Ubisoft : Vivendi passe les 20% dans le capital de l’entreprise

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Yves Guillemot, PDG d'Ubisoft et Vincent Bolloré, PDG de Vivendi. Crédits : DR
Yves Guillemot, PDG d’Ubisoft et Vincent Bolloré, PDG de Vivendi. Crédits : DR

La guerre des nerfs et des gros sous continue entre Ubisoft, l’éditeur-développeur de jeux vidéo, et Vivendi, géant du divertissement détenant déjà Canal +, Universal Music, ou encore Dailymotion. Après avoir réussi son OPA sur Gameloft et donc pris le contrôle de l’entreprise, c’est au tour de la société soeur, Ubisoft d’être dans le viseur de Vincent Bolloré et de son groupe.

Historique récent de la guerre financière

Depuis maintenant plus de six mois, Vivendi grappille des parts d’Ubisoft tout en expliquant ne pas désirer prendre le contrôle de l’entreprise, mais obtenir une place au conseil d’administration afin de créer  : une synergie entre les entreprises. Synergie qui ne semble pas évidente pour tout le monde, Yves Guillemot déclarant régulièrement qu’il ne voyait aucun intérêt à ce rapprochement et que les dernières expériences de Vivendi dans le jeu vidéo n’ont pas abouti à grand-chose (Vivendi a possédé Activision-Blizzard entre 2008 et 2013, ndlr). Le président d’Ubisoft déclarait en février chercher des investisseurs au Canada afin de :

Augmenter le nombre d’actionnaires canadiens chez Ubisoft afin d’avoir un meilleur contrôle du capital…nous pensons qu’il s’agit de la meilleure stratégie à adopter à l’heure actuelle. Nous espérons ainsi empêcher Vivendi d’effectuer des changements lors de la prochaine assemblée générale des actionnaires en septembre prochain.

crédits : journaldugamer.com
crédits : journaldugamer.com

Vivendi progresse malgré les efforts d’Ubisoft

Cela n’a visiblement pas empêché le groupe de Vincent Bolloré de progresser au sein du capital de l’entreprise française, puisque le groupe a annoncé avoir franchi le seuil des 20% de détention du capital tout en précisant que :  

Vivendi n’envisage pas de déposer une offre publique sur Ubisoft, ni d’en acquérir le contrôle, mais souhaite l’établissement d’une collaboration fructueuse.

Ces derniers ont effectués cette augmentation de leur participation quelques heures à peine après la conférence d’Ubisoft lors de l’E3 2016, dans laquelle l’éditeur s’est attaché à montrer par des moyens détournés l’absence de nécessité pour eux de voir Vivendi entrer au conseil d’administration. Conférence que vous pouvez d’ailleurs revoir à cette adresse.

Après le rachat de Gameloft, l’épée de Damoclès se situe donc au dessus de la tête d’Ubisoft, qui voit Vivendi passer un cap important dans le capital, et acquérir ainsi 17,7% des droits de vote. Nous n’en n’avons pas fini avec cette histoire, mais on voit mal comment Ubisoft pourrait résister à moyen terme à la force de frappe de l’entreprise de Vincent Bolloré.

 

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Futur professeur d'Histoire-Géo en région parisienne et passionné des processus de création des jeux vidéo. Également grand consommateur de sport collectifs, de jeux vidéo et de tout ce qui touche à l'Histoire et à la politique.