Les romans-visuels sont une expérience très niche en général. Un excellent roman visuel, Paradise Killer, testé par mon collègue Vincent Roy avait amené un intéressant aspect de recherche et exploration dans un environnement ouvert en plus des conversations et intrigue typique du roman visuel. Werewolf: The Apocalypse – Heart of the Forest est plutôt typique dans son approche au roman visuel, mais s’attaque à une niche de plus; le jeu de rôle sur table.

Si comme moi vous adorez les jeux de rôles comme D&D, Warhammer, Shadowrun… vous avez probablement déjà entendu de l’univers de “World of Darkness”. C’est dans cet univers que se déroule cette histoire, et vous l’aurez deviné, dans la partie “loup garou” du monde des ténèbres.

Fiche technique de Werewolf:The Apocalypse – The heart of the Forest

  • Date de sortie : 13 octobre 2020
  • Style : Aventure, Indépendant, RPG
  • Classement ESRB / PEGI : ESRB M+ / PEGI 16
  • Développeur :  Different Tales
  • Éditeur : Walkabout, Different Tales
  • Langue d’exploitation : Anglais
  • Disponible sur PC
  • Testé sur PC
  • Prix lors du test : 17,49$ CAD / 14,99 €
  • Site officiel
  • Version envoyée par l’éditeur

Le Monde des ténèbres

Avec un nom comme “Apocalypse”, un joueur pourrait s’attendre à une aventure épique en tant que loup-garou. Ce n’est cependant pas le cas du tout. Du moins, pas de la manière traditionnelle.

Le “monde des ténèbres” qui regroupe les univers des Loups Garous, des Vampires, des Magiciens, des Chasseurs et bien d’autres encore adresse plusieurs aspects de notre monde réel par la fantaisie. Vampire adresse la course de pouvoir et les jeux politiques, avec l’intrigue digne des meilleurs thrillers. “Mage” suit les aventures d’humains qui se sont éveillés à la magie et qui se rendent compte qu’ils peuvent plier la réalité contre un coût. Mais là où il y a puissance, il y a aussi danger; de nombreuses loges de magiciens veillent à ce que l’équilibre soit préservé.

Les Chasseurs sont de pauvres bougres qui un jour en allant faire leur épicerie réalisent que le sans-abri sur le banc est en fait un zombie. Ces chasseurs n’ont pas la chance d’avoirs d’ordres établis qui les accompagnent et sont propulsés dans le “vrai monde” seuls.

Les Loups Garous sont quant à eux les gardiens de “Gaia”, déesse de la Terre. Ils luttent pour préserver l’équilibre naturel alors que les hommes détruisent tout pour le profit de leur économie. Plus la destruction est grande, plus la menace du “Wyrm” grandit et plus l’apocalypse menace de venir et tout détruire. Nous pourrions croire que les mages et les loups-garous sont alignés dans leurs causes. Ce serait malheureusement trop optimiste. Les Mages les considèrent comme des bêtes sans raison et beaucoup trop guidées par leurs émotions. Les Garous voient les Mages comme d’autres humains, si avares de puissance qu’ils puisent dans la magie en plus de la technologie.

Werewolf:The Apocalypse – The heart of the Forest

L’histoire de « Heart of the Forest » est à bien plus petite échelle. Nous incarnons Maia, une jeune femme curieuse qui n’est pas du tout au courant de son réel destin. Elle reçoit des visions – des rêves étranges – qui la pousse à se rendre en Pologne pour en apprendre sur ses origines familiales. Poussée par son désir d’élucider ses rêves elle se mets les pieds dans quelque chose de plus grand qu’elle.

Accompagnée d’Anya, elle arrive dans son petit village natal et entre rapidement en contact avec de nombreuses personnes qui deviendront ses alliés. Ou ses ennemis. L’histoire de ce roman visuel est très dynamique, dans le sens où elle se déroule totalement sous le contrôle de nos options de dialogue. Selon notre score de « rage », il est possible que nos réactions soient tempétueuses ou à l’inverse bien soumises. Gérer notre colère intérieure devra être un facteur à prendre en considération! Ou pas; c’est Loup-Garou, pas « La petite maison dans la prairie ».

Un attribut bien plus important sera votre volonté. Le « Willpower » est une ressource qui se consomme beaucoup plus rapidement qu’elle ne s’accumule. Et parfois, sans la volonté de pousser plus loin, Maia abandonnera la tâche en cours. Certaines options de dialogue ne seront pas accessibles sans volonté.

Bien que l’histoire peut s’écrire de manière bien différente à chaque fois, le jeu possède cinq fins officielles. Les grands amateurs pourront donc s’en mettre plus sous la dent si leur première aventure ne s’est pas déroulée comme prévu. Ma propre fin s’est terminée dans un échec. J’ai été tellement satisfait par mes choix, et de l’histoire qui s’en est découlées que j’ai en fait senti une victoire scénaristique. J’aurais peine à en refaire une autre et briser l’histoire, maintenant devenue bien « canon » dans ma tête, de Maia et la Polska.

Ambiance musicale et visuelle

En tant que roman visuel, ne vous attendez pas à d’animations bien prenantes. Au mieux, vous verrez de nouveaux personnages apparaitre à votre écran dans leurs dessins inanimés. Si cela peut déplaire à certains, cela ne m’a pas particulièrement dérangé. Cependant, un manque de clarté occasionnel rendait difficile l’identification de la personne affichée. Pendant bien longtemps j’ai interchangé Maia et Anya, sans compter tous les autres personnages secondaires.

L’imagerie choisie est précise et troublante par moments, lorsque des événements surnaturels se produisent. Cela ajoute un je ne sais quoi à l’expérience, sans avoir cependant une qualité artistique impressionnante. Le principal de l’effort de création s’est définitivement dirigé vers le scénario.

L’ambiance musicale est selon moi excellente pour le médium. Sans avoir de musique à proprement parlé, Werewolf:The Apocalypse – The heart of the Forest nous propose plutôt des effets sonores de la machinerie, des oiseaux ou encore de simples trames sonores bien discrètes. Tellement discrètes qu’on ne se rend pratiquement pas compte de leurs présences. Elles sont là cependant, et m’influencent subtilement afin de me faire vivre les émotions appropriées. Le maître de jeu de rôle que je suis approuve avec passion les choix musicaux. Le jeu amène une expérience auditive qui relève le contenu, sans y voler la vedette. C’est subtil, mais si vous êtes des joueurs de jeux de rôle comme moi vous saurez l’apprécier. Et qui sait, peut-être même vous en inspirez!

Verdict

Les romans visuels sont une expérience très niche. Rarement bien long, Werewolf:The Apocalypse – The heart of the Forest ne fait pas exception. Cela m’a pris environ 4 heures pour vivre mon aventure. Évidemment, il est possible de doubler ce temps de jeu si vous êtes curieux et désirez voir toutes les fins disponibles.

Bien que l’expérience fut courte, elle était bien rythmée. Nous progressons constamment, sans avoir le sentiment de tourner en rond inutilement. Et si vous êtes des amateurs de l’univers de World of Darkness je vous invite à y jeter un coup d’oeil. Que vous soyez familier ou pas avec la branche « Werewolf » de l’univers, c’est une aventure fantastique. Elle représente à la perfection ce que devrait être une « session zéro » d’un groupe de joueurs du jeu de rôle en question.

Plus encore, le jeu m’a donné envie de me procurer les bouquins et de lancer une partie. Et pourquoi pas; me servir de ce roman visuel comme source d’inspiration pour le scénario d’introduction!

NOTES
Note de l'enthousiaste
8,5
PARTAGER
Un streameur de jeux de variété, des indies au AAA. Adeptes de jeux de rôles comme D&D, je roule la campagne Donjons et Larrons sur Twitch. Passionné des nouvelles technologies, je suis impressionné et investi dans la nouvelle plateforme de Google Stadia