Sunset Overdrive - Xbox One 1

Sunset Overdrive, développé par Insomniac Games, a surpris beaucoup de monde lors de sa présentation durant la conférence Xbox One au E3 2014. Sur le papier, il présente un univers pas mal décalé et propose de nombreuses bonnes idées. On attendait donc de le prendre en main et voir si, manette en main, Sunset Overdrive était aussi fun que ce qu’il laissait penser et, surtout, comment il s’en sortait dans le temps. Voici notre critique du jeu après quelques jours de test.

Fiche technique

  • Date de sortie : 28/10/2014 (Amérique du Nord) – 31/10/2014 (Europe)
  • Style : Jeu d’action à la troisième personne
  • Classement ESRB / PEGI : M / PEGI 16+
  • Développeur : Insomniac Games
  • Editeur : Microsoft Game Studios
  • Langue d’exploitation : anglais ou français
  • Evalué sur Xbox One
  • Prix lors du test : 70 € (53€ – Amazon France) / 64$ (Amazon Canada)

Les premières impressions : du plaisir instantané

Le principe de base de Sunset Overdrive est simple et diaboliquement efficace. Le jeu se déroule dans Sunset City, une ville immense et dynamique qui dégage une réelle sensation de densité et de verticalité. Tout élément de la ville est un moyen d’interaction pour le joueur, que ce soit à travers du grind, des rebonds extraordinaires et des structures à escalader.

Marcher à pied représente un défaut dans le jeu et affronter les ennemis sans ces mouvements intensifs vous pénalisera plus qu’autre chose. Les combos que vous générerez vous transporteront dans ces jeux très speed de la fin des années 1990 que sont Jet Set Radio ou Tony Hawk Pro Skater. Non seulement la maniabilité même des combats vous poussera à utiliser ces possibilités, mais plus vous les exploiterez, plus votre barre de style augmentera. Votre progression dans le jeu (évolution dans l’histoire ou récolte d’objets spéciaux dans la ville) vous permettra de débloquer plusieurs niveaux de style et vous serez par exemple capable de grinder des câbles tout en les enflammant.

Sunset Overdrive - Xbox One 2

Une campagne solo trop longue et lassante 

D’après le paragraphe précédent et connaissant l’expertise d’Insomniac Games dans l’élaboration d’armes loufoques, je m’attendais à un très bon jeu d’action. En réalité, plusieurs défauts, qui n’apparaissent qu’après un certain moment, viennent gâcher l’expérience de jeu.

Tout d’abord, bien que la campagne solo ne dure qu’environ neuf heures, elle donne l’impression de s’étirer sur plusieurs jours. On va de quête en quête toutes plus frustrantes les unes que les autres. La ville, peuplée de monstres, de survivants et de robots alliés à la cause d’Overcharge, est donc un terrain hostile pour toute communauté de survivants que vous devrez aider à s’échapper de ce monde apocalyptique.

Malheureusement, chaque mission semble être construite de la même manière : aller à la rencontre de personnages non-joueur trop stéréotypés, accepter leurs missions, se déplacer, tuer un certain nombre de monstres et leur rapporter quelque chose. Autant on se laisse faire les premières heures, autant ça devient extrêmement frustrant quand on avance dans la campagne. Ceci n’est pas aidé par le personnage principal, qui m’a énervé tant il s’apparente à un « kéké ». Il a beau râler à chaque fois qu’il doit rapporter un objet à son propriétaire mais ce n’est que paroles car il répète cela tout le temps.

Sunset Overdrive - Xbox One 3

Un système de combat trop assisté

Les missions répétitives pourraient se faire pardonner si le gameplay des combats était à la hauteur des références du genre. Bien que les armes soient diverses et rigolotes, ce n’est juste pas amusant d’abattre les nombreux ennemis du jeu. Même si d’apparence, le mélange entre le tir et les interactions continues avec l’environnement semble marcher, les mécaniques de tir sont trop assistés et il est trop facile d’éliminer une série de monstres. La seule difficulté provient des moments où il y a une certaine abondance de monstres à l’écran. Ces moments nécessitent d’être réactif et d’interagir avec l’environnement mais sont trop détachés de l’histoire principale. Même l’utilisation des combos et des pouvoirs du personnage ne semblent pas être très intéressants puisqu’il n’ y a pas d’indication sonore pour nous annoncer la fin du combo. De plus, en rater un n’a aucun impact sur le jeu et son utilisation perd donc de l’intérêt. On a l’impression de jouer à un jeu de pointage sans que le pointage n’ait d’intérêt.

Sunset Overdrive - Xbox One 4

Les graphiques : bel effet de comics

Esthétiquement parlant, le jeu offre un univers coloré tout droit tiré d’un comic. Des bulles de dialogue apparaissent sans arrêt, le grind nous transporte dans un gigantesque parc d’attractions contenant plein de références à la culture geek. Les effets de couleurs fluo et de lumières sont assez bien faits et le style Jet Set Radio rend très bien sur console next-gen.

En revanche, le jeu ne tourne pas en 60 fps et on ressent parfois des ralentissements lorsque des vagues de monstres envahissent l’écran. La bande-son est le point fort du jeu, chaque action spectaculaire est accompagnée d’un bon son punk rock très stimulant.

Sunset Overdrive - Xbox One 5

Le multijoueur : point fort de Sunset Overdrive

Après avoir terminé la campagne solo, j’étais très déprimé car mes attentes pour le jeu étaient très grandes après l’avoir testé lors de différents salons de jeux vidéo. Je me suis réfugié sur le multijoueur et celui-ci est tellement bien qu’une éventuelle suite devrait vraiment s’en inspirer.

Le multi est un mode coopératif de 2 à 8 joueurs en ligne. Les missions sont diverses et le stockage prend tout son sens. Parfois, on devra poser une bombe à un endroit particulier avant tout le monde, et à d’autres moments, on devra grinder au-dessus d’un gouffre de magma pour récupérer des ours en peluche. Attention, il ne faut pas la jouer trop individuel et cet équilibre entre se battre pour aider l’équipe et pour obtenir le meilleur pointage est un réel bonheur.

Chaque séquence de multijoueur se conclut par un mode tower défense où il faut empêcher les monstres de détruire nos réserves de surcharge. Le choix des cartes est très bien pensé car lors du vote, deux sont proposées aux joueurs et chacune présente des avantages ou désavantages pour éviter que les joueurs ne choisissent que celle qu’ils connaissent par coeur. Ainsi, le multijoueur vient rattraper une campagne solo sans saveur.

Conclusion

À la manière d’un Call of Duty ou d’un Battlefield, la campagne solo n’est qu’une introduction au mode multijoueur qui est très bien pensé. Le grind et le pointage, qui sont ternes et peu stimulants durant la campagne solo, sont au coeur des parties en ligne. Pour peu que vous ne jouiez avec vos amis et le plaisir est garanti. Le premier épisode de cette nouvelle licence est encourageant mais espérons qu’une éventuelle suite introduira un mode coop dans la campagne. C’est dommage car il y a beaucoup de bonnes idées mais chacune d’entre elles est contrebalancée par un élément de game design qui vient rendre l’aventure moins explosive.

Prix lors du test : 70 € (53€ – Amazon France) / 64$ (Amazon Canada)

NOTES
Note
7
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Ingénieur Etudes & Développement sur Paris, la science a bercé ma jeunesse tout comme le sport, les jeux vidéo puis le cinéma, la technologie et tout dernièrement les séries TV. Enfant unique, je me laisse facilement emporter dans les mondes de SF, heroic-fantasy que peuvent fournir ces médias.