Racheté depuis quelques semaines par Google, Typhoon Studios nous arrive avec son tout premier jeu : Journey to the Savage Planet. Présenté une première fois à The Game Awards 2018, on en savait relativement peu sur le jeu développé à Montréal. Cependant, la responsable de Stadia, Jade Raymond a rapidement identifié le potentiel du studio formé de vétérans de l’industrie. Elle ne s’est d’ailleurs pas gênée pour qualifier l’équipe d’AAA. Bref, nous étions bien curieux de voir les premiers résultats de ce qui a suscité autant d’attention.

Fiche technique

  • Date de sortie : 28 janvier 2020
  • Style : Jeu d’aventure à la première personne
  • Classement ESRB/PEGI ESRB T / PEGI 12
  • Développeur : Typhoon Studios
  • Éditeur : 505 Games
  • Langue d’exploitation : Disponible en français
  • Disponible sur : Xbox One, PS4 et PC (Epic Store)
  • Testé sur : Xbox One X
  • Prix lors du test : 39,99 $ CA / 29,99 €
  • Site officiel
  • Version offerte par l’éditeur

Bienvenue sur AR-Y 26

Journey to the Savage Planet nous plonge dans la peau d’un employé de Kindred Aerospace, la 4e meilleure société d’exploration spatiale. Celui-ci est envoyé sur AR-Y 26, car il fait partie du Projet Pionnier qui consiste à envoyer des gens sur des planètes lointaines afin de trouver un nouvel endroit habitable pour l’humanité.

Malheureusement, Kindred et son drôle de responsable, Martin Tweed, ne nous ont pas particulièrement bien préparés. La nature de l’expédition et probablement son coût élevé font en sorte qu’on débarque sur AR-Y 26 avec peu d’équipement. Et, bien sûr, la faune et la flore ne sont pas particulièrement ouvertes à notre présence. Ce sera tout un défi de tout explorer et scanner avec les nombreuses menaces qui nous attendent. Est-ce que les secrets qui s’y renferment en valent vraiment la peine ?

Journey to the Savage Planet Martin Tweed

Or, à force de progresser dans l’aventure, Kindred nous enverra quelques communications supplémentaires directement de la Terre. Entre de nouvelles missions, des communications de Tweed, des publicités complètement loufoques et quelques détails de ce qui se passe à la maison, la trame narrative progressera à un bon niveau. C’est grâce à ça que le jeu réussit initialement à nous garder en haleine et nous faire mieux comprendre tout le contexte de l’histoire.

D’ailleurs, le jeu mise beaucoup sur l’humour et me faisait beaucoup penser à Borderlands. D’abord, l’intelligence artificielle qui nous accompagne a toujours une réplique bien placée et s’amuse à nous ridiculiser à chaque faux pas. Puis, il y a les annonces qui proviennent de la Terre dans lesquelles les développeurs nous ont sorti toutes sortes de produits absurdes du futur. Bref, Journey to the Savage Planet ne se prend pas trop au sérieux et c’est parfait ainsi.

Une recette qui tient

Ensuite, expliquons un peu en quoi consiste la jouabilité. Il s’agit d’un jeu de tir à la première personne qui mélange aussi des éléments de plateforme. En ce sens, je vous disais que le jeu me rappelle Borderlands par son humour et son exploration d’une planète extraterrestre, mais je vois aussi plusieurs ressemblances avec Metroid Prime.

Encore une fois, l’exploration de la flore intergalactique y est pour quelque chose, mais ce n’est pas tout. Commençons avec le scanneur qui était justement un élément clé de la série mettant en vedette Samus. Celui-ci est utilisé de la même manière dans Journey to the Savage Planet puisqu’il permet d’analyser en détail AR-Y 26. C’est grâce au scanneur qu’on apprend plus d’informations sur ce qui nous entoure et qu’on peut mieux identifier les menaces.

Journey to the Savage Planet Plateforme

Mais au-delà du radar, le titre renferme plusieurs autres éléments typiques d’un Metroidvania. Comme dans tout bon jeu du genre, il faut débloquer de nouvelles habilités pour progresser. Ça se fait via a une multitude de ressources à accumuler pour développer encore plus notre personnage via l’imprimante 3D. Au départ, on obtient assez rapidement le double saut qui nous permet d’atteindre des plateformes plus éloignées. Puis, s’en suit d’autres gadgets comme le grappin qui lui-même peut être amélioré.

Outre ces habilités, notre personnage peut aussi tenir différents objets dans sa main droite qui aide aussi à notre progression. D’abord, on a une sorte de vaporisateur qui attire les ennemis. Par la suite, on découvre une panoplie d’items extra-terrestres comme des grenades ou des boules d’acide qui nous aide aussi à avancer. Non seulement ils nous permettent de débloquer certains chemins, mais quelques ennemis sont résistants à notre fusil et requièrent ceux-ci. Bref, les parallèles sont faciles à faire avec les deux jeux.

Un voyage immersif

Par la suite, j’ajouterais que Journey to the Savage Planet a assurément les allures d’un jeu à gros budget. La résolution est excellente, l’image est stable et il y a amplement de détails dans chaque environnement.

Ce que j’ai bien aimé, c’est à quel point il réussit à nous faire croire qu’on est sur une toute nouvelle planète. AR-Y 26 nous propose des environnements ultras colorés, mais avec des couleurs que nous ne sommes pas habitués de voir dans la nature sur Terre. Les teintes d’orange, de bleu et de mauve sont assez omniprésentes au lieu du vert et du brun qu’on voit ici.

En plus, les développeurs se sont servis de celle-ci pour insérer plusieurs éléments de jeu de plateforme où il faut être agile et précis. C’est aussi un autre élément qui nous donne constamment l’impression d’être dans une jungle sauvage. Entre des têtes champignons sur lesquels on peut sauter pour atteindre les hauteurs et des lianes qu’on peut gripper, le titre offre un vrai festin pour les amateurs du genre. Bref, ça fait place à une végétation très inhabituelle et particulièrement originale.

Journey to the Savage Planet Bird

Tout comme les créatures qui nous attendent. Leur design est excellent et témoigne de la qualité de l’équipe artistique. Si les premiers petits oiseaux qu’on rencontre sont plutôt mignons et inoffensifs, ceux qui suivent le sont beaucoup moins. Même que, par moment, certaines créatures se sont avérées assez coriaces dont quelques boss qui m’ont donné du fil à retordre. Il faut savoir esquiver et utiliser tout notre arsenal pour sortir gagnant. Sinon, le jeu peut s’avérer assez punitif, car il est important de retrouver notre corps après chaque mort pour récupérer les matériaux accumulés.

Enfin, même du côté des effets sonores, l’équipe s’est surpassée. En tout temps, il y a des bruits étranges et inhabituels peu rassurants qu’on entend au loin et qui font en sorte qu’on ne se sent jamais en sécurité. D’ailleurs, les créatures émettent aussi des sons particuliers, dont une dont le cri strident me faisait toujours bien rire.

Une belle surprise

Pour conclure, j’avais essayé de voir Journey to the Savage Planet à l’E3, mais mon horaire chargé m’en avait empêché. La bonne nouvelle, c’est que comme je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, la surprise a été totale. Il s’agit d’un excellent jeu d’aventure qui profite d’un bon mélange d’humour et de mystère. Or, il ramène au goût du jour un genre qui a pratiquement disparu ce qui lui permet de se démarquer.

On aurait bien voulu y jouer en coop puisque le jeu peut se faire complètement à deux, mais ce ne fut pas possible. On doute bien que se sera encore plus drôle à deux, mais le 2e joueur n’aura pas le privilège de garder sa progression ni ses matériaux. Néanmoins, pour moi c’est une première surprise en 2020 et j’ai hâte de voir ce que ce talentueux studio nos réservera dans le futur.

NOTES
Note d'enthousiasme
8.5
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Anthony est comme Batman puisqu'il mène une double vie. De jour, c'est un simple banquier, mais le soir et les fins de semaine il se transforme en rédacteur de la section jeux vidéo sur Geeks & Com' où il partage sa passion. On peut dire qu'il aime presque tous les styles, mais il a quand même un petit faible supplémentaire pour les jeux narratifs et les JRPG !