La saga Tomb Raider appartient à cette liste de séries cultes et phares du Jeu Vidéo. Après un reboot couronné de succès en 2013, Chrystal Dynamics revient cette année avec une suite intitulée Rise of the Tomb Raider, en exclusivité temporaire sur Xbox One. C’est donc avec plaisir que j’ai plongé dans cette nouvelle aventure de Lara Croft, voici mon verdict après près de 17 heures de jeu.

Fiche technique de Rise of the Tomb Raider

  • Date de sortie : 13 novembre 2015
  • Style : Action / Aventure
  • Classement ESRB / PEGI : M / PEGI 18
  • Développeur : Crystal Dynamics
  • Éditeur :  Square Enix / Microsoft
  • Langue d’exploitation : Anglais, Français
  • Disponible sur Xbox One
  • Prix lors du test : 69,99€ / 74,99$
  • Version fournie par l’éditeur

Après les évènements de Tomb Raider, Lara ressent une certaine culpabilité envers son père qu’elle n’a pas cru lorsque celui-ci parlait de tous les mystères incroyables que renferme le monde. L’un en particulier hante Lara à son tour, celui de la cité perdue de Kitezh, censé renfermé le secret de l’immortalité. Elle partira donc à la recherche de cette cité au cœur de la Sibérie, mais elle n’est pas la seule. Une société secrète appelée Trinity poursuit également cette cité. Devenue plus forte suite aux évènements survenus au Yamatai, Lara ne se laissera pas faire, et compte bien mener à bien la quête de son père.

Pus grand, plus fort, plus loin

Rise of the Tomb Raider est une belle évolution de la formule initiée par le reboot de 2013. Véritable cocktail d’actions, d’aventures et d’énigmes, la formule est toujours aussi efficace. Le rythme du jeu a d’ailleurs été bien étudié pour mettre en valeur ses différentes facettes. On alterne entre phases très dynamiques et linéaires, que n’aurait pas renié Uncharted, et des moments plus calmes où l’exploration fait place à des zones ouvertes encore plus grandes, dotées d’un level design plus étoffé. L’exploration des tombeaux est également de retour, pour le plus grand plaisir des amateurs du genre. Ils sont plus nombreux, complexes et stimulants. Malheureusement, on ne retrouve pas vraiment de grandes explorations de ruines comme à la belle époque des premiers épisodes. Dommage, mais ne boudons pas notre plaisir : le retour des joueurs a été pris en compte et l’ensemble de tous les éléments a été amélioré.

Pour le reste, le gameplay reste inchangé. Lara dispose d’une vaste panoplie de mouvements que le jouera utilisera dans des phases de plateformes dynamiques. Celles-ci sont plus variées grâce à l’ajout de nouvelles mécaniques comme la possibilité de s’accrocher à une poutre via un lancer de piolet bien placé. Les combats sont peut-être l’aspect ayant le moins évolué et cela se sent. L’intelligence artificielle des ennemis laisse à désirer, et la possibilité de se soigner enlève une grosse partie du challenge. L’infiltration quant à elle est assez sommaire, et n’offre pas vraiment de réelle satisfaction. L’aspect survie que j’attendais énormément m’a également relativement déçu. Les mécaniques fonctionnent, mais manquent cruellement d’un aspect organique. La chasse a été mieux réfléchit et s’inscrit désormais complètement dans le game design. Il vous faudra récupérer des peaux de bêtes, du cuir, et d’autres éléments pour améliorer l’équipement de Lara. L’ensemble des mécaniques de jeu fonctionne bien et sont satisfaisantes, mais elles ne vont pas assez loin, ou peut-être en attendais-je trop ?

Les zones de jeu regorgent toujours de choses à trouver, que ce soit des reliques ou des éléments de crafting pour améliorer vos équipements. Cet aspect du jeu a été un peu plus poussé, et on prend plaisir à améliorer les différents équipements de Lara. En revanche, il est dommage que l’aspect « tenue » n’ait pas été plus poussé. Le jeu propose désormais de réaliser des quêtes annexes pour différents personnages. Il y en a suffisamment pour diversifier l’expérience, sans pour autant faire remplissage pour booster la durée de vie. Il s’agit de l’un des meilleurs ajouts de ce nouvel épisode.

Tout au long de ma partie, le sentiment de jouer à un Tomb Raider 1.5 ne m’a pas quitté. Rise of the Tomb Raider est une belle et efficace évolution du premier épisode, mais à aucun moment je n’ai eu l’impression d’avoir passé un cap. L’aspect survie est par exemple sous-exploité, et pas assez organique. Les mécaniques sont trop visibles, et au final ne participent pas à rendre un réel sentiment de survie. On ramasse les différentes ressources par automatisme, plus que par besoin.

Un bilan graphique positif, mais pas trop

Graphiquement, le titre s’en sort bien, notamment en ce qui concerne la modélisation et les animations de Lara. C’est un vrai plaisir de voir les différentes expressions de son visage, ainsi que les nombreuses animations associées aux mouvements. Les textures sont plus jolies, les environnements plus grands, le tout tournant de manière fluide. Certaines séquences sont réellement impressionnantes avec des effets météorologiques et d’explosions de toute beauté. Je ne trouve pas le rendu global exceptionnel. Le jeu est beau et se situe dans le haut du panier de cette génération, sans atteindre des sommets.

La partie artistique du titre est un peu moins inspirée que le premier épisode, et on retrouve même un sentiment de redite sur certains éléments. Cependant, j’aime toujours cette orientation assez sombre et ce parti-pris « réaliste » avec des couleurs moins criantes que pour la série Uncharted.

Un scénario sans réel impact ?

J’en viens à l’un des points faibles du précédent épisode, le scénario, l’écriture et la narration. Rise of the Tomb Raider ne bouleverse pas sa formule et l’on se retrouve avec une histoire tournant autour de thématiques déjà vu, et mettant en scène des personnages trop caricaturaux. Certaines révélations sont un peu trop téléphonées, même si le jeu en réserve quelques-unes plutôt réussis. Une nouvelle fois, l’ensemble fonctionne, mais reste trop sage, trop classique et l’écriture n’est ni bonne, ni mauvaise. Quelques personnages viennent rehausser la barre, notamment Lara. En parlant de notre chère aventurière, je ne vous serai que trop vous recommander de passer le jeu en version originale sous-titrée. Les doublages français frôlent la catastrophe et ruinent l’intensité dramatique. Les derniers instants du jeu font figure d’exception puisque plutôt bien écrit, et laissant même un choix au joueur.

Le plus gros problème que j’ai avec le scénario de Rise of the Tomb Raider est le cheminement personnel de Lara, ainsi que la conclusion. Cette dernière est à peu de chose près identique à celle du premier épisode. Lara exprime à nouveau sa volonté de découvrir les mystères qui entourent le monde. Le fait que l’histoire se conclut de cette manière rappelle le précédent épisode, et donne l’impression qu’aucune évolution du personnage n’a eu lieu. Cela relève plus d’un défaut d’écriture de la fin, plutôt qu’un réel problème de construction du personnage. Lara est bien plus endurcie, plus sûre d’elle et semble avoir une ligne directrice bien claire, elle déclenche les évènements plus qu’elle ne les subit.

Conclusion

Rise of the Tomb Raider est une belle évolution du premier épisode, peut être un peu trop timide. On parcourt le jeu d’un bout à l’autre avec grand plaisir, notamment grâce à son rythme très bien maitrisé, son level design bien pensé et aux nombreuses activités à réaliser. Les mécaniques de gameplay fonctionnent bien, même si certaines auraient pu être plus développées. Le jeu est beau, sans pour autant être la claque graphique de l’année, mais au moins le jeu est stable et bien fini, malgré quelques bugs peu gênants. Une nouvelle fois, c’est la partie scénaristique qui pêche, avec une histoire pas assez inspirée et une galerie de personnages beaucoup trop classiques pour marquer le joueur. Reste en l’état une très bonne expérience de jeu, et c’est bien là le plus important.

NDLR : afin de vous proposer un test encore plus complet, nous vous proposons de découvrir l’avis d’un autre de nos rédacteurs, amateur de la série.

Adrien GL’avis de Adrien Gautier : Lara Croft et La Dernière Croisade

Il y a deux possibilités pour un second opus : soit il s’inscrit dans la continuité de son aîné (Banjo-Tooie), soit il revoit entièrement sa copie (Jak II : Hors la Loi). Dans le cas présent, Rise of the Tomb Raider s’inscrit dans la première catégorie, tout en améliorant certains points.

En effet, le sentiment d’aventure archéologique est vraiment présent ! Découvrir par hasard une grotte pouvant mener à une tombe, est d’autant plus prenant que ces dernières sont moins évidentes à trouver (rendant l’exploration plus intéressante). L’impression d’être seule face à une nature parfois hostile est mieux gérée que dans le précédent épisode : la chasse est cette fois-ci utile, en lien avec la confection de notre équipement. Le joueur a toujours quelque chose à faire, notamment en raison des missions annexes qui ne sont pas redondantes et permettent d’améliorer ses armes. S’il est utile de se balader dans ce « semi-monde ouvert », cela est rendu agréable par les graphismes somptueux de ce jeu : les éclairages, les textures, les détails sont généralement assez saisissants !

Le scénario est également plus accrocheur : la touche « Indiana Jones » est omniprésente, ce qui personnellement ne me déplaît pas du tout (car on parle de l’archéologue au fouet tout de même). Mais… Si vous avez vu le film « Indiana Jones et la dernière croisade » vous connaissez déjà l’histoire du jeu ! Malheureusement, cette impression de déjà-vu (ou de déjà-joué en l’occurrence) est un peu trop présente à mon goût… Attention, ce n’est pas une redite par rapport à son aîné, mais force est de constater que les mécaniques restent les mêmes !

Cela dit, si vous avez aimé l’épisode reboot de 2013, ne vous posez pas la question : allez-y les yeux fermés ! Il s’agit d’une aventure prenante, davantage ancrée dans l’esprit même de la saga, se démarquant ainsi des aventures de Nathan Drake (principalement centrées sur les scènes d’action). Sur ces belles paroles, je lui attribuerais personnellement une note de 8/10 amplement méritée !

NOTES
Note
8
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De nature passionné et rêveur, je suis avant tout un fervent joueur, amateur des cultures de l'imaginaire, et fan de Metal Gear Solid, Kojima-San, Mass Effect et Deus Ex. Le Jeu Vidéo me passionne aussi bien en tant qu'art, qu'en tant qu'industrie. J'aime également la science-fiction, la fantasy, le cinéma, les séries TV, la culture japonaise et bien d'autres choses.