Avec l’arrivée de la PlayStation 5 en novembre dernier, nous n’avons pas été en mesure de nous mettre beaucoup de titres de nouvelle génération sous la dent. Cependant, on voit poindre à l’horizon de nouvelles franchises qui semblent profiter des prouesses techniques des nouvelles consoles. Souvent présent à la sortie des dernières PlayStation, le studio finlandais Housemarque, faisant maintenant partie intégrale des PlayStation Studios, cherche régulièrement à démontrer ce que Sony nous offre comme nouvelle machine. Cette fois-ci, il nous revient avec son nouvel opus Returnal qui change grandement de ce qu’on a été habitué de leur part. Est-ce le titre exclusif à la PS5 que nous attendions tant?

Fiche technique de Returnal

  • Date de sortie : 30 avril 2021
  • Style : Jeu de tir, action, roguelike
  • Classement : ESRB T / PEGI 16
  • Développeur : Housemarque
  • Éditeur : Sony Interactive Entertainment
  • Langue d’exploitation : Sous-titres en français et voix en anglais
  • Exclusivité PlayStation 5
  • Prix lors du test : 89,99$ CAD / 79,99 €
  • Site officiel
  • Version envoyée par l’éditeur

Un science-fiction en bonne et due forme

Dans Returnal, nous incarnons Sélène, une éclaireuse spatiale oeuvrant pour Astra. Lors d’un voyage, elle s’écrase avec son vaisseau dans un monde qui ne ressemble en rien à ce qu’elle connaît. Elle s’y retrouve isolée et doit trouver une façon de s’en échapper. Elle y croise des éléments provenant d’une ancienne civilisation qu’elle tentera de comprendre tout au long de ses aventures.

L’environnement

Outre cette civilisation, la faune et la flore de l’environnement sont très hostiles pour Sélène. Que ce soit les plantes, l’eau ou des êtres vivants que l’on peut confondre à des montres, la mort n’est jamais très loin. Justement, cette mort fait partie intégrante de Returnal et est l’une des premières choses que Sélène remarquera après son arrivée. En effet, à chaque fois qu’un nouveau cycle commence après sa mort, le monde devant elle change d’apparence. Ce dernier est divisé en six biomes différents que nous traversons pendant notre cycle… si nous y arrivons. Notre premier contact avec l’environnement se fera dans une forêt ou la pluie et la végétation luxuriante forme une atmosphère étouffante o nous ne savons jamais ce qui se trouve près de nous. D’autres biomes plus arides seront également visités et où nos sensations sont totalement différentes.

Une combinaison essentielle

Également, la seule chose permettant à Sélène de progresser quelque peu et de diminuer l’isolement est son équipement. En effet, sa combinaison lui permet de grandes choses. Entre autres, elle permet de scanner l’environnement, des artefacts et même certains parasites. De cette façon, elle en apprend sur le nouveau monde dans lequel elle se trouve. De plus, sa combinaison possède une certaine forme de mémoire sélective. Donc, lors d’une de nos morts et au recommencement d’un nouveau cycle, certains enseignements, découvertes et informations nous resteront en mémoire grâce à elle.

Un roguelike sans pitié

Avant de continuer avec mon appréciation de Returnal, il est essentiel de rappeler qu’il est un roguelike. C’est-à-dire un jeu de donjon où, lorsque l’on meurt, nous recommençons au début de notre aventure avec peu ou rien de ce que nous avions accumulé ou découvert auparavant. Il s’agit d’une nouvelle direction pour Housemarque. Il ne nous avaient pas habitués à ce genre, eux qui étaient plus reconnus pour les jeux d’arcade. Je trouve très important de le mentionner, car cela fait qu’il est beaucoup moins accessible. Certains joueurs pourraient ne pas s’attendre à ce niveau de difficulté. En effet, mourir fait partie d’un roguelike. Malgré ses airs de jeu de tir à la troisième personne, on meurt très souvent dans Returnal. Il faut être patient et persévérant, mais ce jeu est extrêmement satisfaisant lorsque nous réussissons à atteindre ce qu’on pourrait appeler un plateau. Souvent, nous devons faire des choix stratégiques pour passer outre les nombreux défis que nous rencontrons.

Un petit coup de pouce

En effet, Housemarque a quand même mis certains éléments qui nous suivent lors de nos nouveaux cycles. Comme mentionné plus tôt, notre combinaison se souvient d’éléments d’histoire, mais conserve aussi des améliorations majeures à cette dernière. En fait, celles-ci sont généralement le résultat de l’achèvement d’un biome. Justement, une fois un de ceux-ci terminé, on peut se rendre un peu plus rapidement à celui que nous sommes rendus. Néanmoins, nous devons le trouver.

Un environnement en constant mouvement

Comme dans plupart des jeux de donjon de genre roguelike, l’environnement des biomes se construit au fur et à mesure que nous avançons. Lors d’un nouveau cycle (ou après notre mort), l’ordre dans lequel on voit le monde arriver n’est jamais le même. Il se construit de manière procédurale. Les artéfacts, les armes ou même les items consommables ne sont jamais à la même place ni de la même nature. Donc, le chemin vers le prochain n’est pas écrit et il m’est arrivé souvent de mourir rapidement dans le premier. Car, il faut le dire, le niveau de difficulté est élevé. Ce n’est pas du tout une promenade dans le parc. En fait, ça peut même en être extrêmement frustrant.

Un jeu de tir utilisant parfaitement les capacités de la PS5

Lors de ma première prise en main de Returnal, j’ai tout de suite senti que Housemarque avait travaillé main dans la main avec Sony pour s’assurer que notre expérience soit au niveau de ce que la PS5 est capable de nous donner. Plusieurs éléments m’ont frappé tant d’un point de vue visuel que sonore ou même par rapport à comment nous utilisons la manette DualSense.

Un visuel plein de détails

Il est vrai qu’avec une nouvelle génération de consoles, nous nous attendons à être époustouflés par le visuel des nouveaux jeux. Dans le cas de Returnal, c’est les détails qui sont impressionnants. Le nombre de particules qui se trouvent dans les airs, près des monstres ou dissimulés un peu partout dans l’environnement est franchement incroyable. Parlant des monstres, ou êtres vivants extra-terrestres, ils génèrent à eux seuls une quantité hallucinante de particules et de projectiles. Ces derniers sont plus colorés les uns que les autres. Ce qui m’a particulièrement frappé est que les couleurs sont un rappel artistique du studio Housemarque qui a souvent jonglé avec les néons, faisceaux électriques et effets de lumières éclatants.

Outre ces derniers détails, la fluidité des mouvements de Sélène et lors de combats est très agréable. Le jeu est très rapide et nous pousse à jouer de façon hâtive. Mais tout au long de ces phases, le jeu reste stable et fluide dans l’ensemble. Rien de comparable avec l’ancienne génération de consoles. Même si le nombre d’éléments à l’écran est beaucoup plus grand. J’ai perçu quelques petits ralentissements lorsque mon personnage était coincé entre plusieurs monstres qui explosaient de lumière et de particules lumineuses. Honnêtement, ce n’est rien de notable à mon avis.

Une trame sonore efficace

La trame sonore de Returnal fait le travail pour un jeu de science-fiction. Elle permet de nous rentrer dans l’atmosphère inquiétante et dans la solitude de Sélène. Nous sommes en présence de musiques enveloppantes et planantes nous amenant dans un tout autre monde. Toutefois, Sony et Housemarque font la promotion avec Returnal du son 3D ou 3D audio. De mon côté, ayant le casque d’écoute Pulse 3D de Sony, je m’attendais à un peu plus de cette nouvelle technologie. Il est vrai que nous avons l’impression d’être entourés de sons provenant de l’environnement. Néanmoins, les phases d’actions nombreuses et avec beaucoup d’effets sonores passent par-dessus ce qui pourrait être perceptible avec le 3D audio.

Des contrôles sans failles

Depuis la sortie de la PlayStation 5, j’adore la manette DualSense. Returnal m’a juste permis de l’aimer encore plus. En effet, tout est pratiquement parfait à mon avis. Tout d’abord, en termes de jeu de tir, les gâchettes adaptatives nous permettent plusieurs fonctions. Tout dépendant de la pression que nous exerçons, nous pouvons utiliser des armes secondaires sans même appuyer sur un autre bouton. Au début, j’ai dû m’y habituer. Par contre, rapidement, je me suis dit, pourquoi ça n’a pas toujours été conçu comme ça?

Ensuite, le retour haptic est tellement bien intégré que nous avons juste l’impresison qu’il accompagne notre aventure et nous approche de l’environnement que nous explorons. Il est certain que l’utilisation de nos armes font que ce retour est très prononcé et surtout différent selon le type de projectiles. Mais outre notre arsenal, les éléments d’environnement tels que la pluie nous tombant dessus ou même les types de sols sur lesquels nous marchons nous sont retournés sous la forme d’un retour haptic spécifique.

Returnal - Environnement 1

Verdict de Returnal

En tant qu’un des premiers titres exclusifs sur la PlayStation 5, Returnal est impressionnant et m’a complètement envoûté de son atmosphère troublante et inquiétante. Il est certain que j’avais quelques difficultés à m’identifier à Sélène. Elle-même, dans l’histoire, a de la difficulté à savoir d’où elle vient et vers où elle va. Elle est consciente qu’elle meurt à répétition et ça ne m’a pas permis de connecter avec le personnage. Ceci étant dit, je voulais savoir ce qui se passait plus loin dans son aventure et justement en apprendre plus sur elle. Et pour y arriver, il faut mourir… souvent.

Je ne peux pas dire que je m’y connaissais beaucoup en jeux de type roguelike. Toutefois, je suis assez patient et persévérant pour voir à quel point Returnal est satisfaisant et gratifiant. Autant ma frustration pouvait devenir importante, autant j’avais l’impression que Housemarque me donnait un petit bonbon pour m’accrocher. Et ça fonctionne. Il est certain que si Returnal n’était pas une expérience d’une très grande qualité, j’aurais sûrement lâché rapidement. C’est finalement le contraire. Le jeu est conçu pour nous faire refaire des sections même si nous sommes rendus loin dans l’aventure. Housemarque a même pensé à un mode en ligne où nous pouvons faire des challenges quotidiens pour amener la rejouabilité à un autre niveau.

Pour conclure

Donc, pour moi, Returnal est un excellent jeu. Cependant, il n’est pas du tout pour tout le monde. Il faut se connaître en tant que joueur avant d’embarquer dans cette expérience. Je le recommande pour tous ceux aimant les jeux avec un degré de difficulté élevé et n’ayant pas peur des roguelike. Pour les autres, si vous êtes conscients que vous allez mourir et tout perdre souvent et que la patience et la persévérance sont des qualités que vous possédez, Returnal devrait être sur votre liste de jeux à jouer.

NOTES
Note d'enthousiasme
9
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Gamer depuis le moment où il a lancé ses premiers œufs sur Birdo dans Mario bros 2, François partage ses moments libres entre sa PS4, sa guitare et un terrain de soccer.Ses journées normales tournent autour des technologies de l'information où sa profession de géomaticien lui permet d'être geek même dans son milieu de travail.