Espérons que la direction artistique définie par l’équipe de Dodge Roll ne desserve pas Enter the Gungeon au final, fort prometteur.

Enter the Gungeon - Screen 7

À contre-courant

Mais ce qui déconcertera la plupart des joueurs sur manette, c’est la maniabilité. Pourtant le meilleur compromit lorsque nous quittons la combinaison souris/clavier, l’utilisation du double stick pour les mouvements et la visée risque de rebuter une partie d’entre vous. Un parti pris qui aura réussi à élever Hotline Miami sur console comme un très bon portage. Espérons que Dodge Roll aboutira à rendre le tout le plus intuitif possible, ne serait-ce qu’avec le tutoriel que nous n’avons pas pu essayer par manque de temps. Tant de choses seraient à dire ici, mais le but n’est pas de faire le test du jeu après une heure d’impressions à peine. Et si je me suis concentré exclusivement sur les principaux défauts rencontrés au cours de de cette preview, sachez que beaucoup d’aspects très intéressants entourent le titre.

Prenons déjà comme exemple l’accès au guide à tout moment, très complet, et regroupant l’ensemble du bestiaire et des babioles découvertes lors de votre progression. Les personnages peuvent aussi porter beaucoup d’objets, aux effets actifs ou passifs, mais vous devrez changer vos différentes possessions pour avancer sereinement. Quand elles ne sont pas limitées dans le temps ou à un nombre de munitions borné comme les armes que vous récolterez sur le chemin.

Enter the Gungeon apporte enfin un aspect un peu plus poussé de l’exploration et de la gestion que Binding of Isaac, en proposant notamment une monnaie cumulable et utilisable en dehors des donjons. Si l’idée est prometteuse, nous n’avons pas encore passé assez de temps dessus pour avoir un avis définitif.

Enter The Gungeon - CoOp 1

Conclusion

En l’état, Enter the Gungeon apporte une plus-value non négligeable à l’expérience du Dungeon Crawler. Mais ce genre appartenant au Die and Retry, c’est sur la durée que nous pourrons déterminer si les idées propres au titre sont pertinentes ou non. En tout cas, le jeu propose quelques subtilités fort appréciables, et si Dodge Roll les pousse à leur maximum, alors le gosse peureux d’Edmund McMillen n’a qu’à bien se tenir. Réponse le 5 avril prochain.

NOTES
Bonne
75 %
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Rédacteur en Chef de la section Jeu Vidéo, administrateur d'une association sur la thématique du Jeu, et grand aficionado du domaine numérique. Passionné de Cinéma, de musique, de dessin, de jeu, de littérature, de NBA, et de la vie en général.

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