The Legend of Zelda, du haut de ces trente ans, est une véritable institution dans l’univers du Jeu Vidéo. Plus qu’une série culte, la saga a été le précurseur de nombre d’éléments qui ont influencés l’industrie tel que nous la connaissons aujourd’hui. Je pense entre autre à l’intégration des sauvegardes que l’on considère comme une normalité de nos jour ou le fait de pouvoir cibler un adversaire, apparu lors du passage à la 3D, qui fut un bijoux de gameplay à l’époque, et qui se trouve être encore indispensable dans les jeux modernes.

Fiche technique

  • Date de sortie : 4 mars 2016
  • Style : Aventures
  • Classement ESRB/PEGI : T / PEGI 12
  • Développeur : Nintendo
  • Éditeur : Nintendo
  • Langue d’exploitation : Sous-titré en Français
  • Disponible sur Wii U
  • Évalué sur Wii U
  • Prix lors du test : 52 € (Amazon France) / 79 CDN$ (Amazon Canada)
  • Site officiel

Préambule historique

Pour comprendre ce que représente l’épisode Twilight Princess, il faut tout d’abord savoir d’où il provient. Lors de son passage à la 3D, la série des Zelda s’est vue acquérir son statut de jeu culte grâce au légendaire Ocarina of time, qui était une référence de qualité en tout point de vue. Comme bien des jeux de cette époque charnière, les graphismes 3D étaient approximatifs et rudimentaires, comme les prémices des jeux 2D avant lui, ce qui laissait une grande place à l’imagination et à l’interprétation personnelle du joueur. Ce dernier n’avait, en effet, comme référence esthétique, que le manuel, contenant nombre d’artworks pour se faire une idée de ce à quoi aurait l’air son aventure si elle était moins polygonale. Sa suite, Majora’s Mask, sortie également sur Nintendo 64, a elle aussi marqué les esprits en apportant une ambiance lourde à sa trame scénaristique et en renouvelant le gameplay de son prédécesseur.

Au début des années 2000, les joueurs de toute la planète commencent enfin à mettre la mains sur des jeux aux visuels plus raffinés notamment grâce à une PlayStation 2 qui se vend comme des petits pains en écrasant SEGA, le vieil ennemi de Nintendo. Celui-ci arrivera sur le marché avec son Gamecube, qui doit prendre la relève d’une Nintendo 64 en bout de course. Les joueurs, et particulièrement les fans, attendent avec impatience la venu d’un Zelda qui saura s’imposer comme le successeur d’Ocarina of Time, espérant une perle au niveau des graphismes. Des attentes qui seront pratiquement comblées lors du, maintenant célèbre, Nintendo Space World : on y découvrait une démonstration technique révélant un combat entre Link et Ganondorf, dans un look assez photo-réaliste pour l’époque.

Quelle ne fut pas la déception, ou plutôt l’incompréhension des fans lors de la présentation de The Legend of Zelda : The Wind waker, qui arborait une robe cartoon et enfantine. Déception tout de même temporaire, puisque le titre, bien que boudé par quelques irréductibles inconscients, est fidèle à la série malgré son originalité et sa qualité. Ce style cellshading apporte même son lot d’innovation en permettant une variété d’expressions faciales aux personnages, chose difficile sur les autres soft du moment.

C’est à ce moment qu’on en vient enfin à parler de Twilight Princess. Celui-ci est, à mon sens, le fruit de ce petit parcours historique. Il est, selon moi, le seul titre de la franchise à être une réponse aux fans. À une déception esthétique près. Une erreur qui n’en a jamais été une, car en ayant opté pour une apparence de dessin animé lors du développement de Windwaker, The Legend of Zelda s’est affranchi d’un look unique et s’est accordé des possibilités infinis pour l’avenir. À une époque où la 3D se définissait encore, la pilule aurait été bien plus dure à avaler si Twilight Princess avait vu le jour le premier.

Malheureusement, les attentes que le titre a suscité durant sa conception à joué quelque peu contre lui, étant vu comme le premier Zelda aux graphismes “réalistes”, montré via plusieurs vidéos et images absentes du produit fini, et retardé d’un an pour permettre une sortie simultané sur la Wii – qui allait alors voir le jour en novembre 2006 -. Ce dernier choix, certes, allait jouer en faveur des ventes du titre. Mais cette année supplémentaire de développement a laissé le public s’habituer à de nouvelles normes en matières de graphismes, avec la commercialisation de la Xbox 360 et de la PlayStation 3. De ce fait, Nintendo se retrouvait avec un rendu pour Twilight Princess daté, comparé à ce qu’offrait ses concurrents. Ajoutons aussi que le jeu, malgré son identité qui lui est propre dans la série, semble avoir été cloisonné par l’aura Ocarina of Time en cours de développement. Cela se remarque simplement par l’ordre d’exécution des temples et par le nombre de références à ce dernier tout au long de l’aventure. C’est ce qu’on appelle du fan service.

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Et ce The Legend of Zelda Twilight Princess HD sur Nintendo Wii U ?

Dix années plus tard, l’épisode Skyward Sword aura divisé les foules à cause de son gameplay, et un titre sans nom, censé sortir sur Wii U, n’a toujours pas pointé le bout de son nez. Du coup, Nintendo fait patienter ses fans avec deux titres remasterisés sur sa dernière console de salon. Le premier, celui de The Wind waker, un immanquable, avec un lifting conséquent pour les générations de console actuelle, a même été corrigé au niveau du gameplay. On pourrait donc dire que cet épisode fait presque office de remake réel, malgré le fait que le jeu vieillissait très bien visuellement : ceci est justement dû aux choix graphique de l’époque.

Contrairement à son prédécesseur, Twilight Princess est beaucoup plus proche de son statut de version remastered. Ce jeu, qui à la base était une contre-attaque visuelle à The Wind Waker, n’a pas droit à son lifting. Oui, il s’en trouve plus fluide et agréable à l’œil mais à travers un simple portage, et avec uniquement un gameplay agrémenté de fonctionnalités amiibos et miiverse.
zelda-tphd-test002Un gameplay qui a déjà connu deux itérations, avec la manette normale sur Gamecube, et le combo Wiimote/Nunshuck sur Wii, et qui se trouve maintenant adapté au Gamepad. Malheureusement, le jeu ne s’en retrouve pas enrichi. L’affichage de la carte est superflu, puisque celle-ci est également présente sur le téléviseur. Et même s’il est aisé de la retirer pour l’avoir uniquement sur l’écran en main, cela reste moins pratique ou intuitif. C’est donc une fonctionnalité que je classerai au rang de gadget. La gestion de l’inventaire via la manette est, de son côté, une fonctionnalité beaucoup plus intéressante mais trop peu développée. Le jeu n’a pas été conçu dans cette optique lors de son développement initial. Le rythme n’est donc pas adapté pour que le joueur gère son attention d’un écran à l’autre. De plus, l’ergonomie n’est pas au rendez-vous pour mes doigts d’adultes, qui ont du mal à glisser les objets dans le haut de l’écran pour les rendre actifs. La version Wii était finalement pour moi bien plus efficace au niveau de la jouabilité.

Sinon, le jeu conserve les grandes lignes de son gameplay initial qui est, comme toujours dans la série, une référence d’efficacité. Si vous vous demandez pourquoi je ne parle pas du retrait de quelques perles de lumières lors des séquences de loups en début de partie, c’est tout simplement parce que c’est une modification que je trouve négligeable et donc n’apporte pas une plus-value intéressante. Il en est de même pour la quête de Giovanni, simplifiée pour l’occasion.

Le Gamepad utilisé

Parce qu’il n’avait pas dit son dernier mot, le gameplay de Twilight Princess HD cachait une petite fonctionnalité incontournable : le streaming. On l’oublie souvent mais la Wii U permet de lire le jeu directement depuis son gamepad. Et je l’avoue, ce portage est plus agréable à jouer de cette manière. Plus fidèle à sa version d’origine n’utilisant qu’un seul écran, le jeu en streaming m’a parut bien plus naturel. Au point de me demander pourquoi le portage n’a pas été fait sur la console portable de Nintendo. Ceux qui me diront que cela n’aurait pas pu être possible pour des raison de puissance, ont pourtant le meilleur contre-argument à leur portée : Xenoblade Chronicles.

Le risque zéro appliqué aux jeux vidéo

Dans sa forme actuelle, The Legend of Zelda Twilight Princess HD conserve ses acquis de grand titre : une histoire profonde qu’on se plaît à découvrir ou redécouvrir, mais aussi des mélodies somptueuses qui collent aux nombreux lieux visités, et qui marquent les esprits tant elles résonnent encore dans la tête même la séance de jeu terminé. Une ambiance plus mature que sombre, qui définie l’identité du titre. Un mélange de qualités qui, même réunies, ne justifient pas un portage : celles-ci ne sont pas un apport de la console. Les développeurs ne semblent à aucun moment avoir eu le désir de renouveler l’expérience au point de donner l’impression de livrer un copier/coller avec un filtre sharpen. Une attitude soit peureuse, soit due à un échéancier trop serré.

The Legend of Zelda Twilight Princess HD - Nintendo Wii U

Qui dit peu de travail, dit peu à dire.

Mais qu’est-ce qui explique ce résultat ? Pourquoi Twilight Princess ne semble pas avoir droit à son plein potentiel peu importe la génération ? Simplement à cause des autres Zelda. En effet, tout comme à son lancement initial, Twilight Princess était dans l’ombre de The Wind Waker et d’Ocarina of Time. Sauf que cette fois, il est maintenant remis sur nos tablettes, tel un magazine dans une salle d’attente, pour faire patienter tout ceux qui rongent leurs manettes ayant pour seul impatience de mettre la main sur le mystérieux Zelda Wii U. Twilight Princess a tout de même eu un réel impact sur la série, comme étant celui qui a instauré le look générique de Link que l’on retrouve, entre autre, dans les deux derniers opus de Super Smash Bros ou dans la démo technique de la Wii U présenté à l’E3 2012.

Le titre est-il un incontournable de la WiiU ? Cela dépend de qui vous êtes. Les fans inconditionnels ne pourront s’empêcher de mettre la main dessus, tandis que ceux qui avait bien aimé sa version originale n’y verront aucun intérêt, ou pire, une belle arnaque mercantile pour Amiibo. Par contre, les jeunes joueurs en quête d’une aventure dense et magique, de découvertes, d’un réel plaisir de jouer, et qui ne connaissent peut-être la série que de nom, ne pourront que tomber sous le charme d’un jeu qui est peut-être la meilleur porte d’entrée pour y être initié.

NOTES
Note d'enthousiasme
7
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Infographiste qui a grandi entouré de The legend of Zelda, des Ninjas Turtles et de Batman. Les jeux vidéo ont toujours eu une place de choix dans ma vie, mais je me plais à toucher à tout ce qui se rapproche de la culture geek. Ce qui ne fait pas de moi un expert dans un seul domaine, mais un connaisseur de surface qui peut démocratiser l'information au plus grand nombre.