Ajouter de la compétition est rarement une mauvaise chose et c’est particulièrement vrai dans le domaine des jeux vidéo. Plus il y a de ressources investies dans l’industrie, plus le talent va se faire de la place et les jeux devraient en sortir meilleurs. Alors, quand un joueur majeur comme Google débarque dans la place, il faut écouter. Le géant américain est donc arrivé il y a quelques mois avec sa plateforme numérique et fait son chemin depuis. Il y a quelques semaines, la compagnie annonçait d’ailleurs que le prix d’entrée était désormais enlevé et que deux mois gratuits de Stadia Pro seraient inclus. Depuis deux mois, on met le service à l’essai et voilà qu’on vous propose nos impressions complètes.

Stadia Pro : ça vient avec quoi ?

Premièrement, commençons en expliquant comment ça fonctionne. Stadia est une plateforme de diffusion en continu (streaming) qui fonctionne via un abonnement. Ainsi, au lieu de payer un prix fixe comme 399 $ sur une Xbox, vous payez plutôt un 11,99 $ par mois pour accéder à la plateforme en version Pro. La version de base est gratuite pour tous ceux qui ont une adresse courriel Gmail.

Alors, ce 11,99 $ comprend une liste de jeux gratuits de base choisie par Google. Au moment d’écrire ces lignes, on y retrouve une douzaine de jeux, dont Gylt (jeu exclusif), Destiny 2, Grid, Steamworld Quest et Metro Exodus. Tous les autres jeux sont disponibles pour un coût tout comme c’est le cas pour les autres plateformes. D’ailleurs, actuellement on y retrouve plus d’une quarantaine de jeux dont plusieurs AAA comme Red Dead Redemption 2, DOOM Eternal, The Division 2 et j’en passe. Qui plus est, Google a sécurisé des ententes avec plusieurs studios majeurs dont Electronic Arts qui amèneront leurs titres sur la plateforme.

Stadia Multijoueur

Puis, l’abonnement comprend aussi l’accès au multijoueur en ligne pour les titres compatibles. C’est important de le préciser parce qu’autant la PS4 que la Xbox One et la Switch requièrent un abonnement mensuel ou annuel pour jouer en ligne. Le prix mensuel de Stadia absorbe donc partiellement ce prix.

En dernier lieu, Stadia Pro arrive avec des avantages techniques. Si vous avez le matériel requis et que le jeu est compatible, l’image peut faire du 4K en HDR. En plus, ceux qui ont un système audio ambiophonique 5.1 pourront en profiter pleinement et maximiser leur expérience de gaming. Bref, sur papier, c’est difficile à battre même face à la Xbox One X, mais regardons tout ça de plus près.

Un kit complet abordable

Pour lancer tout ça et maximiser les possibilités de Stadia Pro, mieux vaut commencer avec l’ensemble Stadia Premium Edition. Celui-ci comprend 3 mois de Stadia Pro, un Chromecast 4K et évidemment la manette Google Stadia. Au coût de 169 $, on peut dire que l’ensemble en vaut la peine. Un Chromecast 4K se vend généralement 90 $ alors qu’une manette de jeu vidéo tourne autour de 80 $. Juste avec ceux deux éléments, on rentre dans notre argent. Alors, avec 3 mois de Stadia Pro à 11,99 $ par mois on a assurément une bonne valeur pour le prix.

Stadia Premiere Edition Ensemble

Or, le plus impressionnant, par le fait que ça prend si peu de matériel pour avoir une expérience aussi complète. Bien sûr, ça prend aussi un écran que ce soit une télévision ou un écran d’ordinateur de qualité ainsi qu’une connexion internet assez rapide. En ce sens, Google recommande un minimum de 35 Mb/s pour le 4K et 10 Mb/s pour 720 p. Pour ma part, j’ai joué principalement sur mon internet Bell Fibe à 500 ms/s et le résultat était super stable.

Des avantages difficiles à ignorer

Ensuite, récemment avec le confinement, comme tout le monde je passe un peu plus de temps à la maison. Alors, je change assez souvent d’une console à l’autre et d’un jeu à l’autre. Malheureusement, j’ai quelques frustrations autant sur ma PS4 que sur ma Xbox One avec les nombreuses mises à jour et la gestion constante du disque dur. Les jeux sont de plus en plus volumineux et sont constamment mis à jour. Je pense, par exemple, à Call of Duty Modern Warfare avec Warzone qui approche les 200 GB à lui seul. Mais bref, tout ça pour dire que l’instantanéité des jeux vidéo est pratiquement disparue.

Or, ça m’a frappé quand j’ai voulu lancer DOOM Eternal pour mon test le mois dernier. D’un côté, j’avais la version Xbox One qui me demandait de télécharger 42gb de données et de l’autre la version Stadia. Vous l’aurez compris, la version Stadia ne requiert aucun téléchargement. Il suffit d’ouvrir le jeu et le tour est joué. Ainsi, peu importe votre vitesse de téléchargement ou la vitesse de votre disque dur, rien ne pourra battre le chargement instantané de Stadia. C’est d’ailleurs grandement satisfaisant de ne pas avoir à attendre et que les mises à jour soient automatiquement appliquées. Et, encore plus génial, de ne pas être limité par la grosseur de mon disque dur.

L’autre facteur incontournable c’est que la plateforme est accessible sur n’importe quel écran. Que ce soit votre tablette, votre laptop, votre téléphone ou votre télévision, tout peut soudainement se transformer en console. D’ailleurs, il n’y a pas si longtemps, j’ai passé un weekend au chalet familial. Eh bien, sans avoir à transporter autre chose qu’une manette, j’avais accès à du gaming d’excellente qualité sur notre télévision avec Chromecast. Bref, ce sont de gros points en faveur de Stadia.

Une expérience stable autant en solo qu’en multijoueur

Du côté de l’expérience globale, je dois dire que j’ai été assez impressionné. Que ce soit à la maison et à distance, j’ai eu très rarement des problèmes de ralentissement d’image ou de crashes. En fait sur une soixantaine d’heures entre Red Dead Redemption 2, Gylt, DOOM Eternal, The Division 2, Destiny 2 et Assassin’s Creed Odyssey, j’ai eu peut-être 5 ou 6 crashes. Bon, c’est plus qu’avec mes autres consoles, mais c’est je trouve ça raisonnable surtout qu’une bonne partie s’est fait en ligne.

Le seul petit souci que j’ai eu, c’est souvent de trouver des gens avec qui jouer. La plateforme est encore peu connue et malheureusement, il n’y a aucun cross-plateforme même entre PC et Stadia. C’est difficile à comprendre, mais bon pour le moment c’est une des limitations.

Ce qui m’amène à parler d’un autre avantage majeur de Stadia : c’est impossible de tricher. Effectivement, comme on ne télécharge pas le jeu sur un appareil et que tout est contrôlé à partir du nuage de Google, rien ne peut être modifié. Vous ne trouvez donc pas de gens qui ont téléchargé un programme pour mieux viser ni de joueurs ayant modifié les données du jeu. Bref, comme tout est sur le contrôle du géant américain, tout le monde a la même chance. Pour tous les gamers qui ont joué de manière compétitive dans les dernières années, je pense qu’on peut tous voir ça d’un bon œil.

Un premier verdict pour Stadia

Pour conclure, je n’ai pas le choix de souligner l’énorme effort que Google a fait avec Stadia. La qualité de l’image est vraiment impeccable et l’ensemble de mon expérience a été très positive. Même la manette est à la fois confortable et légère en plus d’avoir une bonne ergonomie au niveau des boutons. Je pense que le seul petit élément qui m’accroche, c’est le fait que la manette ne se connecte pas via Bluetooth à mon Pixel 4. Il faut absolument avoir un câble ce qui est un peu dommage. Bref, vivement cette plateforme qui s’avère très accessible et qui vient amener des nouveaux dollars, ceux de Google, dans l’industrie des jeux vidéo. On a bien hâte de voir la suite !

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Anthony est comme Batman puisqu'il mène une double vie. De jour, c'est un simple banquier, mais le soir et les fins de semaine il se transforme en rédacteur de la section jeux vidéo sur Geeks & Com' où il partage sa passion. On peut dire qu'il aime presque tous les styles, mais il a quand même un petit faible supplémentaire pour les jeux narratifs et les JRPG !