Le lancement d’une nouvelle génération de Pokémons est toujours un événement en soi, mais celui-ci avait une saveur particulière. Avec Pokémon Sword et Shield, Game Freak nous offrait les premiers chapitres principaux de la série sur console de salon. Or, malgré quelques semaines houleuses avant la sortie, la compagnie a enregistré des ventes records depuis. Mais est-ce l’évolution à laquelle bien des fans s’attendaient ?

Fiche Technique

  • Date de sortie : 15 novembre 2019
  • Style : Aventure / RPG
  • Classement ESRB/PEGI : E / PEGI 7
  • Développeur : Game Freak
  • Éditeur : Nintendo / The Pokémon Company
  • Langue d’exploitation : offert en français
  • Exclusif à la Nintendo Switch
  • Prix lors du test : 79,99 $ / 69,99 €
  • Site Officiel
  • Version numérique envoyée par l’éditeur

Les mythes et légendes de Galar

Pokémon Sword et Shield nous lancent dans la nouvelle région de Galar qui s’inspire énormément du Royaume-Uni. Le jeu commence en nous offrant quatre choix de garçons ou de filles à incarner. On part ensuite à l’aventure pour devenir évidemment le meilleur dresseur. Cette fois, notre rival est notre ami Nabil, le petit frère du maître actuel de la Ligue nommée Tarak. Nabil est très énergique et positif. Il veut faire de son mieux et il est prêt à tout donner pour arriver au niveau de son grand frère. Et puis, le fait qu’il est dans l’ombre de Tarak apporte aussi un élément d’histoire intéressant. Je trouve que ça fait de lui un des meilleurs nouveaux personnages de la série depuis un bon moment.

Pokémon Sword Grookey Snobble
Les trois Pokémons de départ de Pokémon Sword et Shield

Outre notre meilleur ami, la professeure Magnolia et sa petite-fille Sonya viendront aussi jouer un rôle crucial dans l’aventure. À travers notre voyage, Sonya viendra à maintes reprises partager ses découvertes du monde de Galar. Il y a plusieurs mythes et légendes qui sont racontés par les vestiges de la région et par les histoires que se partagent les habitants. Découvrir la vérité est un point central du titre et c’est ce qui lui permet de nous offrir le scénario le plus poussé de la série.

Une inspiration bien transposée

Ensuite, les développeurs de la franchise aiment s’inspirer d’endroits du monde réel pour créer ses nouvelles régions. Avec Alola, c’était Hawaï alors que Pokémon X & Y pigeait de la France et de la zone euro. Cette fois, Game Freak s’est tourné du côté du Royaume-Uni pour former Galar. Après les îles, j’ai trouvé ça agréable de retourner sur la terre ferme, mais avec des décors complètement différents de ce qu’on a vu avant. Il y a des villes qui semblent être en pleine révolution industrielle de par leur côté un peu steampunk. Et, bien sûr, le train est le moyen de transport privilégié ici.

Mais, avec Pokémon Sword et Shield, l’équipe artistique est encore allée plus loin avec une multitude de monuments iconiques. La liste est immense en commençant, évidemment, par une horloge qui ressemble à Big Ben ou la grande roue de London Eye. Il y en a bien d’autres comme une arène qui ressemble au stade de Wembley ou un phare qui a l’air d’une réplique de la tour de Smeaton.

Cependant, ma référence préférée est de loin celle de la colline du Géant de Cerne Abbas tirée d’une légende vraiment intéressante. J’ai trouvé que c’était très ingénieux comme décision et prouve que Pokémon n’est pas juste pour les enfants. Même du côté des légendes, on pige beaucoup dans les histoires de royautés avec des princes et des chevaliers. Bref, le contexte est définitivement bien exploité ici.

Un début de monde ouvert

Puis, la nouveauté que j’ai le plus appréciée dans Pokémon Sword et Shield est l’arrivée de la zone sauvage. On s’y rend assez rapidement (dans les 5 premières heures du jeu) et celle-ci est immense. Elle nous permet de découvrir un énorme territoire modélisé entièrement en 3D où une quantité absurde de Pokémons nous attend. Pour ceux qui aiment l’aspect capture et collection de ces titres comme moi, il s’agit d’une addition qui a un énorme impact.

J’ai facilement dû perdre 4 à 5 heures lors de ma première visite à explorer tous les recoins. Et, même après tout ce temps, j’avais seulement passé à travers une portion de la zone. De plus, c’est dans cette région qu’on retrouve les Raids Dynamax où quatre dresseurs affrontent un énorme Pokémon. Le vaincre donne une multitude de bonus très utiles comme des bonbons d’expérience et nous permet aussi de le capturer. C’est aussi ce qui nous permet d’acquérir des Watts qu’on peut échanger pour de puissantes attaques.

Le dernier élément très cool avec cette région, c’est qu’elle renferme plusieurs Pokémons un peu plus rares et plus puissants. Ils se promènent librement et, au début, ils sont bien plus fort que nous. Bien sûr, les éliminer va nous donner beaucoup de points d’expériences. Le seul irritant, c’est que Pokémon Sword et Shield nous limitent au niveau de la capture. Il faudra donc accumuler plus de badges pour avoir la permission d’attraper un Pokémon de plus haut niveau. Évidemment, ça aide avec l’équilibre de la difficulté du titre, mais je trouve ça dommage qu’on freine ceux qui veulent explorer davantage plus tôt.

Retour dans l’arène

Quand j’ai appris qu’on retournait dans les arènes pour la 8e génération de Pokémon, j’étais un peu déçu. Le concept d’épreuves dans Soleil et Lune m’avait beaucoup plu et je trouvais que ça renouvelait beaucoup la série. Néanmoins, il y a tout de même quelques nouveaux défis à compléter dans certaines des nouvelles arènes, mais ils sont peu inspirés. Le premier, par exemple, nous fait pousser des moutons dans un enclot, mais c’est fait de manière un peu trop simpliste. Tout comme la 2e arène qui ressemble beaucoup à ce qu’on a vu dans d’anciens titres avec des interrupteurs à actionner.

Pokémon Sword arène
Les arènes sont grandioses

Heureusement, Pokémon Sword et Shield nous proposent des défis un peu plus amusants à compter de la troisième arène. Celle-ci prouve d’ailleurs que les développeurs sont capables d’avoir d’excellentes idées. C’est justement dommage que ce ne soit pas vrai pour toutes les arènes.

J’ai aussi bien aimé qu’on ressent comme les arènes sont grandioses et imposantes. De l’extérieur, elles se démarquent énormément grâce à leur taille et leur design particulier. De l’intérieur, on remarque les grandes estrades remplies de gens qui sont là pour observer les combats. On les entend crier et ces cris s’intensifient lorsqu’un Pokémon meurt. Bref, on se sent plus immerger dans les arènes que jamais.

Les défis de certaines arènes sont plutôt ennuyants

81 nouveaux Pokémons

Game Freak a été beaucoup critiqué (à tort selon moi) dans les semaines menant au lancement de Pokémon Sword et Shield à cause du nombre limité de nouveaux Pokémons qu’ils avaient planifiés. Or, bien que ce fût effectivement le cas, le Pokédex final de Galar s’étend à un total de 400 Pokémons à capturer. Ce qui représente le nombre le plus imposant de la série pour un seul titre. Le défi de tous les capturer que se lanceront les amateurs les plus invétérés de la franchise est donc de taille.

Et, parmi les ajouts, on en retrouve une bonne quantité avec des designs très réussis comme les trois Pokémons de départ et leurs évolutions. Des Pokémons comme Wooloo, Yamper, Toxel ou Silicobra vont assurément faire fureur et ont été bien conçus. Cependant, il y en a d’autres qui ont un look plutôt douteux comme Milcery ou Sinistea. Même du côté de ceux qui ont été ramenés d’une ancienne génération, il y a quelques choix étranges. J’aurais préféré qu’on ne ramène pas Lampent et Yamask de la 5e génération puisque je les trouve plutôt bizarres. Cependant, ça reste un choix très personnel. Dans l’ensemble, les nouveaux Pokémons qui ont été introduits sont assez cool et originaux.

Entre Pokémon Let’s Go et Pokémon Sun

L’an dernier, j’avais bien accueilli l’arrivée de Pokémon Let’s Go pour les risques qui ont été pris. Premièrement, le fait que tous les Pokémons se promenaient dans l’environnement rendait l’expérience plus naturelle et réaliste que jamais. Et, le fait de faciliter un peu la capture avec un nouveau système renouvelait un peu la jouabilité. J’aimais d’ailleurs beaucoup me servir de la Poké Ball pour celui-ci.

Avec Pokémon Sword et Shield, Game Freak a repris la première partie du concept en partie avec des Pokémons qui apparaissent encore dans l’environnement. Cependant, il y en a aussi qui se cachent dans les herbes et qu’on ne peut pas détecter sans commencer le combat. C’est un bon mélange qui permet de garder un élément de surprise à la jouabilité, mais j’aurais quand même préféré être à 100 % comme dans Let’s Go.

Du côté du visuel, je dois dire que c’est assurément le plus beau de la série. Bien qu’il n’arrive peut-être pas au niveau auquel je m’attendais, on a quand même droit à de nouvelles scènes plus jolies que jamais. Je pense, par exemple, à la mine qu’on visite qui est très bien modélisé et bien détaillée tout comme la forêt. Les développeurs se sont surpassés avec la variété des environnements et des villes à visiter. Même la musique est un succès, ce qui est étonnant puisque les trames sonores m’ont toujours un peu irritée dans la série.

Une épopée réussie

Pour conclure, je n’étais pas convaincu par Pokémon Sword et Shield au départ et je pense que j’avais en partie raison. Le rythme du jeu, par exemple, est assez étrange alors qu’on a besoin de presque 10 heures pour se rendre à la première arène et qu’on les enchaîne ensuite les 8 dans les 10 heures suivantes. Le concept de Dynamax est aussi un peu douteux, mais heureusement c’est grâce à lui qu’on a droit à des Raids assez cool. Il en est de même pour les campements qui, sur papier, paraissaient super, mais qui sont finalement peu utiles.

Pokémon Sword légendaire
Une épopée légendaire vous attend

Malgré tout, il offre la meilleure histoire de la franchise en nous offrant un nouvel univers très inspiré et plus joli visuellement. Pokémon Sword et Shield plairont sans doute aux amateurs avec sa quantité de contenu imposante et ses nombreuses possibilités une fois l’aventure principale terminée. Ultimement, j’espère quand même qu’on lèvera la barre encore plus avec le prochain titre comme l’ont fait Super Mario Odyssey et Breath of the Wild.

NOTES
Note d'enthousiasme
8
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Passionné de techno et surtout de jeux vidéo, j’ai un Baccalauréat en Administration des Affaires et j’adore mélanger les jeux vidéo à la finance. Curieux, je joue à presque tous les genres et je suis toujours prêt à essayer de nouvelles expériences vidéoludiques. Il y a toujours quelques nouveautés dans ma ludothèque prêtes à être jouées. Je suis le rédacteur en chef de Geeks & Com' et le responsable de la section Jeux vidéo.