Depuis plus de douze ans, la série Yakuza nous amène en plein coeur de la mafia japonaise en suivant l’histoire de Kazuma Kiryu. Ce nouvel opus ne fait pas exception à la règle et nous permet, pour la première fois, de moderniser la franchise et l’amener vers un standard de qualité beaucoup plus actuel. Avec Yakuza 6 : The Song of Life, Sega tente de plaire aux fans de la série tout en essayant de séduire de nouveaux joueurs. Selon eux, il n’est pas nécessaire de connaître la série pour apprécier ce titre mais, qu’en est-il vraiment? L’équipe de Geeks and Com’ a eu la chance d’essayer cette addition à l’univers de Yakuza.

Fiche technique

  • Date de sortie : 15 mars 2018 
  • Style : Action et aventure
  • Classement ESRB / PEGI : ESRB M / PEGI 18
  • Développeur : Sega
  • Éditeur : Sega
  • Langue d’exploitation : Anglais
  • Exclusivité PlayStation 4
  • Prix lors du test : 79,99 $ CA / 44,99 €
  • Site officiel
  • Version envoyée par l’éditeur

Un scénario riche et complexe

Pour les habitués de la série Yakuza, ceux-ci ne seront pas déroutés par le type de scénario et la richesse de l’histoire présents dans Yakuza 6 : The Song of Life. En fait, le volet narratif du titre est probablement l’élément le plus important du nouveau jeu de Sega. Bien que nous commencions directement après les événements de Yakuza 5, un grand nombre de cinématiques nous permet de comprendre ce qui se passe dans l’univers de Kazuma Kiryu et où il est rendu en 2016, année où se déroule les événements du jeu.

Kiryu, maintenant un simple civil, sort d’un passage des trois ans en prison qui, selon lui, allaient permettre de blanchir son nom et de rejoindre Haruka, la seule personne qu’il considère comme de sa famille. Ensemble, ils avaient déjà fondé un orphelinat mais, selon lui, tant qu’il n’aurait pas payé ses dettes à la société, il ne pourrait pas s’occuper comme il se doit d’Haruka et de l’orphelinat. Toutefois, pendant son séjour en prison, Haruka a dû quitter le refuge pour enfants et disparu pendant un moment.

À sa sortie de prison, Kiryu tenta de retracer Haruka à Kamurocho, un district de Tokyo bien connu des amateurs de la série. Rapidement, il se rend compte que cette dernière eut un accident quasi mortel et repose dans un état critique. Bien que le temps est l’unique chose pouvant possiblement guérir la protégée de Kiryu, une surprise attend ce dernier lors de son passage à l’hôpital pour lui rendre visite. En effet, il fait la connaissance avec Haruto, le fils de Haruka, âgé de quelques mois seulement. Kiryu se lance donc dans l’investigation de l’accident de Haruka mais également dans la recherche du père d’Haruto qui, peut-être, pourrait aider à élucider le mystère autour de l’état de santé de sa mère.

Le joueur, toujours en contrôlant Kiryu, traversera différentes épreuves, combats et voyages entre Tokyo et Hiroshima. En effet, l’enquête nous amènera tant dans le district très coloré et vivant de Kamurocho, Tokyo que dans le quartier portuaire de Onomichi Jingaicho à Hiroshima. Peu importe l’endroit, notre héros aura à se frotter à des adversaires provenant de plusieurs organisations tant Yakuza que provenant d’autres mafias asiatiques telles que les Triades (Chine) et Jingweon (Corée). Les différents jeux politiques entres ces associations enrichiront grandement le scénario et l’aventure de Yakuza 6.

Un système de jeu modernisé

Contrairement aux deux derniers titres de la série Yakuza Kiwami et Yakuza 0, qui semblaient avoir été figés dans temps, Yakuza 6 : The Song of Life a été grandement modernisé sans toutefois dénaturer l’essence de la franchise. C’est, à mon avis, une excellente nouvelle. Que ce soit au niveau de la quantité de combat, qui sont toujours aussi actifs et brutaux, ou à la façon d’augmenter la puissance et les habiletés de Kiryu, Sega a pris la peine de rajeunir et simplifier ce qui étaient souvent des irritants par le passé.

En effet, comme mentionné précédemment, l’histoire est le coeur de ce nouvel opus où les dialogues et cinématiques se succèdent sans cesse. Ces derniers sont liés par des séquences d’action agréables et dynamiques qui ne sont pas répétitives. Je me souviens des dernières itérations à la série où on passait plus de temps à ce battre dans la rue que d’avancer l’histoire ce qui pouvait nous faire décrocher rapidement. Dans ce cas-ci, l’équilibre est parfait selon moi entre le scénario et les phases d’action.

Les combats sont toujours comme par le passé. C’est à dire une succession de combo et d’attaques mélangée à une jauge de puissance permettant à Kiryu d’effectuer des manoeuvres létales qui seront apprises tout au long de l’aventure. Également, il est possible d’apprendre de nouvelles habiletés en dépensant les points d’expérience acquis lors de la complétion d’objectifs divers. Encore une fois, il s’agit d’éléments existants auparavant mais qui ont été améliorés et surtout simplifiés.

Néanmoins, pour les néophytes à la série, une période d’adaptation sera à prévoir surtout dans la gestion de la nourriture/santé et dans l’utilisation d’équipement de protection. Peu de tutoriels sont présents dans le jeu outre ceux accompagnant de nouvelles fonctions ou nouveaux modes de jeu.

Une quantité de contenu imposante

La franchise Yakuza est réputée pour la quantité de contenu qu’elle propose dans chacun de ses jeux. La situation ne change pas ici avec Yakuza 6 : The Song of Life. Outre l’histoire qui, à elle seule est très volumineuse, nous pouvons ajouter un grand nombre de quêtes secondaires, de quêtes de protection ainsi qu’une multitude de mini-jeux et activités plus intéressants les uns que les autres.

Tout d’abord, les quêtes secondaires, comme par le passé, nous permettent d’accumuler une bonne quantité d’expérience supplémentaire en complétant des petites histoires indépendantes nous racontant ou nous démontrant quelques pans de la culture japonaise. Quelques peu clichées par moment mais autrement amusantes, ces quêtes, bien que moins nombreuses que par le passé, sont une bonne façon de décrocher un peu du côté sérieux de l’histoire principale.

Ensuite, les quêtes de protection sont en fait des petites missions confiées à Kiryu sur son téléphone intelligent par un réseau social de protection de quartier. Par exemple, arrêter des pickpockets ou des voleurs de pierres tombales sont le genre de mission que l’on doit effectuer. Bien que peu payantes en terme d’expérience, leur présence change elle aussi la dynamique plus sérieuse du jeu.

Finalement, comme ses prédécesseurs, Yakuza 6 contient un nombre imposant de mini-jeux de toute sorte. Par exemple, des anciens jeux d’arcade de Sega, du baseball, de la pêche ou même de la messagerie instantanée (chat) sont tous des types de divertissements accessibles dans cette addition à la franchise.

Un nouveau mode Créateur de clan

À un certain moment dans notre aventure, nous rencontrons des membres d’un groupe nommé JUSTIS qui se proclament des justiciers. Toutefois, comme dans plusieurs organisations, les bonnes volontés et valeurs de départ sont remplacées par un désir de pouvoir et de contôle. Pour combattre cette organisation comprenant un grand nombre de membres, Kiryu se voit confier la création d’un clan. Nous aurons, en tant que joueur, la responsabilité de contrôler les différents membres de notre groupe en utilisant des personnages ayant chacun des habiletés propres.

Le mode clan est en fait, un mini-jeu stratégique en temps réel où l’on doit contrôler nos troupes pour battre le groupe adverse. Avec le temps, nous gagnerons de nouvelles unités et des nouveaux capitaines qui, dans leur cas, possèdent des habiletés spéciales. Il s’agit d’une addition intéressante au jeu selon moi mais qui ne semble pas cadrer totalement avec le reste du jeu.

Toutefois, ce nouveau mode permet à Yakuza 6 : The Song Of Life à intégrer le jeu en ligne. En effet, le clan que nous bâtissons peut être confronter en ligne à d’autres clans appartenant à d’autres joueurs. Que ce soit nos amis ou des personnes aléatoires sur le PlayStation Network, le mode créateur de clan amène lui aussi la franchise vers le modernisme.

Conclusion

Honnêtement, quand on m’a demandé de faire le test de Yakuza 6 : The Song of Life, je me disais que mon expérience allait être sensiblement la même que les deux derniers titres  de la série parus sur PlayStation 4. Toutefois, je me suis grandement trompé dans mes présomptions et j’ai franchement apprécié ce nouveau membre à la famille des jeux de Yakuza.

Ce qui m’a le plus frappé est la façon dont Sega a réussi à rajeunir le style de jeu sans toutefois complètement modifier l’essence de la série. De plus, pour la première fois, j’avais vraiment l’impression que ce Yakuza avait été développé pour la PS4 et non pas pour les générations précédentes de consoles. Le jeu est très joli graphiquement et sa prise en main est facile et rapide. Les contrôles ont été grandement améliorés également et tous ces éléments font de Yakuza un excellent titre. Surtout que son scénario est étoffé et rempli de rebondissements sans être trop cliché ou exagéré. Nous nous attachons rapidement aux personnages et même si, au début, la relation que nous avons avec le bébé Haruka est inhabituelle dans les jeux vidéos, elle apporte une dimension que je n’ai personnellement jamais expérimenté auparavant.

Bien que Yakuza 6 : The Song of Life peut être apprécié par la plupart des joueurs, je crois que les fans de la série ou du moins les joueurs ayant déjà expérimenté la série, auront un peu plus de plaisir que les néophytes. D’autant plus que Sega a placé volontairement des éléments nostalgiques un peu partout dans Kamurocho. Bien que ceux-ci sont complètement facultatifs, ils sont quand même très appréciés par les habitués de la franchise. Ceci dit, vous devriez franchement essayer ce titre qui est un superbe exemple d’équilibre entre le scénario, l’esthétisme et les mécaniques de jeu.

NOTES
Note d'enthousiasme
9
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Gamer depuis le moment où il a lancé ses premiers œufs sur Birdo dans Mario bros 2, François partage ses moments libres entre sa PS4, sa guitare et un terrain de soccer.Ses journées normales tournent autour des technologies de l'information où sa profession de géomaticien lui permet d'être geek même dans son milieu de travail.