Elite Dangerous - Couverture

Si vous suivez Geeks and Com’ régulièrement, alors vous savez probablement que l’exploration spatiale, c’est un peu mon grand fantasme (ça et les exosquelettes). Livres, films, musique (si si), je dévore tout ce que je peux qui a un rapport de près ou de loin avec le sujet. Et ça marche aussi pour les jeux vidéo : Autant vous dire que depuis le dévoilement de No Man’s Sky aux VGX en 2013, je ne tiens plus en place. Pourtant, ce n’est pas de No Man’s Sky  dont je vais vous parler, mais d’un jeu que j’ai découvert très tardivement, j’ai nommé Elite: Dangerous.

Sorti cette semaine, Elite: Dangerous, développé par le studio Frontier Developments, est le fruit d’une campagne Kickstarter initiée fin 2012 sur la base d’un beau rêve : Faire revivre la licence Elite fondée en 1984 par David Braben (également fondateur de Frontier Developments) et Ian Bell. L’idée complètement folle à l’époque était de créer un simulateur de pilotage spatial sur micro-ordinateur (BBC Acorn). Seulement, après un deuxième épisode (Elite 2 Frontier) en 1993 sur ATARI ST, puis de First Encounter en 1995, la licence tombe en désuétude. David Braben n’abandonne cependant pas l’idée d’un 4ème Elite. Le succès de la campagne Kickstarter (1,250 millions de £ demandées, 1,5 million reçus) a permis le lancement de ce rêve. Et nous voici aujourd’hui avec Elite: Dangerous, auquel je suis en train de passer mes soirées.

Le jeu étant plutôt riche et demandant beaucoup d’investissement, voici dans un premier temps mes premières impressions après une grosse dizaine d’heures de jeu. Un test plus complet suivra quand j’estimerai avoir suffisamment écumé la galaxie.

Un jeu qui demande beaucoup d’investissement, mais jouissif une fois maîtrisé

Il faut d’abord bien comprendre qu’Elite: Dangerous est un simulateur, et que donc il demande de nombreuses heures pour apprendre à diriger correctement son vaisseau. J’ai donc passé 3 bonnes heures à regarder des tutoriels (réalisé par Frontier Developments) et à m’exercer en situation pour bien savoir comment manoeuvrer, faire une demande d’ancrage à une station, me garer proprement à mon emplacement ou voyager en vitesse supraluminique.  C’est une chose qu’il faut bien prendre en compte quand on décide de jouer à Elite: Dangerous : le jeu va vous demander de l’investissement, de la ténacité et de la patience. Ici pas de dogfights épiques dès le début du jeu. Savoir entrer dans une station et s’ancrer sans ruiner son vaisseau est un petit exploit en soit.

La phase d’apprentissage est donc très longue (comparée aux jeux auxquels j’ai l’habitude de jouer), mais immensément gratifiante quand on commence à bien maîtriser l’engin. Contrôler sa vitesse d’approche, maîtriser le ratio puissance de feu / puissance moteur / résistances des boucliers, ou lancer son hyperdrive pour passer dans un autre système sont proprement grisants les premières fois. Je vous conseille d’ailleurs vivement d’investir dans un bon joystick pour y jouer, les sensations n’en sont que décuplées.

C’est un fois cette phase d’apprentissage, qui peut sembler fastidieuse, mais qui en faut vraiment la peine, que le vrai jeu commence.

Vous commencerez avec un vaisseau simple. Vous pourrez ensuite l'améliorer, ou en acheter un nouveau
Vous commencerez avec un vaisseau simple. Vous pourrez ensuite l’améliorer, ou en acheter un nouveau

Un bac à sable de l’espace

Elite: Dangerous, c’est le bac à sable ultime de l’espace, ce qui comporte des avantages et des inconvénients.

C’est tout d’abord un jeu dont vous êtes le héros. Ce qui veut dire que vous décidez ce que vous voulez faire. La liberté est totale. Vous choisissez ce que vous voulez être : Marchand, mercenaire, pirate, chasseur de prime, mineur, assassin, etc. Chaque système a ses particularités et est parfois habité. Vous pouvez donc vous ancrer à la station spatiale la plus proche, choisir vos missions, faire le plein, ou améliorer votre vaisseau. Je n’ai pas encore trop modifié mon équipement de base (trop peu d’argent dans le compte en banque), mais on peut visiblement se faire plaisir en bardant d’armement le vaisseau, améliorant ses moteurs ou ses boucliers. Les options sont nombreuses et visiblement assez variées. L’avenir me dira si c’est réellement utile une fois installé.

Chaque station dispose également d’un marché où vous pouvez (depuis votre vaisseau, via un simple écran) acheter ou vendre votre cargaison pour faire un petit bénéfice au passage. L’économie du jeu semble évoluer en temps réel et les besoins en ressources diffèrent suivant le système dans lequel vous vous trouver. Acheter du minerai dans une colonie minière pour le vendre dans un système plus agricole et éloigné peut s’avérer très lucratif par exemple.

Le jeu ne semble pas disposer d’un mode histoire classique, mais plutôt d’évènements (gérés par les développeurs) qui secouent la politique galactique et les relations entre les 3 grandes factions (l’Empire, la Fédération et l’Alliance Indépendante). On peut suivre ses évènements via les reportages que l’on peut voir dans les différentes stations spatiales. Par exemple, pendant ma première d’exploration, des difficultés de succession ont secoué l’Empire, ce qui devrait à terme provoquer des conflits dans certaines zones de la galaxie. Une plante issue d’un système lointain a également été déclarée comme Narcotique par la Fédération et a donc été interdite. Il est donc plus que probable que son prix explose sur le marché noir et qu’elle devienne une bonne opportunité commerciale pour le joueur. 

Ce qui m’amène à parler de l’ambivalence de mon ressenti sur ce jeu. Si la liberté est complète, elle peut aussi désorienter. J’adore me dire que l’Univers ne m’attend pas pour avancer, que les évènements politiques vont avoir lieu, quelle que soit mon action. Mais d’un autre côté, on se sent un peu perdu. Le jeu peut manquer d’indication quand on est pas préparé. J’ai par exemple eu pour mission de tuer un chef rebelle. Simple à première vue. Sauf que le seul indice sur sa localisation comprenait 4 systèmes différents. Je les ai donc explorés inlassablement pendant toute une soirée avant de tomber sur un vaisseau civil (surtout, arrêtez-vous aux points “signal non identifié” !) qui m’annonce que le rebelle a été localisé à 3 sauts d’ici. Au cours de ces 3 heures de poursuite, rien ne m’indiquait ou je devais aller et je suis tombé sur ce vaisseau civil par hasard au moment ou j’allais abandonner.

Parlons également du temps. Elite n’est simplement un jeu qui demande du temps à se maîtriser, il en demande aussi énormément pour jouer. On peut passer sa soirée à transporter une cargaison à plusieurs systèmes de leur point d’origine, ou à enquêter sur tel ou tel pirate qu’on doit abattre. Ici pas de petite partie de 15-20 min, il faut compter sur 1 à 2 heures pour jouer calmement. Les dogfights, intéressants et grisants au début, mais vite lassants, peut durer jusqu’à 30-40 min à vous tourner autour.

Elite Dangerous - Ancrage 

Elite Dangerous : un beau jeu sur le voyage spatial

S’il y a bien une chose qui est irréprochable à Elite: Dangerous, c’est la passion pour le voyage spatial que Frontier Developments a su lui insuffler. Rendez-vous compte, la galaxie modélisée est proprement énorme et fonctionne de manière procédurale pour afficher près de 400 milliards de systèmes stellaires. Le chiffre est ridicule tant aucun joueur ne parviendra à tout visiter, mais il a le mérite de faire rêver. Les amoureux de l’espace apprécieront également la fidélité scientifique du jeu puisque de nombreux systèmes ont été développés selon des données scientifiques réelles de la NASA.

L’espace d’Elite: Dangerous n’est pas seulement gigantesque, il est aussi beau. Le jeu semble tourner convenablement sur une configuration raisonnable (un iMac 2013 avec partition Windows me concernant), même si j’ai noté 3 crashs pendant ces premières heures de jeu, ainsi qu’une difficulté à afficher de manière fluide les sauts interstellaires. Au-delà de ces détails techniques, les stations spatiales sont superbes (même si elles se ressemblent toutes), de même que les planètes qu’on peut approcher. Le clou du spectacle reste la décélération du vaisseau pendant un saut alors qu’on approche trop près d’une étoile. La vue sur la boule de feu rougeoyante et les éruptions solaires vaut largement le coup d’oeil. 

Conclusion : la peur de l’ennui

Qu’est-ce que je retiens de ces premières heures sur Elite: Dangerous ? D’abord que je suis face à un jeu réalisé par de vrais amoureux de l’espace et de l’exploration, ce qui me donne toute confiance dans le futur suivi du jeu par Frontier Developments. Je retiens également et surtout qu’Elite est un simulateur spatial, et que donc il demande énormément de temps au joueur, temps que tout le monde n’a pas. Les sensations sont là, de même que l’émerveillement devant une nouvelle étoile, mais je crains que le contenu soit un peu trop axé vers la simulation marchande. Les dogfights ne sont pas aussi aboutis qu’ils auraient pu l’être, et une fois l’ancrage ou le voyage interstellaire maîtrisé, on se retrouver un peu tout le temps à faire la même chose : Prendre une cargaison, faire le voyage, la déposer dans une station, gagner de l’argent, prendre une cargaison, etc.

J’ai hâte de pouvoir continuer à jouer, pour voir comment Frontier Developments va améliorer son jeu (des mises à jour régulières sont prévues), et découvrir de nouveaux systèmes, mais j’ai peur de m’ennuyer, malgré l’immensité du terrain de jeu, à cause d’actions trop redondantes. Et croyez-moi j’espère ne pas en arriver là.

En attendant mon test complet d’Elite : Dangerous, je vous laisse, je crois que je vais percuter une naine blanche.

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Communicant parisien élevé aux Sciences Politiques, je suis avant tout un passionné de jeux vidéo, mais également  un dévoreur de films, de séries, de littérature Science-Fiction, et de culture web. Accessoirement, je suis aussi un transhumaniste à tendance sociopathe, amoureux d'aliens bleues et de sorcières rousses, et fasciné par la simple idée de voir un jour l'humanité coloniser l'espace...