Un des jeux les plus polarisants de son époque fait un retour inattendu près de 10 ans plus tard. Durant le dernier Nintendo Direct, on nous a d’abord dévoilé que Deadly Premonition 2 était en route pour la Switch. Puis, le soir même était lancé un portage titré Deadly Premonition Origins du premier opus qu’on a justement revisité. Les jeux ont beaucoup évolué depuis, mais est-ce qu’il mérite sa place dans le cœur de ses nombreux fans ?

Fiche Technique

  • Date de sortie : 4 Septembre 2019 (version Switch)
  • Style : Jeux d’horreur / Monde ouvert
  • Classement ESRB/PEGI : M17+/PEGI 18
  • Développeur : Access Games
  • Éditeur : Toybox Games
  • Langue d’exploitation : offert en français
  • Testé sur Nintendo Switch
  • Aussi disponible sur : Xbox 360, PS3 et PC
  • Prix lors du test : 41,99 $ / 29,99 €
  • Site officiel
  • Version numérique envoyée par l’éditeur

Un rare jeu d’horreur avec un solide scénario

Dans Deadly Premonition, on incarne York, qui se retrouve à Greenvale où il doit examiner le meurtre de la jeune Anne Graham. C’est une investigation d’autant plus troublante puisque la victime a été retrouvée suspendue dans un arbre. En effet, il semblerait qu’un sombre rituel se cache derrière l’enquête et c’est similaire à plusieurs autres meurtres. York découvrira un village où tout ne tourne pas rond et où il sera poursuivi par plusieurs créatures surnaturelles. Alors, saurez-vous résoudre les mystères qui se cachent à Greenvale

Deadly Premonition Intro
Greenvale n’est pas si paisible

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles Deadly Premonition est devenu un jeu culte et, selon moi, ça commence avec l’histoire. Le jeu nous fait incarner un protagoniste qui n’est pas le personnage le plus fiable et qui est troublé mentalement. Entre les discussions qu’il a avec Zach (qu’on ne voit jamais), le Raincoat Killer qui le poursuit et les curieuses apparitions qu’il combat, on n’est jamais sûr de ce qui est réel et imaginaire. On ressent très bien que York n’est pas l’homme le plus stable et c’est vraiment intéressant de suivre son parcours.

Heureusement, même si le scénario est assez sombre, les dialogues sont aussi très humoristiques. Les échanges de notre investigateur avec ceux qui vont l’accompagner pour résoudre ces mystères sont toujours savoureux. D’ailleurs, ces personnages secondaires ont aussi un important impact sur la qualité de l’histoire et on s’attache à eux facilement. Après Dragon Quest XI, Fire Emblem Three Houses et j’en passe, ça fait du bien d’avoir un protagoniste qui parle vraiment. Ça ajoute une couche de complexité à sa personnalité déjà très particulière et on comprend mieux son curieux comportement. Bref, c’est grâce à la qualité de son histoire que le jeu a si bien vieilli.

Une jouabilité parfaitement imparfaite

Ensuite, c’est encore difficile de qualifier parfaitement le type de jeu qu’est Deadly Premonition, parce qu’il est différent de tout. La plupart des jeux d’horreurs sont courts et assez linéaires, mais c’est loin d’être le cas ici. D’abord, DP est un vrai jeu d’horreur et de survie vu les nombreux éléments de dangers et les ressources limitées. Surtout qu’il y a un tueur qui est constamment à nos trousses et qu’il peut mettre fin à notre partie assez rapidement. Il surgit souvent de nulle part et nous garde un sentiment d’insécurité constant.

En second lieu, Deadly Premonition est aussi un jeu à monde ouvert ce qui lui permet de ressortir du lot. C’est même facile de faire des rapprochements entre lui et GTA. Effectivement, l’univers est grand au point qu’on a souvent besoin de se promener en auto. Ça devient pénible par moment, mais ça témoigne de l’ampleur de Greenvale. Et, en plus, on a droit à une mini-carte qui s’inspire directement du titre de Rockstar et qui nous permet de mieux nous orienter.

Enfin, la jouabilité ressemble beaucoup à celle de Resident Evil 4. Outre la caméra à la troisième personne, la visée est toujours un peu difficile à contrôler. Bien sûr, ça rend les combats plus stressants, mais j’ai trouvé que c’était encore moins évident que RE4. Au moins, les ennemis sont un peu moins difficiles à tuer ce qui vient légèrement équilibrer le tout. Par contre, les Boss sont pas mal moins évidents, et ça là qu’on rage plus contre les contrôles. Bref, même aujourd’hui, il n’y a pas vraiment de comparable outre peut-être The Evil Within 2 dans le même genre.

Un visuel qui vieillit moins bien

Puis, comme bien des jeux de l’époque, les graphiques et l’aspect visuel en général se comparent désavantageusement en 2019. Autant au niveau des textures que des couleurs, on peut dire que c’est un jeu qui vieillit moins bien. Au moins, l’atmosphère, les designs d’ennemis très étranges et les décors compensent et nous aident à embarquer facilement dans l’expérience.

Mais encore, ce qui fait mal aujourd’hui, c’est que le jeu est frappé par plusieurs ralentissements particulièrement dans les cinématiques. Avec une machine un peu plus puissante qu’en 2010, je m’attendais à une meilleure optimisation. Tout comme au niveau de la musique qui est encore aussi bizarre qu’à l’époque et qui vient un peu gâcher l’immersion.

Deadly Premonition Indices

Un jeu étrange, mais qui fait sa force

Pour conclure, je crois que n’importe qui qui met les pieds dans Deadly Premonition va encore trouver l’expérience bizarre. Heureusement, c’est aussi ce qui fait son charme et qui permet à l’œuvre de ressortir du lot même en 2019. Avec un protagoniste très intéressant, des personnages secondaires bien développés, des dialogues colorés et une atmosphère inquiétante, Deadly Premonition arrive au-delà de mes attentes à bien des égards pour un jeu d’horreur et de survie. Par contre, sa jouabilité un peu brisée, son visuel instable et sa musique douteuse lui font un peu mal. Bref, dans l’ensemble, le jeu tient bien encore aujourd’hui et j’ai bien hâte de découvrir sa suite prévue pour 2020.

NOTES
Note d'enthousiasme
7.5
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Passionné de techno et surtout de jeux vidéo, j’ai un Baccalauréat en Administration des Affaires et j’adore mélanger les jeux vidéo à la finance. Curieux, je joue à presque tous les genres et je suis toujours prêt à essayer de nouvelles expériences vidéoludiques. Il y a toujours quelques nouveautés dans ma ludothèque prêtes à être jouées. Je suis le rédacteur en chef de Geeks & Com' et le responsable de la section Jeux vidéo.