Lors de sa sortie en 2014, The Evil Within avait été généralement bien accueilli par les critiques grâce à son style qui reprenait le genre horreur et survie des meilleurs Resident Evil. Néanmoins, c’était évident que l’équipe de Tango Gameworks pouvait faire mieux puisque certains éléments de gameplay comme le contrôle des armes devaient être revus et la violence était à un point tellement exagéré qu’elle n’avait presque plus d’effet. L’histoire était tout de même intrigante et les éléments de survie rendaient le jeu plus intéressant. Trois ans plus tard, Bethesda revient à la charge avec The Evil Within 2 et on ne pouvait qu’espérer que la série passe à un autre niveau.

Fiche technique

  • Date de sortie : 13 octobre 2017
  • Style : Horreur et Survie
  • Classement ESRB / PEGI ESRB M 17+ / PEGI 18
  • Développeur : Tango Gameworks
  • Éditeur : Bethesda Softworks
  • Langue d’exploitation : disponible en français
  • Disponible sur Xbox One, PS4 et PC
  • Testé sur Xbox One
  • Prix lors du test : 79,99 CAD / 59,99 €
  • Version envoyée par l’éditeur
  • Site officiel

À la recherche de Lily

Les événements de The Evil Within 2 reprennent justement trois ans après la fin du dernier opus alors que notre protagoniste Sebastian Castellanos est toujours hanté par ce qui s’est produit à Beacon Mental Hospital. La disparition de sa femme Myra et la mort de sa fille Lily ont laissé des traces plongeant même notre héros dans l’alcool. Ce n’est donc pas surprenant qu’il accepte la proposition de l’agent de l’organisation Mobius, Juli Kidman, lorsqu’elle lui révèle que sa fille est toujours en vie.

Les agents de Mobius l’amènent à un nouvel établissement où il rencontre un des chefs du groupe qui lui explique que Lily est au cœur d’un nouveau système STEM, un monde artificiel à la Matrix, utilisé pour simuler une petite ville idyllique du nom d’Union. Malheureusement, Mobius a perdu toute communication avec Lily et l’équipe de l’organisation qui était sur place. Ils n’ont plus aucun contrôle sur le STEM. Ce n’est donc avec plus grand-chose à perdre que Sebastian décide d’accepter leur proposition de se lancer dans ce monde artificiel.

D’un style linéaire à un monde ouvert

Je ne crois pas qu’un jeu vidéo d’horreur et de survie a déjà tenté l’expérience d’un monde ouvert, mais s’il y a bien un éditeur qui pouvait le faire, c’est le grand maître de ce genre : Bethesda. Initialement, j’avais beaucoup de difficulté à décider si j’aimais ça ou non, mais la vérité c’est qu’à la fin de chaque journée au boulot, je ne pensais qu’à une chose et c’est de replonger dans cette mystérieuse ville.

Après une légère introduction, on découvre un premier endroit sûr où on rencontre le premier NPC qui sera notre allié dans ce sombre monde. Cet endroit devient rapidement un point de repère important pour améliorer votre personnage, pour ses armes et pour fabriquer de l’équipement pour aider à notre survie. C’est aussi et surtout l’endroit parfait pour reprendre nos vies puisqu’une seule tasse de café va remplir notre jauge d’énergie. J’y suis donc retourné à maintes reprises pour m’aider dans ma quête. Cela fait partie des nombreux points de repère qui nous permettent de facilement nous retrouver dans The Evil Within 2.

Sebastian est aussi équipé d’une sorte de radio qui nous permet de nous diriger vers différents points d’intérêts. Évidemment, c’est facile de se diriger vers notre mission principale en suivant l’indicatif, mais j’ai plutôt choisi de prendre la direction de chaque quête secondaire qui était dans les parages. Ainsi, j’ai eu un shotgun, mon crossbow et plusieurs autres éléments améliorant ma survie avant même de me rendre à mon premier vrai objectif.

Ce fut donc très impressionnant de constater à quel point le monde de The Evil Within 2 nous propose plusieurs endroits à explorer. Les développeurs nous récompensent vraiment très bien lorsqu’on prend ce risque même si ça vient souvent au coût de quelques précieuses balles de fusil.

Le monde est ouvert sans non plus être particulièrement grand. C’est facile de passer d’une quête à l’autre lorsqu’une semble un peu trop difficile, mais certains endroits comme un simple sous-sol finissent parfois par abriter d’énormes repères souterrains. On se retrouve même par moment face à de longs corridors épeurants et remplis de créatures immondes prêts à nous terrifier. Je ne me suis jamais vraiment senti coincé et je n’ai pas non plus eu l’impression de plonger dans une aventure qui s’en va dans toutes les directions.

Une jouabilité pas encore parfaite

Une des manières d’augmenter la difficulté avec des jeux du genre est de rendre le contrôle des armes plus complexe. Considérant la rareté des balles de fusil et l’importance d’atteindre un ennemi directement dans la tête, c’est frustrant d’avoir à refaire certains combats à maintes reprises. J’ai donc eu constamment l’impression que la difficulté était présente en grande partie à cause de la visée très imprécise. N’importe quel joueur qui est habitué avec les FPS est capable d’atteindre un ennemi en pleine tronche assez facilement, mais la sensibilité est tellement mauvaise dans The Evil Within 2 que c’est inexplicablement compliqué. Selon moi, juste le fait que les ressources sont limitées est un élément de difficulté suffisant. Malgré tout, cet aspect du jeu est quand même mieux que dans l’épisode précédent signe qu’il y avait beaucoup de progression à faire.

Heureusement, j’ai pu me sortir d’affaire pour la plupart des combats en utilisant ma furtivité pour surprendre les ennemis par l’arrière en les assassinant d’un coup. Pour nous aider, le jeu place plusieurs accessoires sur le terrain pour vous permettre d’attirer l’attention des ennemis dans cette direction afin de les éliminer sans faire de bruit.

De plus, l’arsenal d’armes qu’on peut trouver pour Sebastian est vraiment solide et varié ce qui nous permet d’imaginer toutes sortes de manières d’éliminer nos ennemis. Si le pistolet, votre arme principale, est énormément difficile à contrôler, ce n’est pas le cas des autres fusils qui se manient plutôt bien pour la plupart. Surtout que le shotgun, par exemple, à un arc de tire plus large nous permettant de frapper la tête d’un ennemi plus facilement.

Enfin, au niveau de la jouabilité, un des éléments dérangeants du premier titre était le manque d’énergie flagrant de Sebastian. Bien sûr, cela ajoutait un défi supplémentaire au jeu en plus de rendre les ennemis plus dangereux, mais c’était quand même frustrant. Or, cette fois, Sebastian a une jauge d’énergie beaucoup plus raisonnable et The Evil Within 2 propose un équilibre beaucoup plus adéquat. On peut même améliorer cette jauge dans l’arbre de talent de notre protagoniste.

Non pas pour l’histoire

Je ne crois pas que quelqu’un va vraiment se plonger dans The Evil Within 2 pour la qualité de l’histoire racontée. La prémisse est plus compréhensible que le premier opus et on sent assurément plus de personnalité dans notre personnage. Évidemment, ceci est surtout possible parce que notre héros passe à travers des moments difficiles et on sent que sa mission a beaucoup de sens. Il fera tout pour retrouver sa fille. Sebastian place même quelques lignes savoureuses qui feront bien sourire les joueurs.

Mais, outre Sebastian qui est beaucoup plus crédible, il y a plusieurs personnages amicaux dans le jeu qui rendent notre visite dans Union plus agréable. Je me suis même attaché à la cause de certains d’entre eux puisque plusieurs souffrent de détresse dans ce monde cauchemardesque. Qui plus est, les antagonistes principaux de The Evil Within 2 tirent aussi mieux leur épingle du jeu et sont plus omniprésents que jamais. On ressent beaucoup plus la menace qui nous guette comme le meurtrier en série qu’on rencontre dès le début.

Plutôt pour l’atmosphère

Si on n’y joue peut-être pas pour l’histoire, on peut assurément jouer à The Evil Within 2 pour l’atmosphère. Chaque année au mois d’octobre, à l’approche de l’Halloween, j’aime bien me plonger dans des histoires d’horreurs tant au cinéma que sur ma TV. Or, avec un tueur en série possédant des pouvoirs surhumains, c’est le genre d’élément qui fait place à la peur et l’inquiétude.

Même si Union est un monde ouvert, on sent tout de même la terreur dans les rues. Un des aspects qui rend ça possible est le jeu de lumière qui est tellement bien exploité. Lorsqu’on se promène dans la ville, tout est extrêmement sombre à l’exception de quelques lampadaires, quelques lumières d’autos ou des maisons encore légèrement éclairées. On doit donc souvent observer ce qui se passe autour de cette lumière en espérant ne pas être surpris par un ennemi bien caché dans la pénombre. D’ailleurs, une des scènes les plus inquiétantes est lorsqu’on voit seulement ce qui semble être une jeune femme qui gémit au loin en cachant son visage. Bien sûr, vous devez être prudent avec votre approche.

L’autre élément important pour améliorer l’atmosphère c’est le son. Pour une immersion vraiment complète, je vous recommande fortement de fermer les lumières et de mettre un casque d’écoute ce qui va vous permettre de capter toutes les subtilités sonores du jeu. Un des exemples les plus probants est qu’on entend souvent des zombies qui dévorent le corps de leur victime dans les parages. Ainsi, avec un casque, vous pourrez plus facilement les repérer pour les surprendre. En plus de ces bruits troublants, vous entendrez souvent des cris stridents et des sons ambiants qui nous laissent croire qu’on n’est jamais totalement en sécurité.

Cette fois, l’aventure est toujours violente et remplie de sang, mais c’est un peu moins exagéré qu’avec le premier jeu. Lorsque je l’avais testé, à l’époque, je me souviens qu’il y avait tellement de scènes de violence graphique que l’effet finissait par s’amoindrir beaucoup. Or, en misant plutôt un peu plus sur l’atmosphère avec les bruits et la lumière, les développeurs se sont assurés de garder le joueur tendu tout en maintenant quand même un bon niveau de violence dans des moments clés.

Conclusion

Tous ces éléments ensemble nous permettent de conclure que les développeurs de The Evil Within 2 ont fait d’importants pas de l’avant pour rendre notre expérience meilleure. Même si la jouabilité méritait encore quelques améliorations, une atmosphère meilleure, un jeu plus complet et moins frustrant font de ce dernier un bon jeu d’horreur et de survie.

NOTES
Note d'enthousiasme
8.5
PARTAGER
Anthony est comme Batman puisqu'il mène une double vie. De jour, c'est un simple banquier, mais le soir et les fins de semaine il se transforme en rédacteur de la section jeux vidéo sur Geeks & Com' où il partage sa passion. On peut dire qu'il aime presque tous les styles, mais il a quand même un petit faible supplémentaire pour les jeux narratifs et les JRPG !